L’homme qui voulait être heureux – Laurent Gounelle

   C’est au gré de mes pérégrinations dans le monde littéraire dématérialisé que j’ai eu l’occasion de tomber sur ce titre qui suscita chez moi un vif intérêt. De par l’originalité même de ce qui prétendait n’être qu’un roman. Et puis je l’ai laissé dans un coin de ma tête (ma liste de livres que j’ai envie de lire étant exponentielle…) jusqu’à le croiser récemment au détour d’un rayon. En tête de gondole auprès d’un autre livre de l’auteur « Les Dieux voyagent toujours incognito ». Sans réfléchir plus avant, je m’en suis saisie et je l’ai ramené chez moi pour en commencer la lecture immédiatement. Il est intéressant de toujours s’interroger sur mille choses et d’admettre que personne n’a de réponse absolue. Mais il est agréable de rencontrer des auteurs qui font part de leurs idées, idées que l’on peut s’approprier ou rejeter selon si cela a en nous un écho particulier ou non. Ce livre est un roman que l’on pourrait qualifier d’initiatique, poussant celui qui le lit à aller toujours au-delà de ses propres pensées aux côtés du personnage principal. Pour situer l’auteur, Laurent Gounelle est, en plus d’un écrivain, un spécialiste des sciences humaines formé en France et aux États-Unis. Indéniablement son roman va au-delà des sciences humaines. Il se rapproche plus de la philosophie, de la psychologie. Un livre intéressant qui a suscité en moi l’envie de lire les autres. Mais avant toute chose, petit article sur celui-ci.

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   Le personnage principal n’a pas de nom, ni de prénom. J’ai trouvé que cela était une bonne manière de pouvoir se l’approprier, d’en faire le copain de tout le monde. Ou encore de pouvoir s’y identifier facilement bien qu’il s’agisse d’un homme. Vous saurez à quoi il ressemble physiquement mais cela a peu d’importance au final. Ce qui compte c’est le développement psychologique du personnage. Donc notre cher occidental en vacances à Bali, professeur le reste de l’année, décide sur un coup de tête d’aller consulter un vieux sage possédant une solide réputation, maître Samtyang. Il s’interroge dès le départ sur l’intérêt de sa démarche dans la mesure où il est en excellente santé. Mais il y va quand même. Et il se laissera ausculter. Le diagnostic est posé : il n’est pas heureux. Mais dans ce cas, comment devenir heureux ? Est-ce tout simplement possible d’être heureux ? Si oui, à quoi ressemble notre bonheur ? De fil en aiguille le sage va amener notre personnage à s’interroger sur tout ce qui l’empêche d’être heureux. Mais plus important, sur ce qu’il lui faut pour devenir heureux. Car ce n’est pas tout que de dire qu’il n’est pas heureux. Il faut encore essayer de faire en sorte que les choses changent. Et ce sage part d’un principe : ce sont toutes nos croyances qui nous freinent. Ne vous limitez pas aux croyances religieuses qui au fond ne sont qu’une infime partie de ce que nous croyons. Voyez vos croyances au sens large : croire que l’on n’est pas capable de faire telle chose, les peurs qui nous habitent résultant souvent de ce genre de croyances. Croire que l’on ne peut accéder à « notre » but. Croire que si l’on fait certaines choses cela relève de l’égoïsme le plus complet alors qu’au final, c’est quelque chose de nécessaire pour soi, pour être épanoui et donc au final plus ouvert à l’égard des autres.

   L’auteur use des dialogues entre le sage et l’homme pour nous emmener sur le même chemin que son personnage. Il n’y a pas de recette miracle, simplement un lent éveil, une délicate ouverture au monde. Loin de nous donner une quelconque réponse, le sage nous propose une voie. Il nous montre les croyances qui nous enferment dans des carcans. Mais il nous laisse libre de choisir de rester dans ces carcans ou de nous en extirper. Car pour certains accéder au bonheur fait peur. Puisque cela implique qu’il faut choisir. Et comme il le dit si bien, choisir c’est renoncer à quelque chose. Mais il est plus facile de supporter cette renonciation quand le choix effectué est en harmonie avec nos propres valeurs, avec notre volonté, notre désir. Et c’est cela qu’il tente de nous montrer. Que notre bonheur passe nécessairement par des choix et qu’il faut voir au-delà du choix.

