Dragon de glace de George R.R Martin

   Le nom n’est plus inconnu pour personne depuis que la série Game of Thrones connaît un succès retentissant de par le monde. J’en ai entendu parler « comme ça ». Et puis Lintje a vu la série, elle a adoré. Ça a pris de l’ampleur. C’est devenu un succès. J’ai regardé la quatrième de couverture et j’ai reposé le livre. J’ai commencé à regarder la série et je n’ai pas accroché… Et pourtant, j’étais curieuse de cet écrivain. On peut ne pas aimer et admirer tout de même la capacité de cet homme à créer un monde aussi abouti que le sien. A imaginer des personnages complets dotés de caractères qui les rendent intéressants. Donc j’admirais l’écrivain sans pour autant savoir comment le découvrir. Quand je découvris grâce au challenge de Lune que l’auteur a écrit et publié un recueil de nouvelles intitulé Dragon de glace, ce fut une révélation. Ô merveilleux format qu’est la nouvelle pour découvrir un auteur. J’avais l’occasion de pouvoir connaître son style d’écriture sans me lancer dans un pavé qui ne m’attirait absolument pas. J’allais pouvoir partir à la rencontre de l’auteur, certes en dehors de son œuvre majeure, mais peut-être dans un style qui me plairait plus justement. 191 pages, 4 nouvelles. C’est parti.

dragon-de-glace-g-r-r-martin   J’ignorais vraiment ce qui m’attendait dans ce recueil au nom évoquant plutôt la fantasy. Je fus agréablement surprise d’y trouver un certain mélange. Au final, la première moitié des nouvelles revêt un caractère totalement fantasy (monde créé de toutes pièces) et la seconde moitié penche plutôt vers le côté fantastique (un brin de magie dans notre monde bien réel). Tour à tour emportée, dérangée ou enthousiasmée, j’avoue que chaque nouvelle comporte une force incroyable. George Martin a une impressionnante maîtrise de ses personnages. Loin de créer des mondes transcendants, ce sont les personnages eux mêmes qui font la force et l’intérêt de l’histoire. De par leur caractère ou leur manière d’agir/d’être, l’auteur possède cette capacité à vous alpaguer et à vous garder dans son histoire. Le recueil porte le nom de la première nouvelle qui sera au final celle que j’ai le moins appréciée. Petit tour d’horizon.

   – Le dragon de glace : Adara est la seule de tout le village à attendre avec impatience la venue de l’hiver et du grand dragon de glace. Tout le monde le redoute sauf elle.
Une nouvelle dont l’intégralité du monde est créée de toutes pièces. Des dragons, des dragonniers, une guerre, une jeune fille « originale ». Voilà qui ressemble à la fantasy-médiévale présente dans Game of Throne. Loin d’être inintéressante, cette histoire n’est pour autant dotée d’aucune originalité. Cousue de fil blanc, je me suis ennuyée à sa lecture. L’héroïne a un comportement prévisible, le déroulement même de l’histoire est prévisible. Savoir la fin avant de l’avoir lue, se douter du déroulement sans le connaître est quelque peu pénible. Une histoire mignonne qui me semblait fort loin de ce que cet auteur a pu construire dans son immense histoire de jeu de pouvoir. Quand je l’ai finie, j’ai espéré que les autres ne seraient pas du même acabit. Bien m’en a pris de poursuivre car la suite s’est avérée nettement plus sympathique !

– Dans les contrées perdues : Chez Alys la Grise on peut tout avoir. Mais vaut mieux ne jamais pousser la porte de sa demeure.
Là encore, George Martin est dans le domaine de la fantasy pure. Néanmoins, changement de décor. Les personnages sont matures, adultes et présentent des réactions en adéquation avec ce qu’ils sont. L’histoire est rondement menée. Contrairement à la précédente, je n’ai rien vu venir. La surprise fut quasi-totale. Je savais que la fin serait « originale » car le déroulement même de l’histoire est atypique. On s’attend à des choses qui n’arrivent pas. George Martin fait preuve d’une certaine cruauté qui ôte le côté naïf omniprésent dans la première histoire. Un peu moralisatrice, cette nouvelle n’en demeure pas moins… Pertinente. Une vraie réussite à mon sens. Du De la Fontaine version fantasy.

– L’homme en forme de poire : On connaît tous un homme en forme de poire…
Une histoire qui m’a profondément mise mal à l’aise. Très (trop ?) bien menée, je me suis sentie oppressée et mal à l’aise du début jusqu’à la fin. Pourtant l’auteur, comme dans toute nouvelle, a peu de temps pour mettre en place une ambiance. Mais là elle y est. Elle vous colle à la peau comme les lèvres humides de l’homme en forme de poire. Notre dégoût pour lui n’a d’égal que celui ressenti par Jessy, le personnage concerné par cet homme. George Martin fait preuve d’une très grande habilité, usant de son « héroïne » comme d’un catalyseur pour susciter en nous toutes les émotions qu’elle-même ressent. Je suis impressionnée d’avoir été aussi « touchée » par son récit. Est-ce son côté désagréable qui a fait de cette nouvelle la plus marquante du recueil ? Je l’ignore. Le fait que cela se passe également dans notre monde rend le côté vraisemblable de l’histoire encore plus important. Et par là même, a sûrement aidé à ce que je ressente ce genre d’émotions. Un vrai coup de maître.

– Portrait de famille : Richard Cantling a écrit 9 romans. Il est célèbre. Mais il n’a pas su être un bon père pour sa fille Michelle. La haine est si proche de l’amour…
J’ai beaucoup aimé cette nouvelle qui clôt le recueil. Extrêmement originale, j’ai adoré l’idée des portraits et l’ambiguïté que l’auteur maintient durant toute l’histoire, sur le contenu de ce qu’a fait ce père ingrat. George Martin alterne entre récit au présent et flashback sur des événements marquant du passé susceptibles d’éclairer le lecteur dans sa compréhension de l’histoire. Totalement surréaliste, cette histoire m’a littéralement transporté et je n’ai pu m’empêcher de penser que l’expérience vécu par Cantling devait être formidable… Même si la raison pour laquelle il la vit est plutôt… Honteuse. Horrible. Détestable. Mais parfaitement cohérente avec le caractère que George Martin a créé à ce personnage.

   Quatre nouvelles très contrastées. Finalement ce recueil m’a semblé « s’améliorer » graduellement. Plus j’avançais, plus j’appréciais. Si vous décidez de vous atteler à sa lecture, ne vous découragez pas après la première nouvelle si vous n’avez pas accroché, la suite s’avère nettement plus intéressante.

   J’ai été ravie de découvrir cet auteur qui est clairement un grand écrivain. L’aperçu que j’ai eu de son talent m’a impressionné : il est capable de manier différents styles, différents mondes sans se départir de sa capacité à créer des personnages extrêmement bien campés. Car là est toute sa force : ses personnages. Néanmoins, malgré tout, je ne me lancerai pas dans la lecture de Game of Thrones, le thème choisi n’étant absolument pas ma tasse de thé. Je préfère continuer à le découvrir au travers de nouvelles originales, déroutantes, passionnantes. Pour ceux qui comme moi, ne se sentent pas de lire les nombreux tomes de la saga mondialement connue, je vous invite à venir le découvrir par ce recueil. C’est un vrai plaisir !

Bonne lecture !

Ce recueil a été lu dans le cadre du challenge JLNN de Lune !

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