Un attachant assassin…

Coup de cœur pour un livre mondialement connu et lu…

C’est l’histoire d’un gamin de 6 ans qui se retrouve confié par son grand-père maternel au bon soin du maître d’écurie de son soi-disant père légitime, Chevalerie Loinvoyant, dans une contrée appelée les Six-Duchés, régie par le Roi Subtil Loinvoyant. Voilà en quelques mots ce qui me vient à l’esprit quand je repense à cette lecture, au premier tome de « L’assassin Royal – L’apprenti assassin » de Robin Hobb. Mais ce pâle résumé ne dévoile rien de la richesse du livre que je vous invite à découvrir au détour d’une petite critique…

   Je ne pense pas qu’il soit utile de présenter l’auteur, mondialement reconnue comme étant une des meilleures auteurs de fantasy, qui a fait un carton énorme avec sa série « l’Assassin Royal ». Et je ne vais pas démentir cet état de fait puisque j’ai moi même adoré ce premier tome, que j’ai dévoré avec un plaisir non feint.

   Nous voilà donc projeté dans un pays nommé les Six Duchés. L’histoire commence sous le règne du Roi Subtil Loinvoyant dans un pays plutôt médiéval où règne une certaine magie reconnue et appelée L’Art. Le livre est raconté par Fitz, âgé et fatigué, mais qui tente néanmoins de retranscrire tous ses souvenirs. Alors il se souvient de cette nuit où il tient la main de son grand-père devant la lourde porte en bois. Et ce lieu où celui-ci l’abandonne ni plus, ni moins. Comme on peut l’imaginer à l’époque médiévale chez nous, l’homme en a assez de nourrir et vêtir l’enfant de sa fille, enfant bâtard, qui l’empêche de la marier qui plus est. Or, il prétend, en amenant l’enfant, qu’il est le fils de Chevalerie, le Roi-Servant, autrement dit, l’héritier direct du Royaume. Ce dernier n’a qu’à s’en occuper. C’est à peu près en ces termes qu’il s’adresse à l’homme dressé devant lui qui s’avère être Burrich, le bras droit de Chevalerie. Ce dernier étant absent, Burrich l’emmène voir Vérité, le frère cadet de Chevalerie. Celui-ci décide de le présenter au Roi. C’est ainsi que Fitz est emmené à Castelcerf où vit la famille régnante, alors que son père, futur héritier du Royaume, apprenant son existence, abdique et renonce au trône avant de partir en exil avec son épouse Dame Patience. Il ne verra jamais son père et le connaîtra encore moins. Il passe d’un abandon à l’autre…

Son destin sera décidé par le Roi Subtil, homme droit et honnête, qui décide de s’attacher la loyauté totale de l’enfant, car il ne peut nier que c’est l’enfant de son fils Chevalerie, vu la frappante ressemblance entre eux, et n’a pas le cœur de le tuer.

   A 10 ans, Fitz s’engage à devenir l’homme lige du Roi.

   Alors qu’il bénéficiait d’une vie plutôt tranquille depuis son arrivée dans la ville, le voilà propulsé dans une nouvelle routine : il doit apprendre à devenir un assassin et pour cela bénéficier d’une éducation à la hauteur. Adieu la flânerie et les vagabondages avec les chiens, bonjour à Hod, la maître d’armes, puis Geairepu, le scribe. Et enfin son maître le plus intéressant : Umbre Tombétoile que je ne vous présente pas pour ne pas vous gâcher le plaisir de le découvrir.

   Après quelques pages difficiles, je suis vite rentrée dans l’histoire, dans la tête de cet enfant. L’écriture est riche et bien tournée. La carte du début permet de nous repérer assez facilement malgré des descriptions parfois courtes. Mais je ne parle que des descriptions physiques/matérielles/géographiques. Car pour ce qui est des descriptions quand à la mentalité du personnage principal, Robin Hobb est généreuse : il passe par tous les états et nous découvrons tous ses états d’âme de l’époque. On ne peut s’empêcher de souffrir avec lui, souffrance physique, souffrance liée à la solitude ou encore la souffrance d’un dilemme dans lequel il ne voit aucune solution. Autant de souffrances difficiles à supporter pour un adolescent, plongé de plein fouet dans le monde des adultes, sans transition. Les quelques joies et bonheurs qui émaillent son existence nous apportent un peu de lumière dans ce monde sombre et menaçant.