   J’ai trouvé qu’il n’y avait pas de dénonciations de croyances ou de jugements. Mais plutôt un simple exposé, un constat pour dire « Tiens on croit ceci ou cela car on m’a dit ceci ou cela quand j’étais enfant. » Et il ne faut pas seulement se limiter à nos parents. Il y a des croyances que l’on développe soi-même et qui ont un impact sur notre vie quotidienne. La manière d’écrire de l’auteur nous permet surtout d’en prendre conscience. C’est la suite de cette prise de conscience qui nous appartient. Car être heureux c’est se sentir libre d’avoir fait les choix qui nous ont tenu le plus à cœur. Du moins est-ce ainsi que je l’ai ressenti au gré du livre.

   Les propos du sage sont toujours pondérés ce qui nous amènent à être d’autant plus réceptif. Ce n’est pas une étude du bonheur qui est quelque chose de totalement subjectif, lié aux envies propres à chacun, mais plutôt l’envie de montrer aux autres que le chemin du bonheur est en soi. Et que loin d’être le but ultime, c’est le cheminement pour y accéder qui apporte déjà sa part de bonheur.

Quand je l’ai terminé deux pensées sont plus particulièrement « sorties » du lot :

  • Si je crois en ce qui me tient à cœur, si je crois en mes envies alors je peux me donner les moyens de les concrétiser. Qu’aucun but n’est inatteignable si c’est vraiment ce que l’on souhaite.

  • Qu’il fera parti des livres que je relirai de temps en temps !

   Ce livre est un condensé de courage, de volonté. Sans être plein d’un optimisme utopique, Laurent Gounelle nous livre un roman qui nous pousse à nous interroger sur nous-même, notre vie et surtout sur la manière dont nous souhaitons vivre notre vie. Cela me fait penser à une étude parue en 2012. Une infirmière australienne a écrit un livre The top five regrets of the dying paru fin 2011. Elle qui a côtoyé des gens en fin de vie a collecté leur(s) regret(s). En tête vient le regret le plus triste que j’estime pouvoir avoir : ne pas avoir vécu la vie que l’on a souhaité et le cinquième se recoupe avec le livre « J’aurais aimé m’autoriser à être plus heureux. » Alors effectivement ce genre d’étude est sujet à contestation de par le fait que l’on a souvent pas conscience d’avoir ce genre de regrets au cours de notre vie, et que ces derniers n’apparaissent peut-être qu’à la fin. En somme, quand on ne peut plus rien y changer. Mais il est dommage que les gens ne pensent pas que « malgré tout ce que ma vie a pu avoir de difficile, je l’ai adorée. » Cela est sûrement aussi du aux caractères de chacun et on peut estimer qu’il n’y a rien à regretter à partir du moment où l’on a vécu comme on l’a souhaité à l’instant T. Mais ce livre n’est pas là pour ça.

   L’auteur ne cherche pas à chambouler votre vie. Simplement à vous dire que si vous pensez que le bonheur (qui peut être vu comme la « bonne heure » ainsi qu’on me l’a dit une fois) n’est pas ce que vous vivez actuellement, peut-être que vous pouvez changer cet état de fait. Et que si vous ne souhaitez rien changer… C’est peut-être justement parce que finalement, votre bonheur, vous le vivez en ce moment même.

Extrait :

« Moi qui suis maintenant au seuil de ma vie, je deviens convaincu que l’amour est la solution à la plupart des problèmes que rencontrent les êtres humains dans leur vie. Cela peut sembler une idée simple, convenue, et pourtant pratiquement personne ne la met en œuvre, car il est souvent difficile d’aimer. »

«  Oui c’est l’une des clés du bonheur. Vous savez, l’être humain se complaît dans le laisser-aller, mais s’épanouit dans l’exigence de soi. C’est vraiment en étant concentré sur ce que l’on fait pour réussir la mise en œuvre de nos compétences, et en relevant chaque fois de nouveaux défis, que l’on se sent heureux. C’est vrai pour tout le monde, quels que soient notre métier ou le niveau de nos compétences. Et notre bonheur est accru si notre travail apporte quelque chose aux autres, même indirectement, même de façon modeste. »

« En prenant la décision de venir aujourd’hui, vous avez accompli un apprentissage majeur pour vous, en développant une capacité qui vous faisait cruellement défaut à ce jour la capacité de faire un choix qui vous coûte, et donc de renoncer à quelque chose, autrement de faire des sacrifices pour avancer sur votre voie. »

   A tout ceux qui ont la curiosité littéraire et l’envie de se confronter à soi-même à travers ce genre de livre, je le conseille fortement.

Bonne lecture !

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