Ellana – Le Pacte des Marchombres, une héroïne libre.

Après la lecture de moult avis sur Pierre Bottero, j’ai été tenté de le lire. Aussitôt pensé, aussitôt acheté (enfin presque hein…) et voilà « Ellana – Le Pacte des Marchombres » dans mes petites menottes prêt à être dévoré. J’ai terminé sur un sentiment assez partagé… Je ne peux pas dire que j’ai adoré et que je suis fan, cela serait faux.  Pierre Bottero avait indéniablement un certain talent. Mais il y a comme un petit truc qui m’a semblé bâclé… Je m’explique (du mieux que je peux !).

Une caravane de pionnier se fait attaquer en pleine forêt. Seul une fillette va survivre et être élevée par les petits êtres qui peuplent cette forêt. Rebaptisée, elle va grandir parmi eux, jusqu’à ce que le besoin de connaître ses origines soient si fortes, qu’elle décide de les quitter. Ellana, prénom qu’elle finira par adopter, se lance alors sur les traces des humains, le peuple auquel elle appartient. Sans le savoir elle marche dans une voix qui lui fera rencontrer le plus grand maître des Marchombres : Jilano Alhuïn. C’est alors qu’il lui propose d’être son élève…

J’attendais beaucoup de ce roman dont j’ai lu des critiques élogieuses à son sujet. Peut-être que je m’attendais à quelque chose de « trop » bien et que finalement je n’ai trouvé ça que « bien ». Je ne suis pas sûre que ça soit vraiment cela qui soit à l’origine de ma « semi’-déception, dans la mesure où j’ai été dans le même cas de figure pour L’Assassin Royal de Robin Hobb et que j’ai été happé par cette histoire que j’ai adoré. Néanmoins, je ne serai pas honnête en ne disant pas que ce livre a été une bonne surprise et une lecture des plus agréable. C’est avec plaisir, mais sans impatience que j’aimerai lire la suite.

Alors au final qu’est-ce qui m’a plu, qu’est-ce qui m’a moins plus ? Je me suis beaucoup attachée à l’héroïne, Ellana, même si je l’ai trouvée un peu prétentieuse et sûre d’elle. Comme dit son maître, l’humilité n’est pas son fort… Mais qu’importe, elle déborde d’énergie et de force, elle est une femme en devenir qui dévoile une nature sauvage et indomptable. Ces traits de caractères m’ont tout de suite plu, je me suis attachée à elle. Et pourtant Ellana ne souhaite que personne ne dépende d’elle tout comme elle ne souhaite ne dépendre de personne… Une maxime qu’elle développe fort jeune et qui sera un vrai leitmotiv dans sa vie. Mais je doute qu’elle parvienne à la réaliser ou alors je pense qu’elle en souffrira, autant qu’elle a souffert d’avoir perdu des êtres chers, faits à l’origine de cette volonté d’être seule et indépendante. Une héroïne qui a du mordant et du punch, ce qui et un des ingrédients qui rend ce roman mouvementé et plein d’énergie. Malgré ces défauts, Ellana est loyale, fidèle, bref elle présente des qualités qui compensent à mon sens ses défauts précédemment cités.

Avec le recul, tous les personnages m’ont beaucoup plu. Je me suis tout autant attachée à son maître Jilano, qu’à Sayanel et Nillem. Sans parler des Oukilipip. Je trouve donc que le point fort de l’auteur réside dans la force qu’il engrange dans son héroïne et sa manière de toucher juste avec les personnages qui gravitent autour d’elle. C’est clairement ce que j’ai trouvé de meilleur dans ce roman.

En second, je pense pouvoir mettre… Les sentiments. Tous les sentiments qui apparaissent dans l’histoire vous font vibrer et vous touchent. Vous sentez que ça résonne en vous. Là encore, l’auteur fait preuve d’une très grande force et d’une très grande qualité d’écriture pour nous insuffler tous ces sentiments qui traversent le livre. Vous ne pourrez pas ne pas vous sentir porter par le sentiment de liberté qui émane de chaque page, de chaque ligne. Le maître mot d’Ellana, celui qu’elle va ériger en un principe de vie. Et c’est un beau mot même si j’espère que la vision que notre héroïne a de sa liberté va évoluer avec le temps ou du moins s’affiner. A la fin de mon livre, j’ai deux textes inédits de Pierre Bottero (inédit par rapport à la première édition je pense). Dans l’un des deux, il parle justement des sentiments qui animent son livre. Il parle de l’amour mais je trouve que ce sentiment est à peine effleuré dans ce premier tome. L’amour est abordé essentiellement par l’amour « filial ». Néanmoins, il parle avec une grande passion et une profonde justesse de la relation maître-élève. Une relation, selon lui, comparable à aucune autre qui ne relève ni de l’amour (conjugal ou filial) ni de l’amitié, ni de l’esclavagisme. Cette relation est nourrie de la curiosité de l’élève, de son avidité à apprendre et de la passion à transmettre le savoir du maître. J’ai trouvé cette description absolument formidable et je regrette que cet homme, auteur et professeur, soit décédé. Cette envie de transmettre est au coeur de la relation qui anime l’élève et le maître, une relation riche et complexe. J’ai été très touché par les mots avec lesquels il décrit ce qui le passionne et je crois que c’est sa passion de l’écriture qui rend ce livre si vivant. Toujours est-il qu’il applique avec rigueur ce qu’il estime être cette relation maître-élève au travers de son livre. La relation entre Jilano et Ellana est autre chose que toutes les autres relations qui existent dans le livre. A part, unique, elle est une véritable réussite et un point névralgique dans le récit. Alors que l’histoire gravite au début seulement autour d’Ellana, au fil du livre, elle se met à graviter autour du duo Ellana et Jilano. Et même si Ellana venait à poursuivre seule, même si elle reste l’héroïne principale, l’auteur offre à Jilano une place importante et méritée.

Vous allez me dire qu’après tous ces compliments, je n’ai finalement pas de reproches à faire ? Et bien si, j’ai un tout petit reproche… Je suis restée très frustrée de ne pas avoir découvert plus amplement le monde dans lequel évolue Ellana. J’ai eu l’impression de ne pas assez approfondir, de ne pas savoir comment fonctionne la société dans laquelle elle évolue. Alors est-ce que Pierre Bottero a voulu que le lecteur en découvre et en comprenne autant qu’Ellana ? Je l’ignore mais j’aurai aimé plus de descriptions sur les lieux dans lesquels elle va. J’ai trouvé que la fin était un peu plus détaillée, que ça soit la villa dans laquelle ils vont prendre un peu de bon temps que leur périple avec Nillem. Mais le passage dans la Cité m’a semblé loin en description de l’émerveillement qu’elle semble susciter chez Ellana. Et du coup, cela a un côté un peu frustrant car on se dit qu’on aurait pu en savoir un peu plus…

Un très bon livre sans aucun doute malgré une légère frustration de ne pas en savoir plus au niveau descriptif. La qualité d’écriture de Pierre Bottero est toutefois dans son ensemble, aussi bonne que le disent les critiques que j’ai pu lire ! Ce livre se lit avec aisance, vous tournez les pages sans le réaliser et vous arrivez à la fin en vous disant « déjà ? ». C’est plutôt bon signe ! Avec mon « déjà » j’ai bien eu un petit « seulement » mais il était vraiment tout petit… Je vais donc sans aucun doute me lancer dans la suite un de ces jours…

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