   Ainsi on le voit grandir, apprenant son futur métier en toute conscience, car c’est une des spécificités : Fitz sait qu’on lui apprend à devenir un assassin à la solde de son roi. J’ai trouvé le début rapide mais avec le recul, je comprends que l’auteur ait voulu nous amener au plus intéressant : son apprentissage. Car il va se dérouler quelques événements avant qu’ils parviennent à ce stade. A partir de là, l’auteur ralentit quelque peu nous laissant savourer tous les chamboulements que subit notre jeune ami.

   J’ai aimé également le fait qu’à chaque début de chapitre, quelques lignes (leur nombre varie énormément) soient écrites par le Fitz âgé, racontant une histoire sur son pays, ou précisant des faits qu’ils racontent en même temps que son histoire. C’est un moyen très intelligent pour faire découvrir toute l’histoire du pays et ainsi mieux le comprendre. Et j’ai aimé le regard que porte parfois Fitz sur lui même avec des remarques du genre « Les garçons sont benêts à cet âge-là. »

   Vous avez sûrement remarqué que les prénoms des hauts personnages du livre sont particuliers et en cela l’auteur s’explique : tous les enfants de la noblesse sont dotés d’un prénom sensé refléter une vertu, car ils pensaient alors que l’enfant n’aurait d’autre choix que de s’approprier cette vertu. Ce qui vous donne un Roi nommé Subtil, ayant trois fils, Chevalerie, Vérité et Royal. A travers ce que l’on apprend de Chevalerie on finit par l’apprécier notamment grâce à Burrich. Ce dernier est un des personnages importants du livre, car il sera l’élément de stabilité de Fitz parmi tous les événements qui vont lui tomber sur la tête. Véritable ami, voir même père de substitution, Burrich devient sans conteste un pilier pour Fitz et on en vient nous aussi en tant que lecteur à vouloir compter sur lui dans tous les moments où notre pauvre ami est bien mal aisé ! Mais c’est sans hésitation que je dirai que c’est Vérité auquel je me suis le plus attaché. Un prince bourru et franc qui porte très bien son nom. Il sera le premier à marquer un tant soit peu d’affection pour ce bâtard que tout le monde préférerait voir disparaître. Et ils vont s’apporter beaucoup l’un à l’autre. Les personnages ont tous une profondeur d’âme qui m’a épaté et que j’ai trouvé très agréable. Le prénom de Fitz, c’est Burrich qui a décidé de le prénommé ainsi, a lui aussi un signification que l’auteur vous précise… Et qui n’étonne pas une fois qu’on a compris le caractère du bonhomme !

   Mais où est la magie allez vous me dire ? J’ai parlé plus haut de l’Art, c’est une des magies pratiquée dans le livre. Je ne vais pas vous révéler en quoi cela consiste, ce serait trahir l’auteur qui prend tout son temps pour le révéler dans le bouquin… J’ai dis une des magies car vous découvrirez également le Vif, une autre forme de magie, moins prestigieuse que l’Art qui n’est, lui, pratiqué que par les Rois et Princes.

   L’histoire qui paraît fort simple de prime abord, se révèle beaucoup plus complexe, dévoilant un scénario recherché et une évolution qui m’a surprise. L’histoire de Fitz devient mêlé à celle du Royaume dans lequel il évolue. Son rôle s’affirme et il devient celui qui découvre, qui comprend, devenant par la même, la cible des ennemis du Royaume. Sa discrétion et son efficacité deviennent ses principales armes, bien plus importantes que sa lame. La fin a été parfaite, équilibrée entre suspense et révélations et nous donne envie de poursuivre l’aventure aux côtés du personnage principal et de ceux qui gravitent autour. En même temps que Fitz joue son rôle et dénoue une intrigue inconnue de tous, la menace des Pirates Rouges qui harcèlent les côtes du Royaume se développe petit à petit. A la fin du tome 1, malgré des investigations, on ne sait pas grand-chose de ces pirates et je ne doute pas que la suite devrait nous aider à éclaircir ce mystère… Tout en continuant de suivre l’apprentissage de Fitz.

   J’ai donc trouvé ma place de lectrice dans l’univers riche de Robin Hobb et je rejoins les nombreux fans de cette histoire. Nul doute que cet auteur a su créer un univers tout à fait fascinant, proche de nous et en même temps terriblement éloigné.  Je vais donc continuer à enrichir ma bibliothèque de livres de Robin Hobb, me délectant par avance du tome 2 que j’espère à la hauteur du premier.

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Une réflexion sur “Un attachant assassin…

  1. Freytaw 12 août 2011 / 10 h 12 min

    C’est vrai que je comprend mieux maintenant la richesse tant vanté des romans de Robin Hobb ! Va falloir que je m’y penche !

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