La maison de soie – Anthony Horowitz

   Qui peut prétendre reprendre le célèbre personnage de Sherlock Holmes ? Qui peut penser pouvoir prendre la suite du talentueux Arthur Conan Doyle qui a su créer, et faire évoluer au gré de nombreuses nouvelles et romans, un des détectives les plus connus au monde ? C’est un sacré défi à relever… Contrairement à d’autre auteur comme Agatha Christie, qui fit le choix de faire mourir Hercule Poirot pour que nul ne puisse prendre sa suite après sa mort, Sir Arthur Conan Doyle a toujours fait en sorte que Sherlock Holmes s’en sorte même des situations les plus dramatiques et les plus improbables. On pense immédiatement aux chutes de Reichenbach où il disparut avec Moriarty. Watson était convaincu de son décès et pourtant… Sherlock Holmes revint. Alors après des adaptations télévisées, des films, il n’est pas étonnant de voir un auteur de littérature se lancer dans l’aventure. Et Anthony Horowitz a un CV plutôt adapté pour le faire !! Auteur de nombreux romans jeunesse (notamment les désormais bien connus Alex Rider), il est aussi scénariste pour la télévision, notamment de la série… Hercule Poirot ! Il semble habitué et le plus à même de mener un travail rigoureux pour faire renaître Sherlock. Apparemment, c’est d’ailleurs lui qu’on est allé chercher pour écrire ce livre… Alors vous allez me dire, qu’est-ce que ça donne ? Une réussite en demi-teinte…

maison de soie

Je vous mets la quatrième de couverture qui a suscité mon intérêt pour le livre :

« Les aventures de l’Homme à la casquette plate et de la Maison de soie ont été, d’un certain point de vue, les plus sensationnelles de la carrière de Holmes. Seulement, à l’époque, il m’a été impossible de les raconter pour des raisons qui apparaîtront clairement au lecteur. Cependant, j’ai toujours eu le désir de les écrire, afin de compléter le canon holmesien.
C’était impossible plus tôt : les événements que je vais décrire étaient trop monstrueux, trop choquants pour être imprimés. Ils le sont toujours aujourd’hui. Je n’exagère rien en affirmant qu’ils pourraient mettre à mal le tissu tout entier de notre société, ce qui, particulièrement en temps de guerre, est une chose que je ne peux risquer. Une fois ma tâche accomplie, à supposer que j’aie la force de la mener à bien, j’empaquetterai le manuscrit et je l’enverrai dans les coffres de Cox and Co., à Charing Cross, où certains autres de mes papiers personnels sont conservés. Je donnerai comme instruction que, de cent ans, le paquet ne devra pas être ouvert. Il est impossible d’imaginer à quoi le monde ressemblera alors, mais peut-être mes futurs lecteurs seront-ils mieux immunisés contre le scandale et la corruption que mes contemporains. Je leur transmets ici un dernier portrait de Mr Sherlock Holmes.
Dr John Watson »

   Quand on apprécie le détective londonien, il est évident que cela pique votre curiosité, suffisamment pour repartir avec le livre sous le bras. Après l’avoir lu, je suis très partagée dans mon avis…

   Il est indéniable que l’auteur a une maîtrise du « style » Conan Doyle. Pour autant cela ne fait pas tout. Avoir le style ne veut pas dire que vous maîtrisez totalement les personnages et c’est là que j’ai trouvé le bât blessait. En effet, Watson manque totalement de consistance. D’accord, dans les histoires du créateur, ce dernier n’est que l’ombre du grand détective qu’il admire. Mais là j’ai trouvé par moment cette admiration « lourde ». Bien sûr que Watson est attaché à Sherlock et inversement (ce qui est d’ailleurs, avec l’absence de femmes dans le vie du détective, une des raisons pour laquelle certains ont avancé que Sherlock était homosexuel), que leur amitié est immense, indéfectible. Mais j’ai trouvé que Watson était carrément décérébré par instant. Il est quand même médecin… Et intelligent. Sherlock a une intelligence supérieure à la moyenne. Ce n’est pas Watson qui est stupide. Et parfois on a du mal à bien voir qu’il n’en est pas ainsi. Cela m’a donc parfois quelque peu exaspéré. Mais néanmoins, ce ne fut pas assez important pour m’empêcher de lire. Il m’en faut plus pour que j’abandonne ce qu’on annonce comme le nouveau Sherlock Holmes.

   Le second point faible, et pas des moindres me direz-vous, c’est que… J’ai senti le truc venir. Sans savoir exactement les tenants et les aboutissants, j’ai très vite compris ce qu’était la Maison de Soie. Avant Watson sans aucun doute, mais sûrement aussi avant Sherlock… Ce qui vous en conviendrez est ennuyeux quand c’est précisément ce que cherche à découvrir le détective !!! On peut imaginer que cela soit quelque chose d’inconnu, d’ignoré au XIXème siècle mais à l’heure actuelle, tout en restant aussi scandaleux, on connaît la chanson ai-je envie de dire.

   C’est donc quelque peu déçue que j’ai fermé le livre qui a néanmoins quelques bons points : d’abord, retrouver Sherlock est toujours agréable. Bien que Watson soit par instant plus proche du mollusque que de l’être humain, cela n’altère en rien le plaisir intact de retrouver tant l’un que l’autre. Mrs Hudson, Lestrade, tout le monde est bien présent au cours de cette enquête rocambolesque qui part sur les chapeaux de roue. Je tiens à préciser que l’enquête est très bien détaillée et menée. Et Sherlock particulièrement malmené. Il est intéressant de voir que l’auteur installe une première enquête qui va amener Sherlock sur une seconde avant de le faire revenir à la première, car il ne laisse jamais en plan ce qu’il a commencé. On en attendait pas moins du célèbre détective. Et pour ma part, je ne prétends pas avoir tout compris, j’ai seulement deviné aisément ce que pouvait être La Maison de Soie. Pour le reste il m’a quand même fallu les lumières de Holmes et de la précision de narration de Watson pour tout comprendre. Alors preuve en est, que deviner un tel élément n’ôte pas tout intérêt au livre qui regorge quand même d’atmosphère lourde, de quartiers mal famés, de fumée de pipe, de violon et de malfaiteurs.

   C’est donc une appréciation affectée par ces deux aspects « négatifs » du roman. J’ai été déçue d’être tombée juste sur ce qu’était cette mystérieuse Maison de Soie mais j’ai quand même pris plaisir à lire le récit de cette enquête. Et puis… C’est Sherlock. Unique, inoubliable, irremplaçable. La plume n’est pas celle de Conan Doyle, mais Anthony Horowitz s’en sort très bien. L’auteur est attentif au choix des mots et à l’environnement de nos protagonistes. Rien à redire, le style est fluide, agréable à lire et la traduction impeccable. Un livre agréable que je conseille à tout ceux qui aiment lire les aventures de l’homme à la casquette plate.

Bonne lecture !

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