Fin d’une épopée ensorcelante

Maêlle a revêtu son chapeau pointu noir et semble complètement perdue dans ses pensées, assise sur son tabouret à hauteur d’homme. Au bout de quelques minutes, semblant vous remarquer, elle se décide à parler…

   Après avoir vu le dernier Harry Potter au cinéma, il me semblait essentiel de faire une chronique, un article à la hauteur de ce que cette saga a été pour moi :  un pur moment de bonheur. Je ne vais pas critiquer chaque livre et/ou chaque film, mais plutôt retracer succinctement l’histoire de cette saga et comment je l’ai « vécue ». Vous trouverez d’abondantes critiques de ces livres sur Internet, j’ai donc choisi d’aborder ce thème sans vraiment faire de critiques mais plutôt pour parler de quelque chose qui me tient à cœur. Prêt pour un petit plongeon dans le monde de la sorcellerie ? C’est parti !

Maêlle vous entraîne par la main dans un dédale de livres avant de s’arrêter devant une étagère soutenant l’ensemble des livres de l’auteur J.K. Rowling. Et elle repart de plus belle…

Les livres :

   Je vais commencer ma chronique par une anecdote. J’étais au collège, en 5ème la première fois que j’ai entendu parler de Harry Potter (le premier tome est sorti en octobre 1998 en France) et j’ai toujours trouvé surprenant que je m’en souvienne aussi précisément. Nous devions lire à voix haute un passage d’un livre lors d’un cours de français. C’était un test, plus pour voir si nous n’avions aucun problème de lecture ou d’élocution, que pour nous noter. Bref, toujours est-il que je me suis retrouvée à lire un passage de « Harry Potter à l’école des sorciers« , celui où l’oncle Vernon sort de chez lui pour prendre sa voiture et se rendre à son lieu de travail. Une fois tout le monde passé, notre professeur nous a annoncé avec aplomb que ce livre était une vraie merveille de la littérature jeunesse et qu’on ferait bien de suivre cette histoire qui allait cartonner grâce au bouche à oreille qui commençait à se mettre en route. Ce fut la seule prof de français que j’eus qui nous conseilla de la lecture fantastique, et si je vous la montrais vous auriez du mal à me croire… Comme quoi les apparences sont parfois trompeuses !

   Dans un premier temps, j’ai ignoré les sirènes d’Harry Potter : il commençait tout juste à se faire connaître et je lisais le premier tome de la trilogie de Philip Pullman, A la Croisée des Mondes. Mais il me fallut à peine plus d’un an pour me dire que ça avait l’air drôlement bien cette histoire de sorciers. J’obtins en une seule fois, les trois premiers tomes. Deux semaines plus tard, j’étais totalement accro ! Ce fut un véritable bouleversement. Je me suis totalement laissée emporter par cette histoire et c’est avec une déception à la hauteur de mon addiction que je constatais avoir plus de 11 ans. Combien d’enfants, d’adolescents, après avoir lu Harry Potter, ont rêvé voir débarquer Hagrid chez soi ? Ou plus discrètement, un hiboux ou une chouette ? Je suis devenue une véritable fan. Les années passant, j’ai été une fan plus sage, mais qu’est-ce que j’ai aimé les lire ces bouquins !! Je relisais le premier tome en attendant la sortie du quatrième, le second et le troisième en attendant la suite. Je n’ai jamais été déçue par un des tomes. C’est avec presque autant de plaisir que Harry, que je retrouvais Poudlard, Hermione, Ron, Hagrid et tous les autres. On a l’impression qu’on pourrait se promener dans Poudlard sans se perdre tellement on le connaît. Chaque personnage est devenu un compagnon et c’est encore plus vrai pour le trio. Chaque tome fait avancer l’histoire et nous amène doucement vers le dénouement. Au début, nous découvrons les dragées surprises de Bertie Corchue puis nous continuons avec la Marque des Ténèbres. Tout s’assombrit, les Ténèbres envahissent ce monde édulcoré que J.K. Rowling a créé pour nous. Alors que tout le monde s’en sort dans les trois premiers tomes, à partir du quatrième l’ascension du mal entraîne une succession de morts. Happés on continue, terrifiés par la suite à venir. Le monde de J.K. Rowling bien que bercé de principes parfois jugés enfantins, n’en demeure pas moins un monde qui s’assombrit et dont l’issue semble de plus en plus terrible pour notre héros.

