Séance cinéma

Envie d’un petit article pour vous parler de plusieurs films vus récemment qui m’ont (presque) tous plu. Cet article s’ajoute à celui fait à 4 mains avec ma complice magicienne sur Gatsby le Magnifique. Prêt ? Action !

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Hunger Games de Gary Ross avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson…

Hunger Games : affiche

   Après avoir lu l’intégralité de la trilogie, voir le film me semblait une évidence, une continuité. Bon. Les lecteurs sont – je pense – les pires critiques, car on a beau se dire qu’il ne faut pas comparer le livre au film, il est difficile, voir impossible, de ne pas le faire. C’est plus fort que soi. Surtout comme dans mon cas où on vient de finir de les lire ! Alors je ne serai pas vraiment objective mais je peux au moins essayer de donner un avis pondéré. J’ai trouvé les acteurs plutôt bons même si Haymitch m’a quelque peu déçu. J’attendais de lui un caractère bien plus imposant que celui qu’ils lui ont donné. Globalement l’histoire est cohérente même si il y a clairement des défauts, qu’un « non-lecteur » pourrait peut être percevoir également. D’abord, l’arrivée dans l’arène… On a l’impression que tout est aisé pour notre chère Katniss. Aucun problème au début, ça roule pour elle, elle trouve tout ce dont elle a besoin en cherchant à peine. Merveilleux. Un peu trop à mon goût. Cela occulte à mon sens, l’intérêt même des jeux, et ôte à l’histoire tout suspens. Le décès de Rue est presque pathétique, sans aucune émotion. Voilà ce qui manque vraiment à ce film : des émotions. Brutes. Les acteurs ont un jeu trop lisse, trop convenu. Ce qui ne permet pas je trouve de s’investir dans le film et auprès des personnages.
    Hunger Games m’a plu mais sans plus. Le film m’a paru superficiel et sans grand intérêt. Je trouve même qu’il risque de desservir le livre, nettement plus intéressant pour ce premier volet.

Des hommes sans loi de John Hillcoat avec Shia LaBeouf, Tom Hardy, Jason Clarke, Gary Oldman…

Des hommes sans loi : affiche

   Nous (re)voilà aux Etats-Unis, après le futur imaginaire de Hunger Games, ce film vous fait faire un bon en arrière dans l’histoire américaine pour revenir à l’époque de la prohibition. Qui dit interdiction de vendre de l’alcool, dit marché noir de l’alcool… Le film va vous conter l’histoire (vraie) des frères Bondurant. Trois frères réputés indestructibles qui profitèrent de la prohibition pour faire leur fortune avec de l’alcool illégalement produit. A cette époque, tout le monde récupérait quelque chose sur les ventes. Personne n’appliquait vraiment la loi… Du shérif au procureur, tous se remplirent les poches d’argent imbibé d’alcool à 70° minimum. On rivalisait d’imagination pour planquer les lieux de distillation et on vendait discrètement. Mais ce commerce existait et tout le monde le savait. Nous voyons ici toute cette période au travers la vie des frères Bondurant qui osèrent refuser un marché avec un haut fonctionnaire pour garder toute leur liberté de commercer illégalement. S’ensuit une guerre « à l’américaine » : voitures criblées de balles par des Thompson, au milieu de la rue principale d’un village désertique. Le Far West version mitraillette.
Là encore des acteurs dont le jeu est bon. Bien dirigé et à sa manière Shia LaBeouf m’a fait bonne impression après m’avoir quelque peu exaspéré dans les Transformers. Sa tête de gamin dans son costard contraste avec la force contenue de Tom Hardy (Bane dans le dernier Batman… J’admets qu’il est difficile de le reconnaître vu ce qu’il porte sur le visage dans ce dernier film. La musculature, à la limite peut vous donner une piste !) et la tête de chien fou du troisième frère. Jessica Chastain apporte une touche de douceur et de féminité dans cet univers plein de testostérone. Et Mia Wasikowska est le petit rayon de soleil dans l’ambiance sombre du film. La naïveté et l’innocence face à la perversion et la violence, deux mondes qui vont se rencontrer, se heurter et finalement s’aimer. Un petit mot sur… Gary Oldman qui interprète un bandit de haut vol. Peu présent, juste en filigrane, il est toujours aussi parfait. Aussi fou. Aussi énergique. Son entrée en scène crève l’écran et sa prestation, aussi courte fut-elle, n’en demeure pas moins géniale.
J’ai aimé plonger dans cette période américaine auprès des Bondurant auquel on s’attache tout au long des 2 heures que dure le film. Deux heures que finalement, on ne voit pas passer…

