Meurtres dans un fauteuil de P.D James

Loin de ma précédente lecture de P. D. James (L’île des morts), Meurtres dans un fauteuil m’a quelque peu déçu. Je ne sais pas si c’est moi qui attendait trop de cette auteur dont je gardais un très bon souvenir littéraire, ou si ce livre n’a pas le même niveau que l’autre. On retrouve l’ambiance lourde, oppressante que j’avais découverte et aimais lors de ma précédente lecture. Mais il manque l’étincelle qui vous fait haleter, vous fait vous interroger. Je n’ai pas retrouvé la magie qui m’avait tant plu et m’avait d’ailleurs poussé à la lire de nouveau. Enquête sur la première grosse déception littéraire de l’année 2012.


Adam Dalgliesh reçoit un courrier d’un vieil ami, le père Baddeley, qui lui demande de venir le voir afin de le consulter sur un sujet qui le tracasse. Commandant au sein de la très réputée Scotland Yard, Adam Dalgliesh décide de passer une partie de sa convalescence, à Toynton Manor institution dans laquelle officie le père Baddeley. A son arrivée il apprend le décès de celui-ci et l’existence d’un petit legs qui lui revient. Adam Dalgliesh se retrouve donc à demeurer au sein de l’institution qui accueille de jeunes handicapés. Mais rapidement la mort va de nouveau frapper et Adam Dalgliesh va commencer à s’interroger ses les habitants de Toyton Manor.

   Tous les éléments sont réunis pour faire un huis clos oppressant : peu de personnages, un manoir perdu dans la campagne anglaise, un directeur d’établissement aux idées parfois excentriques et des cadavres. Pourtant ça ne prend pas. La lenteur du début reste classique pour mettre en place les différents personnages et situer l’action. Dans un tel roman, leur faible nombre permet de prendre son temps pour raconter l’histoire des différents protagonistes qu’on va croiser. Mais cette lenteur qu’on accueille avec plaisir pour rentrer en douceur dans l’histoire se poursuit. Les morts s’enchaînent sans que rien ne se passe et je crois que les états d’âmes du personnage principal y sont pour quelque chose. J’ai horreur des personnages qui s’apitoie sur eux-mêmes. A mon grand regret, Adam Dalgliesh est un peu trop ainsi à mon goût : il avait presque accueilli la mort avec calme et a du mal à retrouver la joie de vivre. Il ne cesse de se demander si la maladie n’est pas à l’origine de ceci ou de cela… Adam est donc à mon avis, un homme pénible et un peu trop égocentrique. Il n’arrive à rien, n’avance pas d’un pouce et pire on ne sait plus si il veut découvrir la vérité ou non. On s’embrouille nous aussi. On ne sait plus où l’auteur veut aller. Elle nous sème mais point par des pistes hasardeuses ou des indices contradictoires mais par les pensées confuses d’un héros “malgré lui” qui ne l’assume pas. On finit (arrivé au 3/4 du livre…) par penser que le ou les tueurs sont “parfaits”, qu’ils ont trouvé la recette à l’époque (replacé ça dans le contexte des années 30) pour ne pas se faire avoir et que le livre va finir ainsi. Pourtant, sans raisons apparentes (j’ai du louper les indications trop subtiles) notre “héros” finit par comprendre quelque chose (ouf). Mais alors accrochez-vous, le dénouement tient sur à peine dix pages et est aussi complexe que le reste du livre est ennuyeux ! On est obligé de relire pour ne pas se perdre dans la démonstration des explications apportées. Décidément j’aurai du prendre une boussole… On ressent un certain soulagement quand enfin on se dit qu’on va savoir. Contrairement à Agatha Christie où l’on cherche à comprendre avant la fin (Hercule Poirot et le lecteur savent les mêmes choses, c’est toute la force de ces histoires !!) Là on se laisse porter, on se foule pas trop. J’ai cessé d’échafauder toute hypothèse au delà de la moitié du livre. Quand le personnage principal n’est pas lui même motivé à rechercher la vérité, dur d’entraîner le lecteur.

   J’ai appris que ce personnage était récurrent dans les livres de l’auteur, peut-être l’absence de suivi de son histoire m’a desservi et amené à moins aimé… A l’avenir je me renseignerai un peu plus en amont au sujet des romans de P.D. James pour mieux choisir ! Je ne vous le conseillerai donc pas à moins d’aimer les livres avec un héros fataliste et une intrigue au point mort quasiment en permanence…

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