Le mec de la tombe d’à côté – Katarina Mazetti

   On peut faire de drôles rencontres au cimetière… C’est surement ce que Désirée doit se dire. Désirée Wallin, veuve sans enfant âgée de 35 ans. Quelle idée Örjan a eu de mourir bêtement si jeune ? Désirée va sur sa tombe, plus par habitude que par réelle envie. Parfois elle peste contre lui, parfois elle imagine ce qu’ils auraient fais ensemble. Mais Désirée ne pleure pas la perte de son mari. Elle y peut rien, elle n’y arrive pas.

   Benny voit la venue au cimetière comme une bouffée d’air dans son quotidien saturé d’obligations. La ferme familiale qu’il a décidé de reprendre lui mange tout son temps, même celui qu’il avait pour réfléchir. Benny n’a plus le temps de rien. Alors il vient de temps en temps s’occuper de la tombe de ses défunts parents. Son père ça fait un petit moment qu’il est là dessous. Il vient surtout pour sa mère, décédée il y a peu de temps.

   Désirée et Benny n’ont rien en commun : elle est bibliothécaire, propriétaire de son petit appartement, veuve. Benny est fermier, endetté jusqu’au cou, célibataire. Et pourtant ils vont littéralement craquer l’un pour l’autre. Un coup de foudre que Katarina Mazetti décrit comme un pur moment de bonheur. On veut bien la croire.

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   Le postulat de départ est simple, l’histoire en elle même est simple. C’est un livre sans prise de tête, un petit moment sympathique durant lequel on peut s’aérer l’esprit. Mine de rien je me suis attachée à Benny et Désirée. Lui est tellement pataud et maladroit parfois qu’il en devient terriblement attachant. Et elle tellement pénible et triste qu’on ne voit personne d’autre que Benny pour la réconforter. La force de l’auteur dans cette histoire est de passer de l’un à l’autre à chaque chapitre. Alors qu’ils pensent parfois ne pas se comprendre, le lecteur découvre qu’ils raisonnent parfois pareils. Le problème majeur qui les sépare sont leurs aspirations, leurs envies quand à l’avenir.

   Alors que je m’attendais à ce que ça traîne un peu en longueur par rapport au coup de foudre etc… L’auteur choisit de vite les rendre amoureux. Tout ce qui s’ensuit n’est que la conséquence de ce fait initial. Benny chamboule totalement Désirée, femme effacée et qui nous paraît sans grande volonté. Désirée a plus de mal à chambouler Benny qui a plus le sentiment parfois d’être incompris. Mais Benny est totalement accro à « la femme beige ».

   Dans un style toujours humoristique et léger, l’auteur nous dépeint une histoire qui semble vouer à l’échec malgré toute la bonne volonté de nos deux protagonistes. Les deux parlent au lecteur comme on parlerait à un vieil ami pendant qu’on boit le café. C’est fluide et ça nous emporte aisément en Suède dans ce coin de cimetière, dans la ferme à Benny ou l’appartement à Désirée. J’ai aimé le fait qu’on comprenne qu’ils racontent leur histoire avec du recul. Ils ne racontent pas leur histoire au jour le jour, au fur et à mesure qu’ils la vivent. Ils la racontent alors qu’elle s’est déjà passée. On le comprend par les remarques (du style « Je pense que c’est là que tout a commencé à aller mal »…) qui montrent qu’ils ont réfléchi à ce qu’il s’est passé. Un regard critique qui apporte un peu de piment à l’histoire et qui contribue au côté humoristique du récit.

   On assiste à leur jeu du chat et de la souris en se demandant comment tout cela va finir… Et la fin. C’est là, à mon sens, que le bât blesse. Je l’ai trouvée inachevé. Ce livre n’est pas fini pour moi. La fin est une manière peu agréable de frustrer le lecteur et de le pousser à acheter une suite. Une suite qui ne sera publiée que 2 ans plus tard (en 2009) dans « Le caveau de famille » (et encore, ne l’ayant pas lu, j’ignore dans quelle mesure c’est une suite). Je ne peux m’empêcher de me dire que si j’avais lu le roman à sa sortie, j’aurai généreusement pesté. Parce que l’auteur ne termine pas avant une décision, ou après une action. Non, elle s’arrête en plein milieu. J’aurai aimé lire la décision de Benny et hop ça s’arrête : mon imagination aurait pris le relais ! Ou alors, la décision est prise, l’action passe et là ça s’arrête : à nous de tirer/d’imaginer les conséquences. Mais arrêter après la décision et en plein milieu d’une action… Je n’ai pas digéré et mon imagination n’a absolument pas eu envie de prendre le relais. La fin est donc un doux regret et fut une ombre pour moi qui avait pourtant trouvé le reste du livre sympathique. Cela m’a un peu gâché mon plaisir de lectrice vous l’aurez compris. Mais maintenant qu’il y a une suite, peut-être que je serai heureuse de la découvrir pour savoir ce qu’il en est de ces deux drôles de zigotos.

   Dans tous les cas, si vous souhaitez vous aérer les neurones littéraires, ce livre sera le bienvenu !

Bonne lecture !

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