Elantris – Brandon Sanderson

   Cité des Dieux, magnifique, étincelante, majestueuse, impressionnante, Elantris rayonnait à travers le monde. Protectrice de Kaë jusqu’à ce que le Réod s’abatte sur l’Arélon, terre bénie des Dieux où la Cité a été érigée. Fin d’une époque, fin des Dieux, fin d’Elantris. Dix ans après la chute d’Elantris, Kaë est devenue la plus grande ville de l’Arélon. Les murs qui ceignaient la Cité des dieux sont toujours debout. Un grand portail y est fiché qui ne s’ouvre que pour jeter les nouveaux élantriens dans la ville abandonnée. Nul n’en sort plus. Le Shaod emporte tout le monde sans distinction. Fini la vie ordinaire, vous devenez non plus un dieu comme auparavant mais un damné. Votre peau se couvre de tâches noires, vous perdez vos cheveux, votre cœur a cessé de battre. Vous êtes morts mais parfaitement conscient. Une âme enfermé dans un corps qui dépérit. Les murs étincelants de la ville ont laissé place à la crasse permanente. Vous ressentez une faim atroce sans avoir besoin de manger. Vous venez d’entrer dans Elantris, votre panier d’offrandes sous le bras. Vous ignorez comment tout cela va finir. Mais le pire vient de vous arriver.

   Bienvenue dans le monde de Brandon Sanderson, auteur du livre Elantris que je viens de terminer. Un monde riche et un roman de fantasy ambitieux qui place cet auteur que je ne connaissais pas dans la catégorie de ceux « à suivre » pour la qualité de son roman.

=> Sarène du Téod, débarque en Arélon une semaine avant la date de son mariage pour faire la surprise à son fiancé, le Prince Raoden. On lui apprend qu’il est décédé. Néanmoins, en vertu du contrat de mariage qui avait été établi, Sarène ne peut se remarier et va porter le deuil de cet époux qu’elle n’a jamais connu. Attristée mais déterminée, battante et intelligente, Sarène va rentrer dans l’arène politique de l’Arélon pour le sauver des menaces qui pèsent sur le pays et qui avait justifié ce mariage : le risque d’invasion de l’Arélon, dernier bastion avant le Téod, par le Fjordell, le pays du Wyrn. Tout en tâchant d’influer sur les événements politiques, Sarène va s’intéresser de près à Elantris, la cité maudite dont les hauts murs dominent la ville de Kaë. Un sujet tabou qui va pousser Sarène très loin dans ses investigations…

   J’ai été très agréablement surprise par cet auteur que j’ai « connu » via le blog d’AcrÖ. C’est en lisant certaines de ses critiques que j’eus envie de me lancer dans un de ces livres. Ne voulant pas me lancer dans une trilogie, j’ai opté pour Elantris que l’on trouve soit, comme c’est mon cas, en un seul tome d’environ 800 pages soit en une édition formée de 2 livres. Toujours est-il qu’Elantris se lit très bien en une seule fois…

   Je vais essayer de parler de tout ce qui m’a plu dans ce livre pour tâcher de vous donner envie, amateur de fantasy ou non.

   J’ai fais la remarque à Lintje quand je l’ai commencé : Brandon Sanderson a réussi une chose que je n’ai rencontré que chez Guy Gavriel Kay jusqu’à présent. Cette faculté à vous plonger immédiatement dans leur monde, sans rien vous expliquer au préalable mais sans vous perdre non plus. Nul besoin de décrire l’Arélon, l’auteur en parle comme si vous aviez toujours connu ce pays ! À la manière dont il écrit il réussit à vous faire comprendre énormément de choses qui fait qu’avant même que vous vous posiez la question de savoir ce que c’est, vous le découvrez. C’est une force inouïe pour un auteur que de réussir à vous embarquer sans préambule et à vous fasciner. Je ne dis pas que ça plaira à tout le monde, il faut accepter ne rien comprendre aux trois premières pages mais une fois lancée ce n’est que du bonheur ! On vous parle de Réod, de Shaor, de séons, de korathie, de déréthis, de gyorn… Autant de termes que vous vous appropriez et dont vous apprenez le sens au fur et à mesure. Le livre m’a happé dans le monde de l’auteur où j’ai instantanément eu l’impression de vivre comme chez moi.

