L’appel de l’Ange

Voici le titre du dernier Musso que j’ai lu grâce au prêt d’une amie (pouvoir de gnomette je suis sûre !) J’en ai lu des précédents de lui et heureusement car si j’avais commencé par celui-ci je ne pense pas que je serai allé plus loin…

Comme à son habitude Guillaume Musso commence son roman grâce à une histoire de « personnes », d’êtres humains qui se rencontrent. Parce que cet auteur sait très bien le faire : raconter des histoires originales jouant avec les sentiments profonds ressentis par les personnages.

Tout commence donc dans un aéroport, celui de JFK aux Etats-Unis. Jonathan vient chercher son fils amené par son ex-femme. Il l’a aimé comme un fou et malgré le temps passé depuis leur séparation, il ressent encore aujourd’hui une profonde douleur en la voyant. Qu’importe, il est là pour son fils qu’il accueille avec amour et bienveillance. Madeline, quand à elle, vient de passer un séjour en amoureux avec son fiancé, futur mari sans aucun doute, Raphaël. Madeline et Jonathan vont se croiser. Très peu de temps. Juste ce qu’il faut pour se percuter et échanger… Leur téléphone portable. Sauf qu’ils vont prendre conscience de ce malheureux échange alors que lui est de retour à San Fransisco et elle à Paris. Et au début, ils ne réalisent pas tout ce qu’ils ont mis dans cet objet devenu si courant et banal. Au final ils lui ont confié leur vie… Et ils en dépendent énormément. Comme nous. Ainsi Jonathan comme Madeline se retrouve un peu perdu et surtout rageur de ne plus avoir leur ami fidèle. A travers ce simple objet, Guillaume Musso va dérouler l’histoire de chaque personnage.

J’ai beaucoup aimé l’originalité de l’idée et la manière dont Musso amène ses personnages à se rencontrer et surtout à se connaître. Tout d’abord ils vont échanger par portables interposés, se transmettre les messages laissés, les appels reçus. En même temps, l’auteur nous dévoile la vie quotidienne de chacun d’eux. Et alors Jonathan va découvrir quelque chose de fascinant sur le portable de Madeline. Et inversement. C’est alors que nous nous délectons de l’histoire de chacun des personnages version approfondie. On lit ce que chacun découvre de l’autre. Tout aurait été pour le mieux à mon sens si Guillaume Musso s’était arrêté là…

Car jusque là il est dans son domaine, il maîtrise parfaitement ses personnages et son histoire. Il créée pour chacun une histoire touchante, qui nous émeut et pousse les personnages, inexorablement, l’un vers l’autre. Mais il ne tombe jamais dans l’extrême et n’hésite pas à semer quelques petites scènes un peu burlesques comme quand Madeline vient voir Jonathan à San Fransisco en même temps que lui vient la voir à Paris… Des scènes de vie bercées par des sentiments puissants. Tout à fait le genre de la maison Musso. Là où ça coince c’est la suite.

Musso se lance dans le « roman policier » sans en avoir, à mon goût, la capacité. Ce livre n’était pas fait pour être un roman policier mais un roman comme il sait les faire : une histoire d’hommes et de femmes, bouleversées par la vie, submergées par les sentiments et qui parviennent parfois à s’en sortir grâce à des solutions très particulières (je pense notamment à Parce que je t’aime de lui aussi, que j’ai beaucoup aimé) Mais là, l’auteur dérape et nous emmène sur un terrain très glissant qu’il ne maîtrise pas. J’ai donc trouvé la suite, pleine d’actions et moins remplie des sentiments qu’il distillait si bien au début, complètement à côté de la plaque. Je n’ai pas d’autre expression sous la main ! Il s’essaie à un genre qu’il ne maîtrise pas : tout est cousu de fil blanc, les solutions sont trop simples, les scènes parfois ahurissantes, les réactions déplacées et franchement un excès de chance pour les personnages qui finit par être déplaisant. Etant amatrice de bons polars et thrillers, je suis peut être très critique vis à vis du roman de Guillaume Musso et de son écriture. Mais clairement j’ai été déçu par cette suite sans queue ni tête, sans véritable raison d’être et qui m’a un peu gâché la fin du livre. Le comble dans tout ça, c’est que j’ai trouvé la fin… Inachevée. Bâclée. Où est passé le fils de Jonathan ? Que compte-t-il faire de lui ? Et elle, que compte-t-elle faire avec Raphaël ? Ne pense-t-il qu’à eux ? C’est surprenant puisque cette fameuse « deuxième partie » montre plutôt l’abnégation des personnages pour aider quelqu’un.

Je suis donc restée sur ma fin et en plus déçue par cette partie que j’ai trouvé complètement décalée dans l’histoire. Néanmoins, connaissant le talent de l’auteur, je ne rechignerai pas à lire d’autres de ses futurs romans. Mais pourvu qu’il ne se mette pas au style policier qui lui va si mal…

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2 réflexions sur “L’appel de l’Ange

  1. freytaw 8 septembre 2011 / 10 h 11 min

    P’t’être qu’il voulait essayer autre chose, faut pas lui en vouloir. Quand tu seras une grande écrivaine, si tu décides de changer de genre du jour au lendemain, tu vas voir que c’est pas facile ! 😀

    Bon après je te l’accorde, tout les auteurs ne sont pas doué pour cet exercice. Dommage, maintenant, il aura essayé, c’est déjà bien. Je connais pas du tout par contre, mais ça m’encourage pas pour le coup.

    Merci pour l’article !

    • Maêlle 8 septembre 2011 / 10 h 22 min

      Effectivement il a osé le changement, mais je crois que ce n’est pas la meilleure voix pour lui… Il peut sûrement changer et évoluer mais il doit à mon sens partir dans une direction qu’il a déjà amorcé au gré de ses livres : la science-fiction ou le fantastique.

      Mais ça après ce n’est que mon opinion…

      C’est toujours un plaisir d’écrire des articles 🙂

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