Les Runaways de Floria Sigismondi, avec Kristen Stewart, Dakota Fanning…

Les Runaways : affiche

   Ou l’histoire de Joan Jett et de son premier groupe. Je pense pouvoir dire que tout le monde connaît au moins I love rock’n’roll repris et chanté par Joan Jett et les Blackhearts. Voilà pour situer rapidement la chanteuse interprétée par Kristen Stewart avec brio. Le film reprend la formation du groupe, comment elle a été repérée, comment Kim Fawley a formé le groupe avec une bassiste et une batteuse. Un groupe exclusivement féminin dans un univers purement masculin était un vrai défi que cet homme qui apparaît comme excentrique dans le film, a relevé avec succès puisque The Runaways a connu un succès mondial. Aujourd’hui oublié, le groupe apparaît plus comme le pionnier du rock féminin. Le film est centré sur le groupe, l’ascension de ce dernier, la gloire, la signature chez Mercury qui s’apparente à un sacre, les concerts. On voit Joan Jett composer, jouer auprès de Cherry Crumb qui sera la chanteuse du groupe jusqu’à ce qu’elle explose, ne supporte plus le poids que l’on fait peser sur ses épaules et quitte le groupe. Non sans dommage puisque peu de temps après, le groupe sombrera et Joan Jett reviendra avec les Blackhearts quelques années plus tard.
L’interprétation de la star du rock féminin par Kristen Stewart est un sans-faute au même titre que celle de Dakota Fanning qui interprète Cherry. Loin de tomber dans la facilité d’une histoire d’amour entre les deux femmes, le réalisateur choisit un angle de vue le plus objectif possible. Oui, Joan Jett a semblé très amoureuse de sa chanteuse. Mais ça n’est pas le sujet du film. Le sujet c’est un groupe de rock qui tente de percer, l’accès si aisé à la drogue qui permet de tenir des cadences imposées par des agents peu scrupuleux ou trop enthousiasmes. Ou les deux. Et la déchéance quand face à des fans, à la pression, au rythme intenable, à la drogue, Cherry ne tient plus et claque la porte. Tandis qu’elle sombrera avant de s’en sortir, Joan Jett ressortira de cette épreuve avec un tube et une carrière plutôt réussie.

Argo de Ben Affleck, avec Ben Affleck, Bryan Cranston, John Goodman…

Argo : affiche

   Oscillant entre documentaire et film, Argo m’a ravi. C’est un véritable coup de cœur que j’ai eu pour ce film réalisé par Ben Affleck qui interprète également le personnage principal. Alors que le Shah d’Iran a trouvé refuge aux Etats-Unis, les iraniens réclament à corps et à cris son retour dans son pays pour y être jugé et sans nul doute, condamné à mort. La pression monte à tel point qu’en 1979, les iraniens envahissent l’ambassade américaine et prennent en otage tous ceux qui s’y trouvent. Sauf 6 personnes qui parviennent à s’échapper et à trouver refuge chez l’ambassadeur canadien. Seulement voilà, le temps passe et ceux sont ces six-là qui posent difficultés car les américains savent que les iraniens voudront les retrouver quand ils auront découvert qu’ils ont disparu. Le ministère des affaires étrangères demandent de l’aide à la CIA qui lui accordera en lui présentant un homme, Tony Mendez, « exfiltreur », interprété par Ben Affleck. Ce dernier va réfuter toutes les idées proposées et va finir pour monter une énorme opération. En effet, la CIA va faire croire qu’ils vont tourner un film en Iran… Tony Mendez rentre seul sur le territoire iranien mais doit ressortir avec 6 autres personnes. Tour de passe-passe qui vous donne des sueurs froides.
Alors que je regardais avec un certain détachement les événements qui ont amené ces pauvres gens à être pris en otage par des iraniens en quête de justice, j’ai été emportée par le film quand la CIA intervient. On sent le compte à rebours qui est lancé. La course des iraniens pour identifier toutes les personnes qu’ils détiennent, les messages à la télévision à l’adresse des américains. Et ces derniers qui se démènent (enfin surtout Tony Mendez) à trouver financement, producteur, studio, faux papiers… On sent notre propre angoisse monter. Et j’avais beau connaître le dénouement de l’histoire, j’étais aussi tendue que devait l’être les véritables protagonistes quand ils ont passé la douane… En tout cas, au delà d’une réalisation impeccable et d’une interprétation sans faute pour tous les acteurs réunis, c’est un bel hommage à une coopération internationale réussie entre États-Unis et Canada pour sauver des vies.

Trance de Danny Boyle avec James McAvoy, Vincent Cassel, Rosario Dawson…

Trance : Affiche

   Le dernier Danny Boyle sorti dans nos salles obscures le 8 mai dernier était prometteur. La bande-annonce m’avait déjà bien tenté, tant et si bien que j’ai décidé d’aller le voir. Je n’ai pas été déçue du dernier film du réalisateur de Slumdog Millionaire. Intrigue à tiroir qui mélange hypnose et thriller pour vous emmener dans les méandres du cerveau humain.
Simon est commissaire-priseur dans une société renommée. Il va se rendre complice du vol d’un tableau. Mais un coup sur la tête plus tard, il a tout oublié. Bien évidemment ses complices ne vont pas le laisser tranquille et vont lui laisser une chance : l’hypnose.

