Chronique intermédiaire

Il ne faudrait pas croire que l’absence d’articles ces derniers temps induisent que je ne lis plus !! Loin de là ! Je dévore, j’avale, les livres, les histoires, je les croque et les savoure encore et toujours pour mon plus grand plaisir.

Si je ne fais pas d’articles c’est parce que je lis des « suites » actuellement. Tout d’abord, la suite de « L’Assassin Royal ». Je suis loin de mon premier article où je parle du tome 1 ! Je suis arrivée au tome 6 et ça y est je souffle. Je me pose un peu et entreprends de lire à la fois « Kushiel«  de Jacqueline Carrey dont vous trouverez cet article sur le blog des Singes de l’Espace. Une fois n’est pas coutume, c’est Lintje qui me le prête et m’a invité à découvrir cet auteur. En parallèle (le livre est gros et lourd, pas aisément transportable et je lis surtout lors de trajets en train donc j’emmène des ouvrages plus faciles à balader dans mon sac), j’ai entamé la suite de « Louis le Galoup » (j’avais déjà fais un article sur le tome 1 sur le blog des Singes de l’Espace, ici) et je devrai pouvoir faire un article à ce sujet sous peu. Louis le Galoup, contrairement à L’Assassin Royal bénéficiera d’un article par tome. Pourquoi ? Parce que Louis le Galoup ne compte que 5 tomes, L’Assassin Royal 13 tomes. Hééé oui, Robin Hobb sait y faire en écriture de saga ! Néanmoins, arrivée à la fin du tome 6 j’ai pu enfin me dire que j’allais pouvoir faire une pause dans cette longue histoire. En effet, à la fin de ce tome, on peut dire que la première partie des aventures de Fitz s’arrête. Après 6 tomes de maltraitance en tout genre, Fitz va se poser. Et donc moi aussi, pour aller flâner ailleurs et me mettre à lire les livres que j’ai en attente. Toutefois il me semble une bonne chose de faire un article « intermédiaire » au sujet de cette haletante histoire du héros Fitz que j’ai adoré de bout en bout.

A la fin du tome 3 nous quittons un Fitz en bien mauvais état. Royal est toujours aussi horrible, il monte en puissance, petit à petit. Son côté sournois et vicieux s’accroît, il devient de plus en plus abject (oui c’est possible) et nous l’avons en horreur. Malgré notre volonté farouche de le voir échouer et croupir au fin fond d’une geôle, il gagne la bataille et s’assoit sur le trône profitant de l’absence de son frère Vérité (qui au contraire, attire notre sympathie et qu’on se met à adorer et admirer autant que le héros) parti chercher Les Anciens, ceux qui sont déjà venus une première fois sauver Les Six-Dûchés. Car Vérité ne sait plus quoi faire pour vaincre les Pirates Rouges qui rongent les côtes de sa Terre chérie et qui massacrent allégrement sa population et la forgise qui plus est. Contrairement à Royal, qui ne marque que du dédain à l’égard du petit peuple, Vérité souffre à leurs côtés et est rongé par la culpabilité, persuadé qu’il est d’avoir échoué et d’être à l’origine de leurs tourments. Bien qu’on sache que Vérité ne ménage pas ses efforts pour aider son peuple, comme bien souvent, celui-ci cherche un coupable à ses maux qu’ils ne cessent de subir et tombent sur… Vérité. Finalement, il en vient à prendre la décision de partir à la recherche des Anciens, pour leur demander, ainsi qu’ils l’avaient promis au Roi Sagesse, leur aide. Royal va soutenir cette idée pour mieux la dénigrer. Vérité, en faisant cela, laisse une épouse enceinte et un père vieillissant sous le joug de son frère cadet dont il ne parvient toujours pas à admettre la violence et la perversité.

A ses dépens il va la découvrir et en faire les frais.

Fitz, après maintes souffrances que je tairai pour vous laisser le suspens, se retrouve lui aussi à partir de Castelcerf afin d’aider Vérité. Bien des malheurs et des obstacles jalonnent son chemin l’amenant vers son but. Quand enfin le tome 6 arrive, Robin Hobb se décide à clore cette péripétie, et rend à Fitz une forme de liberté. Entre nous, il était temps que ce tome 6 arrive. On peut adorer et en même temps saturer quelque peu. On finit par en avoir un petit peu marre et on attend un déroulement. Ça n’empêche que j’ai adoré mais j’étais toutefois heureuse d’avoir terminé cette « partie ».

Je pourrai faire un éloge du talent de Robin Hobb pendant des pages et des pages mais le mieux reste à vous dire de vous lancer dans cette lecture. Robin Hobb déroule des événements cohérents et amènent une fin logique, ni trop tendre, ni trop dure avec notre héros. Un juste milieu, un équilibre permanent, marque de fabrication de l’auteur. On notera toutefois très peu de dialogues mais énormément de pages sur le ressenti de notre héros attachant. Quoiqu’il advienne on continue à aimer Fitz. Et plus les livres s’égrainent plus on l’apprécie, pour la simple et bonne raison qu’il devient un peu plus mature, un peu moins bêta, pour notre plus grand plaisir. Il reste néanmoins jeune et c’est là peut être un point faible de l’auteur. Elle fait de son héros un adolescent de 15 ans dont tout le monde attend qu’il réagisse en homme, nous les premiers. Mais elle persévère et le fait parfois réagir comme un adolescent. Parce qu’il en est un. Malgré les épreuves, les souffrances engendrées, il ne peut grandir plus vite que la nature ne lui permet et ne peut atteindre la maturité d’un homme de 40 ans comme Vérité, prêt à dispenser sages conseils et lumineuses idées autour de lui. Il est un gamin soumis aux caprices des hommes qui l’ont élevé et qui tente de se faire une place parmi les gens qui l’entourent et on l’oublie un peu par moment. Bon gré, mal gré, il va y parvenir, se frayer un chemin et trouver le sien. C’est loin des siens, loin de tout ceux qu’il a aimé et qui lui ont rendu cet amour, qu’il va se trouver et s’affermir.