   J’ai été confronté à des personnes qui m’ont dit que Harry c’était pour les gamins. J’en ai fais changer d’avis et j’ai aimé leur rappeler, quand avides de connaître la suite, ils écumaient les sites web pour savoir la date de sortie du prochain tome. Harry c’est pas un livre ordinaire, c’est une histoire totalement ensorcelante…

Un troisième opus riche en révélation avec l'arrivée de Sirius Black

   De nouveaux personnages apparaissent au fur et à mesure des livres et on s’y attache : Sirius est sans aucun doute le plus marquant, mais j’ai toujours eu beaucoup d’affection pour Remus Lupin. A mon grand plaisir, J.K Rowling le fera évoluer jusqu’au bout. Il y a également la famille Weasley qui joue un rôle extrêmement important dans la vie de Harry et tout au long des livres. Harry côtoie si souvent cette famille qu’on a l’impression que si l’on venait à toquer à la porte de Mme Weasley on serait reçu avec plaisir par cette dernière ! Ils vont soutenir Harry, lui offrir la famille qu’il n’a jamais eu, et combattre à ses côtés jusqu’au bout. Leur implication va marquer cette famille à tout jamais et à la fin de l’histoire Harry va se lier avec cette famille pour encore bien longtemps…

   L’auteur nous distille des personnages petit à petit, nous donnant envie de les connaître mieux. Quasiment chaque nouveau personnage apporte à Harry une part d’explication sur son passé et lui permet de découvrir ses parents à travers les récits de ceux qui les ont connus. Car mine de rien Harry il commence pas très bien dans la vie : orphelin recueilli par un oncle et une tante insupportable, un cousin odieux, il se retrouve finalement chanceux quand un géant vient le chercher pour l’amener à Poudlard. Là il retrouvera d’autres personnes « comme lui » et il passera de l’indifférence la plus totale, à la célébrité mondiale. Il est Le Survivant. Il devient le héros du lecteur à peine plus âgé que lui. Incroyable, non ?

   Je crois que ce que j’ai vraiment aimé le plus c’est l’univers entièrement créée par l’auteur. A commencer par le meilleur : l’invention du Quidditch, sport fétiche des sorciers. Dans le premier tome on nous explique les règles, le rôle des différents joueurs, ça semble logique, évident, encore plus quand Harry devient attrapeur. On assiste au match prêt à hurler contre les mauvais perdants et on pleurerait presque avec les victorieux ! Le tome 4, Harry Potter et la Coupe de Feu commence justement avec la Coupe du Monde de Quidditch qui est un moment absolument excellent ! Et là encore, l’auteur fait des merveilles en imaginant des tentes de supporters recouvertes de trèfles, une tente magique, extérieurement normal, intérieurement gigantesque. C’est grandiose de voir tout ce qu’elle a imaginé et c’est une des choses qui fait la force de son roman, tous ces détails qu’elle a semé partout : du nom de certains magiciens, y compris l’explication du nom de Voldemort, aux bonbons, farces et attrapes, tout y passe, tout est pensé pour ravir l’imagination du lecteur, tout y est pour créer l’illusion d’un monde existant. Et ça marche ! On en vient à se demander si on ne va pas aller tenter sa chance à la gare de King’s Cross pour trouver le quai 9 3/4.

En route pour Poudlard...

   Puis est venue la « pottermania », mouvement de fans, prêts à presque tout pour avoir du Harry Potter chez soi. Un bout de monde magique dans le notre. Le souvenir le plus marquant fut pour moi, l’ouverture des librairies à minuit pour acheter le quatrième tome. Mais il est vrai qu’Harry c’est comme une drogue et les libraires deviennent nos dealers… Les produits dérivés sont arrivés, tout un tas de gadgets divers et variés pour le plaisir d’un certain nombre de fans. Et puis la cerise sur le gâteau : l’annonce que les livres allaient être adaptés en films.

Les films :

Nos trois héros, 10 ans après leur début

   L’apothéose en quelques sortes, du moins pour ceux capables de se dire qu’on peut en tirer de bons films et qui ne voit pas là une hérésie ! Et là on découvre, dans le premier volet sorti le 5 décembre 2001, Daniel Radcliff pour interpréter notre héros mondial, Rupert Grint en Ron et Emma Watson en Hermione, Maggie Smith en Professeur MacGonagall, Alan Rickman (si je vous dis Shérif de Nottingham dans « Robin des Bois, Prince des Voleurs » de Kévin Costner ça vous parle ?) en Severus Rogue. Et ce n’est là qu’un aperçu du casting qui s’enrichira par la suite de certains noms illustres, comme Gary Oldman dans le rôle de Sirius Black. A noter que Dumbledore changera en cours de route après le décès de son premier interprète que j’avais beaucoup aimé. Mais son remplaçant aura été à la hauteur pour prendre la relève.