L’intrigue n’est certes pas complexe mais cela est inutile. Le réalisateur nous entraîne dans une cascade de faux semblants qui vous pousse sans cesse à vous interroger et à remettre en permanence en question votre jugement. Qui est bon, qui est mauvais, qui est réellement l’élément néfaste, le dominateur ? Qu’est-ce donc que cette mascarade, cette hypocrisie de chacun ? Le cerveau humain recèle une grande force et des capacités importantes. Mais attention à ceux qui jouent avec sans prendre garde… A chaque porte franchie, vous avez l’impression d’en trouver une autre. Danny Boyle ne s’arrête que dans les dernières minutes, révélant le cœur de son intrigue. Et à notre tour on se sent piégé par la force et la subtilité du réalisateur.
Les acteurs sont géniaux et jouent extrêmement bien. J’avais déjà adoré Jame McAvoy dans le dernier X-men, mais là j’avoue qu’il m’a bluffé. Un jeu d’acteur travaillé et bien ficelé qui le rend puissant à l’écran. Il a une « présence » et partage l’écran avec Vincent Cassel sans se faire écraser par ce grand acteur rompu au grand écran. Ce dernier n’a rien à prouver, il montre qu’il est toujours à la hauteur avec brio. Rosario Dawson ne m’était pas inconnue de visage mais j’avoue avoir eu beaucoup de mal à me souvenir d’elle dans un film en particulier. Toujours est-il qu’elle tient parfaitement tête aux deux précédents acteurs, le trio étant le pilier de tout le film.
Un petit mot sur la bande-originale qui est… Géniale. Elle vous happe et vous maintient dans l’ambiance du film. Une ambiance lourde, étouffante, électrique un brin névrosée, totalement maîtrisée par un réalisateur dont j’apprécie de plus en plus le travail.

Slumdog Millionnaire de Danny Boyle avec Dev Patel, Freida Pinto…

Slumdog Millionaire : affiche Danny Boyle

   Jamal est amoureux. Et quand il aime, il ne compte pas les efforts nécessaires pour parvenir à retrouver la femme qu’il aime. Rencontrée alors qu’il n’était qu’un enfant, Jamal ne peut et ne veut l’oublier. Il ne sait même pas si ils sont fait pour vivre ensemble. Ni même si leur avenir peut exister. Mais il sait qu’il l’aime et qu’il est prêt à tout. Alors le voilà à participer au célèbre jeu « Qui veut gagner des millions ? », adapté en Inde. Jamal est enfant de la misère. Il a toujours appris à se débrouiller avec son frère, puis sans ce dernier. Seul. Mais la misère possède aussi sa forme de culture. Celle que l’on chaparde dans les discussions des gens, dans les situations saugrenues dans lesquelles on peut se retrouver quand on est comme lui. Mais aussi dans les situations dangereuses, qui vous amènent à apprendre qui est l’inventeur du revolver. Le film commence à l’arrestation de Jamal. Parce que personne ne peut croire qu’un enfant qui sert le thé dans une entreprise de plateforme téléphonique puisse être arrivé à la dernière question du jeu télévisé. La question à 20 millions de roupies. Cela semble impossible. Alors avant qu’elle lui soit posée (l’émission termine juste avant que la question lui soit posée) il est emmené par les policiers. Et interrogé. Au bout d’un moment, voyant qu’il est vain de le malmener pour obtenir de lui la manière dont il a triché, l’enquêteur décide de l’assoir sur une chaise. Et d’écouter son incroyable histoire.
   Nous partons à la découverte de l’Inde, non pas à travers ses somptueux monuments mais à travers l’histoire de deux orphelins qui survivent au sein des bidonvilles, d’un train, des villes… Comment la fraternité peut conduire aux pires excès, et comment certains gardent un cœur plein de naïveté et d’innocence au milieu de cette violence crue. Jamal apparaît comme un rayon de lumière sur la noirceur qui se dégage des autres. Son amour le porte au delà de sa condition, le pousse à aller plus loin, plus haut, dans un pays où le système des castes priment. C’est un très beau film, plein d’espoir et d’amour que nous livre le réalisateur Danny Boyle. Et le coup de maître, c’est de parvenir à dégager de tels sentiments tout en décrivant une réalité dure : celle de la misère.

   Voilà le tour de mes dernières visions cinématographiques. Pour être honnête, s’ajoute depuis, Mémoire d’une geisha, mais je n’ai pas encore pris le temps d’en parler. Ce sera pour une prochaine fois.

Bon film !

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