Un chat qui a du mordant…

Coup de cœur pour Blacksad

Après avoir aperçu cette BD dans ma librairie de bandes dessinées préférée, de nombreux tableaux de celle-ci, l’envie de la lire était de plus en plus grande… Quand j’appris par hasard que ma super copine fournisseuse officielle de livres en tout genre et son compagnon libraire, possédaient la BD tant convoitée, ni une, ni deux, je la réclamais ! J’étais impatiente d’ouvrir ce qui me semblait un petit bijou de bandes dessinées. Aux dires des amateurs du genre, elle dépotait bien. Je me suis attardée à chaque fois sur les couvertures, scrutant le dessin, les traits du visage du personnage principal, essayant de voir à travers cette image l’intrigue du livre.

Dès le premier tome je fus fascinée, happée par ce monde magnifique dessiné par Juanjo Guardino. J’aime, que dis-je, j’adore son coup de crayon ! Il dessine avec une certaine nervosité qui rend les traits des personnages très vivants. Ainsi on peut lire l’état d’esprit de John Blacksad, détective privé désabusé, sorti des mauvais quartiers, sur son « visage ». Et c’est magnifique de voir qu’un visage de chat puisse devenir aussi parlant ! Le génie du dessinateur est d’utiliser les mimiques qu’un chat pourrait avoir, couplé aux traits d’un humain, il excelle dans la pratique de l’anthropomorphisme. Petit zoom sur une illustration : voilà John Blacksad légèrement énervé.

blacksad

On peut voir les traits crispés et la manière dont il est énervé sur son visage mais observé aussi les oreilles : tel un vrai chat prêt à bondir sur un ennemi qui le nargue, les oreilles sont en arrière ! Et ceux sont ces détails qui rendent son travail si merveilleux. Qui plus est, chaque animal annonce un trait de caractère. Ainsi, que le chef de la police soit dessiné tel un berger allemand, ne surprend pas, au contraire ces chiens sont un véritable symbole de ces services ! Et que Blacksad soit un chat nous met déjà sur la piste : détective indépendant aux manières peu communes pour mener ses enquêtes, le chat est le meilleur symbole de l’indépendance animale ! Bref, je ne vais pas vous faire tout en détail (même si je m’en régalerai d’avance !!) mais sachez que CHAQUE personnage intervenant dans chaque tome est travaillé ainsi. Tout est en adéquation, tout est cohérent entre l’animal et le personnage créé.

Et derrière chaque personnage, dans plusieurs case il faut regarder aussi derrière… Car Juanjo Guardino va dans le détail même dans ces arrière-plans. Rien n’est laissé au hasard par ce génie du dessin ! Observer les scènes qui se déroulent derrière, c’est un vrai régal.

◊ Info ◊ Juanjo Guardino est né en 1967 à Grenade en Espagne. Après un diplôme décroché aux Beaux-Arts, il participera à des fanzines grenadins et publiera de nombreuses illustrations chez Comics Forum – Planeta de Agostini pour l’édition espagnole de Marvel. Il va ensuite se lancer dans le milieu de l’animation en entrant dans les studios Lapiz Azul où il rencontrera Juan Diaz Canales. En 1993 il intègrera le studio Walt Disney de Montreuil près de Paris mais cela ne l’empêchera pas de réfléchir à distance avec son acolyte à une bande-dessinée… Chose faite avec la parution chez Dargaud du premier tome de Blacksad en juillet 2000.