Bien que nous quittions Castelcerf, Robin Hobb ne néglige pas le lecteur et nous apprend les événements qui se déroulent là bas pendant le périple de notre héros. Certes c’est succinct mais ça permet au lecteur de ne pas délaisser totalement des personnages qu’il a connu comme Patience, demeurée au Château…

La Magie reste omniprésente même si elle est d’une nature particulière. Le Vif et l’Art cohabitent au sein de Fitz. Alors que le Vif est dénigré et l’Art « adoré », Fitz préfère de loin le Vif à l’Art. Cette dernière magie lui apportant son lot de douleurs, de tristesse et de problèmes. Oeil-de-Nuit, son loup et compagnon de Vif, toujours présent à ses côtés, devient lui aussi le personnage principal de l’histoire étant dans l’esprit de notre héros (le livre est écrit à la première personne je le rappelle). Petit à petit il semble être également dans notre esprit ! Robin Hobb ne délaisse en rien ce personnage et au contraire développe avec soin la relation nouée entre l’homme et l’animal. Ainsi le Vif et l’Art ne sont pas deux simples petites créations mais vraiment des magies réfléchies et approfondies par l’auteur. J’ai apprécié cette rigueur de la part de l’auteur.

A côté de Fitz, Robin Hobb développe des personnages variées qui enrichissent la vie de notre héros. On fait la connaissance de Kettricken, la femme de Vérité, on la découvre, on apprend à la connaître et on l’admire. Comme d’autres personnages (Burrich, Umbre, Patience, Brodette, Molly, Astérie, Caudron, le fou) elle vient émailler le récit et apporter tout ce qu’elle peut à un héros parfois bien mal en point. Les tomes 5 et 6 sont quasiment des huis clos nous obligeant à supporter et à prendre notre mal en patience aux côtés de Fitz. Ca ne fait que rendre plus intense l’histoire. Plus on limite les personnages, moins on s’éparpille,  moins on perd le lecteur, et plus l’addiction fonctionne. Car on s’attache à tous ces personnages, tous autant qu’ils sont. Ils deviennent comme des amis, des fantômes dans notre vie de tous les jours, peuplant un monde dans lequel on plonge toujours aussi aisément et dans lequel on est ravi de les retrouver. Du coup, inexorablement ils me manqueront un peu pendant quelques jours. Et puis après ça passera et je reprendrai ensuite la lecture pour attaquer la suite, les 7 autres tomes

Tome 2 :  » L’Assassin Royal – L’Assassin du Roi « 

Tome 3 :  » L’Assassin Royal – La Nef du Crépuscule « 

Tome 4 :  » L’Assassin Royal – Le Poison de la Vengeance « 

Tome 5 :  » L’Assassin Royal – La Voie Magique « 

Tome 6 :  » L’Assassin Royal – La Reine Solitaire « 

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4 réflexions sur “Chronique intermédiaire

  1. Freytaw 9 novembre 2011 / 12 h 14 min

    Ca m’a l’air bien épique tout ça ! Et d’un coté, ça à l’air « difficile ». Dans le sens où tu le dis à un moment : c’est peut-être un peu trop long. Mais qu’est-ce que ça à l’air d’être « magique », si je puis dire ainsi… En tout cas, curieusement, et je pense que tu ne te serais pas attendu à cette comparaison, ça me fait penser au jeu que je joue en ce moment, Xenoblade, dans l’esprit. Le héros souffre, partage des moments intimes avec certains personnages, l’histoire est (trop) longue, et les moments de répits sont très rare. Ca à l’air aussi intense et « fatiguant » (dans le bon sens du terme) d’une certaine manière. L’analogie est facile car je suis à fond dedans en ce moment, mais les univers (à part leur coté fantasy) n’ont rien à voir. Mais ça m’a amusé que ça m’y fasse penser !

    • Maêlle 9 novembre 2011 / 14 h 47 min

      Oui ça me surprend que tu compares L’Assassin Royal à un jeu vidéo mais en même temps ça n’est pas impossible non plus de trouver des points communs entre les deux. L’Assassin Royal est globalement simple à lire mais il y a des passages plus complexes où parfois une relecture s’impose pour prendre une description dans son ensemble. L’aspect fatiguant existe dans la mesure où on souhaite tout le temps aller plus vite, à engranger un maximum de pages pour connaître la suite… C’est tout l’art du suspense à la manière Robin Hobb. L’intensité existe aussi, ce qu’il vit est intense même si cela se déroule sur plusieurs années.
      Peut être qu’un jour tu viendras à les lire 🙂 En attendant bonne fin de Xenoblade.

  2. Freytaw 10 novembre 2011 / 13 h 02 min

    A priori, va plus me rester grand chose de Pratchett à lire… Va bien falloir que j’explore de nouveaux horizons ! haha

  3. Lintje 23 novembre 2011 / 12 h 40 min

    Je suis assez d’accord avec la description que tu fais du roman… Il me reste une centaine de page à terminer pour arriver à la fin de la première partie (tome 6) mais je suis en plein suspense et je rêve de pouvoir lire encore et encore toute la journée. Je suis fascinée à quel point Robin Hobb peut nous tenir sans nous ennuyer à aucun moment tout en ne racontant « rien ». Clairement depuis le tome 5 on avance pas beaucoup et pourtant on dévore chaque miette et à chaque instant on a envie de retourner dans ce monde. C’est une grande qualité d’écriture!

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