Cul-de-Sac de Douglas Kennedy

   Non, cela n’a rien à voir avec le nom du lieu de vie de certains hobbits de la célébrissime trilogie de Tolkien. « Cul-de-Sac » est à prendre au sens premier du terme… Soit selon notre cher Larousse « Rue, chemin, passage, lieu sans issue ; impasse. Situation, entreprise, carrière sans issue. »

   Voilà un auteur dont j’ignorais tout hormis… Le nom. Cela faisait bien peu ! Et me voilà alors plongée dans un roman à l’humour noir et cinglant. Court, vif et percutant, le style de Douglas Kennedy ne laisse pas indifférent. Tout comme son univers. On imagine une Australie idyllique (plages de surf, désert somptueux) et l’histoire vire au cauchemar. Parce que Nick commet des erreurs qui ne pardonne pas. Il n’a pas le guide de survie dans l’outback ainsi que nous l’indique la quatrième de couverture. Mais c’est un guide bien spécifique qu’il faut avec Douglas Kennedy !

cul de sac

=> Nick (de son vrai prénom Nicolas), journaliste dans un petit canard local de Boston, a décidé du jour au lendemain de partir en voyage en Australie. Les grands espaces, l’outback, il en est tombé amoureux sur une carte trouvée dans une librairie. Et il est parti, laissant tomber le travail et emportant avec lui toutes ses économies. Arrivé à Darwin il va quelque peu déchanter : la chaleur oppressante l’assomme dans une ville qui n’a, à ses yeux, aucun attrait. Il décide de partir vers Perth, au volant d’un vieux combi acheté en cash à un couple d’huluberlus. Le voilà sur la route, avec une telle envie de partir qu’il en oublie toute prudence et roule de nuit… Et percute un animal emblématique du pays : un kangourou. Ce qui va l’amener à rencontrer lors d’une halte une jeune femme fort attirante… Angie. Tellement attirante qu’il va se retrouver kidnapper par elle. Marié. Retenu au sein d’une communauté perdue dans une ancienne mine rayée de la carte depuis longtemps. Bienvenue dans l’Australie  de Mr KENNEDY !

   Nick est loin, très loin, du héros que nous pourrions imaginer. Physiquement pour commencer, il se décrit comme ayant du ventre, crachant ses poumons régulièrement (et surtout le matin au réveil) à cause de sa surconsommation de cigarettes, buveur de bières capable de s’endormir ivre, ce qui n’en fait pas un idéal masculin… Et pour ce qui est du courage… Il faudra qu’il soit poussé loin dans ses retranchements pour le trouver !! Nous n’avons donc pas affaire à un super-héros mais à un homme ordinaire pour lequel on se doute que la suite ne va pas être facile à vivre… Surtout après sa rencontre avec Angie et son arrivée chaotique au sein de la communauté de Wollanup.

   De par la situation on ne peut plus cocasse du personnage principal, l’auteur nous décrit une communauté totalement originale et farfelue dont l’idée de base a quelque peu capoté… J’ai aimé découvrir le style fluide et rapide qui fait que les pages se tournent vite. L’histoire se déroule sans anicroche, révélant une idée pour le moins atypique. Originalité et humour noir seront donc les premiers adjectifs qui caractérisent l’histoire. L’usage du huis clos au sein de la communauté renforce la sensation oppressante que le climat météorologique, largement décrit, instaure. La chaleur nous semble accablante au fil des pages contribuant à accentuer l’état déprimé de Nick.

   J’ai littéralement adoré lire les changements d’état d’esprit de ce dernier. Ses passages à vide, l’introspection qu’il fait de lui quand il raconte. Il tente différentes manières, différentes approches des membres de la communauté qui l’entourent. Une galerie de personnages parfois hilarants, parfois agaçants mais toujours pertinents dans leur rôle respectif. Douglas Kennedy est doué pour nous entourer de personnages brossés en quelques lignes. En quelques mots vous cernez le type qui s’adresse à Nick et vous imaginez déjà son rôle dans la mésaventure de notre « héros ». Mais malgré le peu de personnages et donc le peu d’interactions possibles avec le personnage principal, Douglas Kennedy parvient à nous surprendre en rendant ces personnages secondaires totalement en décalage avec ce que nous nous attendons. Je pense notamment au père d’Angie avec lequel l’auteur prend un malin plaisir à nous balader…

   Mais Nick demeure le personnage central au travers duquel nous regardons toute cette petite communauté qui évolue autour de lui. Et l’avènement de la sœur de sa dulcinée, bien que son rôle soit prévisible, est l’occasion pour Nick d’évoluer. La fin est loin par contre du ton humoristique qui domine le reste du livre. Elle tranche de par son côté violent qui vire presque au grotesque tant cela semble énorme. Finalement on en rigolerait presque si notre cher Nick n’était pas si affecté.

   Rapide à lire et original, ce livre qui a révélé son auteur au public il y a 19 ans (première date de parution en 1994 pour ceux qui n’auraient pas le courage de calculer !) dévoile un Douglas Kennedy dont la lecture est agréable. Source de détente, « Cul-de-Sac » se lit vite et permet de découvrir cet auteur dont la renommé n’est aujourd’hui plus à faire.

Bonne lecture !

A noter que le livre a été réédité sous le titre « Piège nuptial » chez Belfond en 2008.

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4 réflexions sur “Cul-de-Sac de Douglas Kennedy

  1. Sorel 2 octobre 2013 / 22 h 04 min

    Bonjour, j’ai lu les 10 romans de Kennedy et « Cul de sac » qui a été remanié par l’auteur en « piège nuptial » est assez différent des autres je trouve. Il est plus thriller et plus court(moins psychologique). C’est son premier, voilà pourquoi peut être … A bientôt

    • Maêlle 4 octobre 2013 / 9 h 20 min

      Bonjour !
      Je n’ai lu aucun autre livre de Douglas Kennedy mais celui-ci accroche le lecteur par son indéniable originalité dans le monde du thriller !! En effet, étant son premier, cela explique peut-être que son style ne soit pas aussi abouti que dans les suivants que vous avez été amenés à lire.
      Peut-être que je me laisserai tenter par un autre de lui un de ces jours !
      A bientôt.

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