Le tailleur de pierre – Camilla Läckberg

   C’est avec beaucoup de plaisir que je retrouve cette auteure suédoise découverte au travers de La princesse des glaces et du Prédicateur. Je n’ai pas été déçue, Camilla Läckberg confirme au travers ce troisième tome sa patte inimitable, fraîche et agréable à lire. Erica devient une bonne copine, chez qui on débarquerait bien boire un thé. Et Patrick nous semble être le voisin que nous croisons tous les jours. Camilla Läckberg réussit à faire entrer dans notre quotidien une galerie de personnages attachants. Tout en les faisant évoluer dans une enquête rondement menée avec un suspense magistral…

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   Nous retrouvons Erica, héroïne féminine dont on suit l’évolution depuis La princesse des glaces. J’ai trouvé toutefois qu’elle était extrêmement effacée dans ce troisième opus. Certainement que l’auteur aura voulu mettre la présence de son personnage en adéquation avec son état physique : un total épuisement du à l’arrivée d’une petite Maja dans leur vie. Comme toujours Camilla Läckberg conserve un fond de vérité dans tout ce que fait Erica qui nous attache encore et toujours à cette dernière. Loin d’être surhumaine, Erica subit autant qu’elle vit les désagréments d’une femme qui allaite après l’accouchement. Tout y passe, avec franchise comme au début. C’est une recette qui me plaît car Erica devient une femme accessible, à laquelle on s’identifie aisément. Et je trouve que cela fait partie des points forts de l’auteure pour nous faire entrer dans son histoire… Et ne plus nous en faire sortir !

   Cette recette fonctionne aussi avec Patrick, que l’on admire dans le cadre de son travail, contre lequel on peste quand on le voit tellement maladroit avec Erica, devant lequel on fond quand il prend sa fille dans ses bras. Patrick est aussi humain qu’Erica et en cela il est donc tout aussi attachant. Excessivement plus présent qu’Erica, il m’a même semblé au centre de cette histoire, il n’enlève rien au charme du livre, bien au contraire. Et là encore, il est humain, retournant au travail avec soulagement car loin des pleurs de sa fille qu’il ne parvint à calmer et en même temps plein de culpabilité de laisser la femme qu’il aime se débrouiller seule. Et pourtant, on le sent aux petits soins avec Erica. Alors Camilla Läckberg réussit avec brio à instiller à ses personnages principaux une dose d’humanité… Ou de stupidité quand elle décide d’aborder l’histoire par les yeux de Ernst Lundgren. Mais ça fait du bien aussi ! Et demeure en toile de fond, les personnages qui gravitent autour d’Erica notamment sa soeur Anna que l’on suit, de loin comme l’héroïne. C’est donc un véritable kaléidoscope de personnalités qui s’offre à nous. Les connaître permet d’entrer d’autant plus vite dans l’histoire qui est toujours aussi bien déroulée…

   La plume légère et fluide de l’auteure nous entraîne sur les traces d’un tueur d’enfant. Horreur quand un pêcheur de Fjallbacka remonte à la surface le corps sans vie de Sara. Toute la population, même le commissaire qui dirige le poste de police de Tanumhesde, est outrée de cette offense ultime. Comment peut-on toucher à un enfant ? Comment peut-on s’en prendre à un être si fragile, dénué de tous moyens de défense ? Et pourtant quelqu’un a osé. L’enquête va révéler des éléments glauques qui vont rajouter à l’aspect sordide du meurtre. Et le jeune père qu’est Patrick se retrouve à gérer l’enquête avec les émotions que cela peut engendrer…

   Comme à son habitude, l’auteure prend plaisir à nous faire languir dans le déroulement de l’enquête en alternant celle-ci avec une autre histoire qui nous semble totalement en décalage. Nous savons qu’à un moment donné cela va se recouper. Mais on ne sait pas quand, ni comment. Et c’est toute la force de ces histoires. Même si la structure est similaire dans ses autres romans, cela marche parfaitement bien. On cogite tout en étant concentré sur l’enquête en cours. On tente de faire des liens, de comprendre. Souvent sans succès ! Et pourtant à la fin tout s’imbrique parfaitement. On en viendrait presque à dire « Evidemment… »

   L’histoire est extrêmement bien ficelée bien qu’elle se révèle finalement peu complexe. Mais l’auteure fait le pari de montrer une enquête avec son lot de difficultés : délations diverses et variées qui orientent les policiers vers de mauvaises pistes, l’attente de résultats de laboratoire, la découverte d’une affaire parallèle, les bourdes des collègues, les oublis… Même l’enquête est humaine ! Loin des séries télévisées comme les experts, Camilla Läckberg fait le pari de raconter une enquête aussi proche de la réalité qu’elle puisse l’être en tant que romancière.

   L’auteure fait le pari également dans ce tome de ne pas tout expliquer. A nous lecteurs, privilégiés que nous sommes, elle dévoile les tenants et les aboutissants de toute l’histoire. Mais pour Patrick et les autres, ils resteront sur leur fin. Ça aussi ça semble probable : un auteur identifié de par les preuves, qui refuse totalement d’avouer et d’expliquer quoique se soit. On imagine aisément la frustration, même si nous avons la chance que l’auteure nous offre de ne pas finir dans la même situation que ses personnages !!

   Ce troisième tome est donc à nouveau une très bonne lecture. Le froid de la Suède nous apporte son lot d’auteurs sympathiques. A noter la sortie récemment d’un nouveau tome… Je n’y suis pas encore, il m’en reste trois avant !

Bonne lecture !

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