Le pilote à l’Edelweiss, Yann – Hugault

J’ai failli remettre « coup de cœur » mais je trouvais cela un peu répétitif. Alors même si cette BD est en effet un coup de cœur, je serai honnête en disant que je connaissais déjà le duo à l’origine de ce petit chef d’œuvre. J’avais déjà aimé leur première collaboration, une série en trois tomes intitulés « Le Grand Duc ».

Totalement amoureuse du dessin de Romain Hugault, ce dernier met en image des scénarios parfois classiques mais toujours bien ancrés dans l’époque dans laquelle l’histoire se déroule. Fan d’avions, il les dessine avec force détails pour nous embarquer dans le ciel avec ses pilotes, nous faire vivre leurs peurs, ressentir l’adrénaline du combat. Hugault a également collaboré avec Régis Hautière pour un one-shot, « Le Dernier Envol » et une série en deux volumes, « Au delà des nuages ».

Avec « Le Pilote à l’Edelweiss », Romain Hugault retrouve les champs de bataille de la première guerre mondiale. Alors que l’on imagine bien les combats sur terre que maints films nous ont montré avec effets spéciaux à l’appui, le dessinateur et le scénariste s’intéressent au combat qui se déroule dans les airs et presque uniquement dans les airs. Les pilotes et leur courage sont au centre de l’histoire, ainsi que leur avion. Mais faisons étape par étape, tant que j’y suis autant vous présenter toutes les œuvres de ce dessinateur auquel je suis très attachée !

Hugault avec Yann :

« Le Grand Duc »

Dans cette trilogie, l’auteur nous met dans la peau d’un pilote expérimenté de la Luftwaffe, l’aviation allemande, lors de la seconde guerre mondiale. La guerre fait rage, nous sommes en 1943 et Wulf est écœuré. Il sait piloter alors il pilote et obéis aux ordres. Et pourtant il réfute le nazisme, et refuse pour rester en accord avec lui même, de mettre la fameuse croix gammée sur son avion. Un acte simple qui pourtant le catalogue immédiatement comme « rebelle » par ses autres collègues, parfois complètement fanatiques. Mais Wulf tient bon avec le talisman que sa fille lui a offert avant qu’il ne parte pour cette boucherie que l’on appelle guerre. Toutefois sa fidélité est mise à rude épreuve quand il se retrouve à affronter les sorcières de la nuit : des femmes pilotes russes à bord d’avions totalement dépassés et sans parachute. Assez proche de l’idée que l’on se fait d’un kamikaze…

Une trilogie très recherchée sur la seconde guerre mondiale. J’ai aimé son originalité qui réside à mon sens dans deux choses :

– d’abord, parce qu’on se situe du côté allemand et non du côté des futurs victorieux. On ne voit pas tout à fait les choses pareilles, et on se rappelle encore une fois qu’un certain nombre de soldats allemands n’étaient pas des nazis…

– le fait historique auquel est fait allusion : les femmes russes kamikazes. J’ignorais totalement que ces femmes avaient existé et qu’elles avaient fait ce genre de choses ! Un pan historique totalement ignorée que j’ai apprécié découvrir. J’admire ces femmes qui osaient prendre un avion dont l’état laissait désirer pour piquer droit sur le camp ennemi à leurs risques et périls : elles coupaient le moteur pour arriver en vol plané (et silencieux donc) larguer leurs bombes et redémarrer. Je vous laisse imaginer le taux de réussite et les pertes humaines subies…

Le Grand Duc - Tome 1
« Le Pilote à l’Edelweiss » 

Voici donc la nouvelle série entamée par les deux compères. J’ai, avec une réelle joie, acquis le premier tome« Valentine » en version « métal » que je vous laisse admirer. Nous voilà entraîné dans l’histoire des frères Castillac, deux français, durant la première guerre mondiale. L’un est pilote et fait partie des « as » de l’aviation, il fait parti des Cigognes, l’autre est semble-t-il dans l’armée au sol.

Le premier semble terrifié à l’idée d’affronter en plein ciel un pilote allemand avec un avion sur lesquel est dessiné… Une edelweiss. Pourquoi ? Quelle est leur histoire ? Le premier tome pose les bases et nous laisse plein de questions. J’attends la suite avec impatience!

Hugault avec Régis Hautière :

« Le Dernier Envol »

Un one-shot de grande qualité, dans lequel l’auteur emmène le lecteur sur le champ de bataille aérien de la seconde guerre mondiale. Quatre pilotes très doués prennent à chaque fois leur envol, en se demandant si il sera le dernier… Une idée simple grâce à laquelle on suit quatre personnages auxquels on s’attache plus ou moins. Chacun a son histoire, tous combattent pour leur Nation, certains pour un idéal également, mais en tout cas, aucun ne veut mourir. Comment concilier cette prise de conscience d’une mort présente partout autour de soi avec son devoir de soldat…

« Au delà des nuages »

Au delà des nuages - Tome 1

Ou comment une amitié sincère et profonde peut virer en un combat acharné en plein ciel. Exit le décor de la guerre, welcome in USA. Un pilote français, Pierre, va rencontrer dans des circonstances originales, – il est crashé dans la Cordillère des Andes – Allan, un américain, venu voler dans la Région pour des prises de vue. Commence alors une belle amitié. Mais d’amis, les deux compères vont devenir rivaux, l’amour n’est pas étranger à tout cela… Une histoire somme toute classique mais tellement bien illustrée et tellement bien racontée qu’on ne peut que se laisser prendre au plaisir de sa lecture !!

Romain Hugault a également fait des albums sur les pin-ups dans l’aviation : toutes ces femmes qui ornaient le zinc des avions ! Je ne doute pas un seul instant qu’ils soient tous deux magnifiques même si je ne les possède pas. Ses BD me suffisent à dire que Romain Hugault est un remarquable dessinateur, bourré de talents. Tout y est dans les moindres de détails : les gouttes de sueurs sur le front, les larmes dans les yeux, le pli de la veste, la crispation de la bouche quand il s’agit de faire feu. Il pense à tout, dessine tout. Lire une BD illustré par lui, c’est prendre le temps de passer dix minutes par cases pour savourer chaque dessin. Penser à regarder la queue des avions : vous verrez toujours les insignes liés à la guerre : croix gammés, cocarde tricolore… Mais aussi, le nombre d’avions abattus en vol, la devise du pilote (dans le dernier, nous avons : « J’honore les dames, j’enfile les boches », c’est mignon hein ? 🙂 ) bref, chaque personnalisation que les pilotes étaient amenés à faire. On comprend leur déception quand ils sont contraints de s’éjecter (en espérant être du bon côté de la ligne…) et que leur « bébé » s’écrase.

Lire une BD de Romain Hugault c’est se régaler les yeux. J’ai lu l’expression « du caviar pour les yeux » et je rejoins tout à fait l’auteur de cette expression tant ces dessins sont somptueux. Vous l’aurez compris, j’aime énormément cette BD et je vous la conseille fortement !

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