Mais que serait des dessins sublimes sans un scénario à la hauteur ? Le summum dans cette bande dessinée, c’est la rencontre d’un talentueux dessinateur avec un scénariste hors pair ! Ainsi Juan Diaz Canales met en place des scénarios recherchés, complets, déroulant toute une histoire où chacun trouve sa place. On découvre un monde, pas en bien meilleur état que le nôtre au final, sorti d’une horrible guerre ayant pour source, entre autre, le fascisme. Un retour dans les années 50 aux Etats-Unis ? Ou les années 30 avec toutes ces mafias ? Peu importe, on y est, on y reste avec plaisir. L’auteur développe des sujets délicats tel que le racisme et pointe du doigt les déboires de notre société. Blacksad est un miroir de notre monde dans une version plus animalière et on s’interroge parfois de savoir si nous sommes aussi violents… Ils parlent également de mafia, de misère dans certains quartiers, de chômage, d’abus par des puissants… Beaucoup des travers de l’Homme se retrouve chez ce monde animal, pour mieux les dénoncés ou tout simplement pour que l’on réalise ? Car n’attendez pas trop de douceur : le monde dans lequel Blacksad évolue est violent, cruel et dur, même si il possède quelques atouts, même si il connaît quelques moments de félicité, il est néanmoins souvent confronté à des situations difficiles, où la misère côtoie le crime organisé, où les enfants sont les cibles ou l’atout de gang sans scrupule. L’ambiance moite et pesante nous saisit dès les premières cases. A chaque tome une histoire, à chaque histoire une découverte. Les scénarios sont vraiment menés à bout avec brio et j’apprécie ces fins réalistes qui caractérisent l’auteur. Le méchant n’est pas toujours celui que l’on croit, on se laisse parfois surprendre pour notre plus grand plaisir.

◊ Info ◊ Juan Diaz Canales est né en 1972 à Madrid. Très tôt il décide de se lancer dans la bande dessinée et le dessin animé. Il passera lui aussi un diplôme de Beaux Arts et rencontrera Juanjo Guardino dans les studios de Lapiz Azul. En 1996 il décide de fonder avec 3 dessinateurs, une société Tridente Animation qui l’amènera à travailler avec des sociétés européennes et américaines. Aujourd’hui il partage son temps de scénariste entre Blacksad (on l’encourage à y passer encore plus de temps !!) ou de l’animation et la réalisation de films d’animation et séries télévisées.

Voilà donc une critique fort élogieuse pour une bande dessinée pour laquelle j’ai eu un véritable coup de cœur. Elle mérite amplement cet éloge ! Je conseille à tous les amateurs de bonnes BD de se lancer dans la lecture de celle-ci. Aujourd’hui, j’aimerai l’avoir dans ma bibliothèque pour le plaisir de pouvoir relire ces tomes et découvrir ici ou là des détails artistiques, des finesses dans les dialogues…

Pour plus d’informations sur la BD ou ses créateurs vous pouvez jeter un œil sur ce site http://www.blacksadmania.com/

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5 réflexions sur “Un chat qui a du mordant…

  1. Lintje 27 mai 2011 / 9 h 11 min

    J’ai l’honneur de te laisser ton premier article en plus sur une série que j’ai réellement adorée. Je trouve que tu as analysé les dessins, le scénario etc. avec beaucoup de justesse. Je pense les relire très prochainement pour faire plus attention à tous ces détails que tu mets en exergue.
    En attendant je te dis félicitation pour ton nouveau blog et continue à nous faire partager ainsi tes lectures et tes pensées en tout genre car c’est un vrai bonheur à chaque fois!
    Ta magicienne

    • Lintje 27 mai 2011 / 9 h 11 min

      pas premier article mais premier commentaire!

      • maellethaemiss 27 mai 2011 / 9 h 25 min

        Peu importe j’avais bien compris ! Tu sais comment c’est, tu es magicienne, on passe sur ce genre de détail 🙂
        Merci beaucoup, mon premier commentaire d’article me touche vraiment. J’ai écris cet article avec beaucoup de passion tant j’ai aimé ! Je te remercie de me les avoir prêter et de m’avoir fait découvrir par la même occasion cette super BD.
        Je pense finir par les acquérir pour avoir le plaisir de les relire de temps en temps et noter ici ou là des détails. Alors je ne peux que t’encourager à les relire !
        Ta gnomette

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