   Après le premier film, alors que je trouve le jeu de Daniel Radcliff, hésitant, pas terrible au final, une pointe de déception perce en moi. Mais les livres sont là et seront toujours là, et dans ma tête vit mon Harry à moi. Et puis au final, on s’y attache à cet acteur anglais. Tout comme son personnage, il évolue, prend de l’assurance, s’affirme, devient un homme. Et puis Emma Watson ainsi que Rupert Grint sont bluffant dans leur interprétation des indéfectibles compagnons de notre sorcier préféré. Néanmoins, sacré célébrité sur les épaules de gamins. C’est pas rien d’être Harry à mon avis ! Malgré de grosses déceptions scénaristiques je les ai tous vus. J’ai vu des effets spéciaux mettre en image ce qui n’était que dans l’imagination de l’auteur et des lecteurs. Ce ne fut pas désagréable, loin de là et certaines choses semblaient tout à fait conformes à l’idée qu’on pouvait s’en faire. Et répétons-le : un film est une ADAPTATION d’un livre et en aucun cas le livre lui même. Il aurait fallu des films beaucoup plus long pour retranscrire les livres à la lettre. J.K. Rowling a admis qu’il était impossible de respecter l’histoire à la virgule près, qu’il fallait adapter pour retranscrire l’essentiel de l’histoire. C’est fait et on a finalement bien aimé ces films qui ont fait vivre la magie. A noter toutefois une chose impeccable : la BO. J’aime beaucoup, elle est très très bien dans l’ambiance des livres.

   J’ai acheté le magazine Première qui a fait un numéro spécial sur Harry et je l’ai trouvé très intéressant ! Vous pourrez lire une interview très conséquente du producteur de la saga dans laquelle il explique notamment ses choix de réalisateurs, son choix des acteurs. Il y a également un retour sur ces films avec les différents réalisateurs (Chris Columbus, Alfonso Cuaron, Mike Newell et David Yates) et une interview de Daniel Radcliff – qui plonge tout de suite dans un autre film pour essayer de ne pas rester enfermer dans la peau de Harry. Vous pourrez admirer de nombreuses photos du tournage pour la plupart inédites.

Et enfin le dernier film. Comme si on attendait ce film pour se dire : c’est fini. Parce qu’on espère que non ça ne sera jamais fini ! Qu’on continuera à retrouver Harry, Ron et Hermione. Et en même temps on veut savoir qui survit ! Alors ce dernier tome arrive et on est partagé entre la joie de connaître la fin et la douleur de quitter ces héros auxquels on s’est tant attaché…

Les livres « annexes » :

Quand on est accro, qu’on attend désespérément quelque chose de « Potterien » à se mettre sous la dent et qu’on prend le train, la sortie des Contes de Beedle le Barde, du Quidditch à travers les âges et enfin Les Animaux Fantastiques est une véritable bénédiction ! Ces trois livres nous plongent encore un peu plus dans l’univers de l’auteur. Comme je le disais plus haut, la force est là : tout l’univers est imaginé et retranscrit avec une facilité tel qu’on croirait que l’auteur l’a côtoyé ! Le premier livre a surtout un intérêt pour le tome 7 puisqu’on en parle dans ce dernier. Les deux autres, et bien quand on est fan de Harry, on ne peut pas ne pas les avoir !!

   Voilà une chronique qui se veut aussi un hommage à une auteur pour laquelle je garde une grande admiration pour ce qu’elle a créée, et le bonheur qu’elle m’a apporté avec son histoire. A noter également, qu’il semble que c’est une femme très accessible qui communique beaucoup avec ses fans, surtout par Internet.

   Mon envie de continuer à lire du Harry Potter me pousse à espérer que, malgré que le tome 7 soit une véritable fin en soi de l’histoire de Harry, J.K. Rowiling poursuive l’aventure encore un peu. J’aimerai beaucoup lire une prolongation de l’épilogue : découvrir ce que tous les protagonistes avec lesquels on a vécu si longtemps sont devenus après le combat final. J.K. Rowling n’a pas affirmé qu’elle ne ferait pas de suite. Si elle en fait une alors ce sera un vrai plaisir de retrouver son univers. Mais si c’est vraiment fini, et bien qu’il en soit ainsi. Ça ne m’empêchera pas de les relire encore et encore car je crois que je ne serai jamais sevrée de ce monde ensorcelant…

Pour finir, une photo de J.K. Rowling lors de l'avant première de la deuxième partie du film Harry Potter et les Reliques de la Mort, celle à l'origine de tout ça...

