Femme brisée

En entendant tous les ans les résultats du prix Goncourt, je me disais « un jour ce serait quand même intéressant que tu lises un livre récompensé ainsi », histoire de voir. Autant être curieuse… Mais dur dur d’être inspirée. Je n’allais pas me forcer à lire une histoire qui ne m’intéressait pas même si c’était un prix Goncourt.

Comme quoi il ne faut pas deséspérer car pendant une flânerie, j’ai trouvé ce que je cherchais : une histoire qui avait l’air sympa et qui avait été primé au Goncourt. Ah, alors c’était le moment ! Lancons-nous dans « Alabama Song » de Gilles Leroy, recompensé en 2007 par le fameux sésame littéraire.

Et là, vous vous demandez, verdict ? Et bien je m’attendais à mieux. D’abord parce que l’auteur est très brouillon et au départ on est un peu perdu… Si vous le lisez faites bien attention aux petites dates dans les marges… J’ai donc mis du temps à rentrer dedans. Mais finalement on s’attache à cette femme prénommée Zelda, qui va vivre dans l’extrême et se brûler les ailes avec son mari, Francis Scott Fitzgerald (auteur du livre « L’étrange histoire de Benjamin Button »). Leur déchéance aura lieu parce qu’ils vont être connus, en vogue, un couple romantique qui donne envie et qui veut donner envie. Une femme qui n’a peur de rien, qui fait des scandales (dans les années 30, faire un scandale aux Etats-Unis ou ailleurs n’étaient pas difficile…) et se vautre dans le luxe. Un mari écrivain qui a perforé les plafonds, explosé au grand jour pour ensuite sombrer dans la folie de la dépense à outrance et terminer à l’ombre des spots tant aimés.

Mais c’est aussi une époque qui est décrite, époque où jamais l’homme ne pouvait être à l’origine de l’échec d’un couple, seule la femme pouvait être un « problème ». C’est elle qu’on soigne, qu’on prend pour malade. On ne regarde pas la dépravation de cet homme. Comme elle le dit elle même dans le livre « écrire c’est pour les hommes ». Jamais on ne la croit quand elle dit qu’elle est source d’inspiration et qu’elle sait écrire, ce n’est qu’une femme bonne à recevoir des courants électriques et à vivre en hôpital psychiatrique. Le livre est écrit à la première personne, nous sommes dans la peau de Zelda. On la voit conquérante, jeune, belle, sûre d’elle, prête à tout pour trouver un homme digne d’elle, fille de juge, petite-fille de sénateur comme elle le répète. Elle tombe follement amoureuse de cet aviateur, ce bel homme avec ses bonnes manières, cultivé et qui lui dit avec aplomb qu’il va être un écrivain célèbre. Elle l’aimera contre l’avis des siens, de sa famille, sauf sa mère qui l’envierai quelque peu. Et ils vont s’aimer. Comme des fous. Il va devenir célèbre, mais à quel prix ? Pour quelles conséquences ? Ils vont se séparer, elle va être prise pour folle, il va décrépir. Mais au final, brisée, à peine une femme, elle va l’adorer quand même. Un peu. Cette femme a aimé autant qu’elle a haï cet homme. Tous ces sentiments contradictoires se percutent dans sa tête, la rendant insaisissable, difficilement compréhensible parfois. On la comprend mais pas toujours.

L’auteur, quand à lui, s’est défendu d’avoir écris la biographie de Zelda Fitzgerald. Il a insisté sur le fait que c’était un roman. Mais on est quand même impressionné de voir le travail de recherche, puisqu’à la fin, on apprend qu’il est même allé en Alabama voir les toiles peintes par son héroïne. Alors certes ce n’est pas une biographie, mais un roman retracant sûrement avec beaucoup de justesse la vie de cette femme brisée…

 

=> Quand Zelda, la belle du Sud, rencontre Scott Fitzgerald, lieutenant dans l’armée de l’air, c’est le coup de foudre. Il veut devenir un écrivain célèbre : l’avenir lui donnera raison. Et elle l’épousera. Ils deviendront la coqueluche de New-York. Mais jeunes et sûrs d’eux, ils vont se brûler les ailes dans ce monde rempli de requins, où la célébrité est une chose qui passe, une lumière qui s’allume vite et s’éteint tout aussi rapidement. Et cette absence de lumière peut être tout aussi dangereuse que son éclat…

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