   Au niveau des personnages rien à redire, l’auteur est doué pour développer des personnages éclectiques, doués d’une personnalité attachante ou repoussante au gré de ce qu’il souhaite vous voir ressentir. L’histoire est écrite à la troisième personne du singulier mais vous voyez toujours à travers les yeux des mêmes personnages à quelques exceptions près. J’ai apprécié la détermination de Sarène, son caractère bien trempé, sa liberté qu’elle préserve avec fougue, son intelligence bien utile pour affronter ses ennemis politiques (et religieux) et son côté romantique de femme qu’elle tente de dissimuler. Elle n’en demeure pas moins humaine et l’auteur sait nous le rappeler en insérant des moments de doutes à notre héroïne. Sarène reste le personnage le plus conséquent car une bonne partie de l’histoire passe par elle. Le gyorn Hrathen est un protagoniste important également qui va devenir un redoutable adversaire pour Sarène. Un duo d’ennemis dont on se régale car il apporte beaucoup à l’histoire. D’autres gravitent autour des personnages principaux tel que Kiin, Lukel, Daorna… Autant de personnages dont vous vous sentez proches tout au long de l’histoire. Apparentés à Sarène, vous vous sentez chez eux comme si c’était votre propre famille. Un coup de maître de l’auteur ! Je ne peux dévoiler tous les personnages que vous découvrirez au risque de vous révéler un point de l’histoire qu’il vaut mieux ignorer quand on commence le livre pour pleinement profiter de celui-ci ! Sachez juste qu’ils sont nombreux, qu’ils ont tous un rôle à jouer et qu’on finit par les appeler par leurs prénoms comme de vieux amis…

   Après avoir été happée par l’histoire, j’avoue avoir trouvé que tout cela patinait pendant un moment. Le jeu du chat et de la souris entre Sarène et Hrathen devient un peu lassant, et on se demande où il veut en venir. Quand vous vous dites que si ça continue comme ça, malgré la magie mise en œuvre par l’écriture de l’auteur vous allez finir par vous ennuyer, le voilà qui vous réveille. L’intrigue rebondit, les événements s’enchaînent à une vitesse vertigineuse, tout s’accélère et nous sommes entraînés dans cette course contre la montre. L’auteur joue avec son écriture, passant d’un point de vue à un autre pour engendrer un suspense qui vous pousserait presque à lire qu’une ligne sur deux pour aller plus vite ! L’envie de savoir ce qui va advenir de tous ces hommes et femmes auxquels vous êtes attachés devient oppressant et on finit par avoir hâte d’être à la fin. L’attente et le suspense mis en place par l’auteur m’ont agréablement surpris. Moi qui trouvait qu’il s’amolissait je fus conquise par son revirement. Comme une bouffée d’oxygène, l’histoire reprend et nous dévoile bien des choses auxquelles on ne s’attendait pas… Là encore, nouveau compliment à l’égard de l’auteur qui nous surprend ! Je n’ai rien vu venir…

   Pour finir, ce qui m’a également beaucoup séduit dans ce roman c’est l’imagination de l’auteur. Elle est littéralement prolifique… Il développe une culture entière, un langage propre à ce monde qu’il crée et qu’il manie avec dextérité. J’ai trouvé que cela donnait de la profondeur à l’histoire que d’avoir des coutumes de décrites, des religions qui s’opposent. Cela enrichit l’histoire et indirectement les personnages et c’est à mon sens extrêmement bénéfique pour tout le roman.

   Au risque de trop vous en dire, je ne développerai pas plus ce post. Mon but était de réveiller votre envie littéraire, si cela est fait alors j’ai atteint mon but. C’est néanmoins avec beaucoup de plaisir que je parlerai de ce livre avec ceux qui l’ont lu pour discuter de tout un tas de choses passionnantes dont je ne vous ai pas parlé…

   Des personnages très bien développés, mis en action dans une histoire bien ficelée donne à ce roman ses lettres de noblesse. A part ce petit passage où on patine, l’ensemble est très agréable à lire pour qui aime le genre. Je le recommande vivement aux amateurs de fantasy qui voudraient varier les plaisirs !

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3 réflexions sur “Elantris – Brandon Sanderson

  1. Lintje 11 avril 2012 / 11 h 57 min

    Pfff… encore un autre roman que tu vas devoir me prêter 😉
    l’histoire m’intrigue pas mal et tu as réussi à attiser ma curiosité pour que je veuille découvrir ce monde et le style de l’auteur.

    • Maêlle 11 avril 2012 / 19 h 02 min

      C’est avec plaisir que je te le prêterai, il est vraiment original et sympa à lire. Peut-être la comparaison avec GGK n’est pas anodine dans ton envie !! Même si cette comparaison n’est pas valable pour tout le livre je la trouve méritée pour ce que j’en ai dis. Une grande fan comme toi de GGK sera plus à même de dire si ma comparaison est valable où non 🙂 J’espère qu’il te plaira !

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