Sur internet en guise de lecture, je vous conseille le site officiel de J.K. Rowling et parmi les nombreux sites de fan celui de La Gazette du Sorcier est très sympa. Histoire continuer à faire vivre la magie de Harry…

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3 réflexions sur “Fin d’une épopée ensorcelante

  1. Freytaw 11 août 2011 / 9 h 04 min

    Hé ben… Faut dire que j’étais plus vieux moi aussi quand est sortie Harry. Je m’étais déjà frotté à du Pratchett, j’avais déjà lu des tas de choses féerique, fait plein de voyage fantastique dans des jeux, et j’en passe et des meilleurs. Avec ma propre expérience de l’époque, il était peut-être un peu moins extra-ordinaire ce Harry là. En plus, on avait Le Seigneur des Anneaux à coté… et quand quelque choses devient à la mode, on s’en méfie toujours.

    Aujourd’hui, je n’ai lu que le premier bouquin (que je ne trouve pas assez consistant, mais c’est que le premier et il est vraiment pour les plus jeunes celui-ci), mais j’ai vu tout les films. Je dois bien admettre que la magie opère et que l’univers est suffisamment détaillé pour être génial.

    Il faut savoir que Harry est le héros de toute une génération, une génération pour qui il a été écrit. J.K. Rowling n’a rien inventé, mais elle a su avoir le talent de mettre en forme un univers fantastique complexe pour toute une tranche générationnelle, et on ne peut pas dire que ce ne fut pas une réussite.

    Cela ne sera certainement pas mon oeuvre préféré, jamais elle n’aurait pu me marquer comme elle a pu le faire pour vous qui avait découvert, si je puis dire, la fantasy avec lui. Mais je pense que cela reste magique et lire ton parcours aide bien à comprendre cette idée.

    • Maêlle 12 août 2011 / 6 h 58 min

      Même si le livre est sorti à une époque et que la saga a été suivi par une génération, je pense que les éléments de l’histoire sont transgénérationnels et peuvent plaire à tout le monde… Après il est clair qu’elle a pris des idées de base qu’elle a su transcendé, amélioré, et elle a créé un univers fantastique et attirant.

      Je me doute que pour toi comme pour d’autres, qui avaient déjà lu de la fantasy à l’époque, vous n’avez peut être pas été aussi happés que certains autres lecteurs, mais je pense que ça restera un monument de la littérature jeunesse et fantasy.

      Tu parles du Seigneur des Anneaux mais je crois que ça n’est pas comparable, on n’est même pas sur le même niveau, ni sur la même écriture. Autant Harry est abordable par tous, autant le Seigneur des Anneaux relève plus de la littérature adulte à mon sens (j’ai commencé à lire et n’ai pas accroché mais je crois que la vision des films peu de temps avant m’avait coupé la lecture…)

      Le premier livre n’est qu’une mise en bouche, le plat principal vient ensuite et sans parler du dessert qui est dément ! Si un jour l’envie te prend d’en savoir beaucoup plus (les livres sont nettement plus riches que les films sur l’univers créé notamment) je te conseille de lire l’ensemble de la saga. En attendant, je suis contente que tu aies pu apprécier l’histoire seulement à travers les films.

      En un seul mot, Harry c’est magique.

      • Freytaw 12 août 2011 / 12 h 51 min

        Je ne cherche pas du tout à comparer Harry et Le Seigneur des Anneaux sur un tronc commun. Ni même sur l’écriture. Je vais être franc d’ailleurs, le Seigneur des Anneaux, je trouve ça très mal écrit (le tome deux remporte d’ailleurs la palme du livre sans doute le plus long et chiant que j’ai jamais lu). Je parlais plus en terme de profondeur d’histoire et de richesse d’univers et de personnage (qu’on ne peut pas non plus enlever à Tolkien). Simplement pour dire, même si Harry s’est imposé comme une référence, les plus vieux ont été moins dans la découverte et la surprise avec Harry par rapport à tout ceux qu’ils ont pu lire avant. D’autant plus qu’effectivement, Harry s’adressais à la base, à un publique plus jeune, donc par pour eux. Quand je parle de génération, je met juste avant le fait qu’il soit évident que les fans les plus fervant soit ceux qui est découvert la fantasy avec Harry (bien que les exceptions existe toujours). Ca n’enlève pas le fait qu’il puisse être apprécié de tous.

        Un jour sans doute, je lirais tout ça !

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