Nouvelles du Disque-Monde – Terry Pratchett

   Je continue sur ma lancée de lectures de recueils (il est vrai que d’avoir vu que j’étais à 7/12 lors du dernier bilan à Lune, m’a quelque peu relancé !!!) avec ce (petit) recueil attaché au monde bien connu pour les amateurs du genre, de Terry Pratchett. Je ne présenterai pas ce dernier bien longtemps tant son nom est attaché au monde de la fantasy qu’il a abreuvé de son imagination sans borne et de sa plume de qualité durant de longues années… Il continue, non sans difficulté de par la maladie d’Alzheimer dont il est atteint, qu’on ne peut occulter. Une nouvelle lecture de cet auteur est une nouvelle occasion de saluer la qualité de la traduction de Patrick Couton. Sans nul doute que ses traductions françaises n’y sont pas pour rien dans le succès que Terry Pratchett connaît (aussi) en France. Après avoir lu la série des Tiphaine Patraque qu’un ami, féru de Pratchett depuis fort longtemps, m’a conseillé, j’ai attaqué la série du Disque-Monde. J’ai d’ailleurs plusieurs livres d’avance… C’est vrai, je n’en ai peut être pas beaucoup parlé, mais j’ai lu La huitième couleur, Le Huitième sortilège et Trois soeurcières. Certes cela ne fait pas beaucoup mais ça m’a permis d’avoir une idée du monde de Pratchett plus précise. J’avoue avoir calé dans la lecture de Mortimer pourtant j’adore le personnage de la Mort qui est absolument génial. Mais c’était peut être pas le bon moment. Bref, toujours est-il que je me suis dis que lire ce recueil serait l’occasion d’aller faire une petite incursion chez Pratchett, ce qui serait synonyme d’un bon moment, sûrement même hilarant ! Et quel bonheur de retrouver mémé Ciredutemps, Nounou Ogg… J’ai vraiment eu la sensation de retrouver de vieilles copines. Et c’est à ce moment qu’on réalise combien un univers peut nous toucher et rester en nous. J’ai retrouvé Ankh-Morpork avec l’impression… De ne jamais l’avoir vraiment quittée. Mais attention, à ceux qui ne connaissent pas le monde, je ne vous encourage pas à lire ce recueil. Il vous semblera sûrement agréable à lire mais je ne suis pas sûr que vous savouriez vraiment toute la qualité des textes en ne connaissant pas ce monde bien spécifique qu’est celui de Terry Pratchett. Néanmoins pour ceux qui voudraient avoir un aperçu de son style sans se lancer dans la lecture du Disque-Monde cela peut être une solution. Toutefois je vous conseillerai de faire comme moi si vous souhaitez le découvrir à sa juste valeur : lisez la série des Tiphaine Patraque.

   Six nouvelles dans ce recueil dont la couverture représente le Disque-Monde. On voit bien la fameuse tortue qui, à chaque fois, me rappelle la polémique à la noix que Terry Pratchett développe dans ses premiers romans du Disque-Monde : quel est son sexe ? Cet auteur a le don inouï d’intégrer du burlesque, de l’humour, de mélanger tout cela et de vous en faire une histoire très sympa à lire, jamais lourde ou imbuvable. Pour avoir lu ses derniers romans avant les premiers, je maintiens qu’il n’a fait que s’améliorer et les quelques lourdeurs du début s’effacent petit à petit. Ici les nouvelles sont un peu pareilles : plus ou moins sympas mais jamais nulles. Ce que j’adore avec cet auteur c’est qu’il est un des rares à me faire rire en lisant… Être drôle à l’écrit me paraît être une des choses les plus difficile qu’il soit. Or il y parvient…

pratchett

   La première «  Rejet par l’Université de procédés diaboliques «  est pleine d’absurdités… Drôles. J’ai adoré. Imaginez le conseil d’administration de l’Université (lieu où vous êtes sensés apprendre la maîtrise de la magie, enfin c’est ce qu’on s’attend à trouver dans un tel endroit…) d’Ankh-Morpork en train de discuter de choses prétendument importantes… C’est tellement stupide que ça en devient profondément risible. Évidemment il faut avoir un certain sens de l’humour pour apprécier mais ceux qui connaissent Terry Pratchett l’aborderont de telle manière qu’ils rigoleront en lisant les dialogues parfois sans queue, ni tête que l’auteur nous écrit.

   « La mort et tout ce qui s’ensuit » est à la limite une nouvelle abordable par tous. Trois pages durant lesquelles la Mort est mise à contribution en tant que personnage. Oui chez Pratchett, la Mort (qui est masculin ainsi qu’il le précise à chaque fois pour que personne ne commette d’impairs, faudrait quand même pas vexer la Mort… C’est tout à fait le genre de remarque qui me fait sourire à chaque fois…) est un personnage à part entière. Qui ne se déplace pas souvent, surtout pour un certain type de personne. Et voilà qu’il vient pour un philosophe farfelu qui part dans des considérations de particules auxquelles la Mort répond comme si c’était tout à fait normal d’avoir ce genre de conversation. Je crois qu’on a là un des aspects de Pratchett que j’apprécie aussi : très pince-sans-rire dans son écriture. Il est capable d’écrire des dialogues absurdes mais avec une forme de sérieux qui m’impressionne. Cette nouvelle illustre plutôt bien cette capacité.

   La troisième « Minutes de la réunion en vue de concrétiser le projet de fédération de scouts d’Ankh-Morpork » met en avant le Guet (on va dire, la Police d’Ankh-Morpork, en très gros) ou comment chercher à diminuer la délinquance dans une ville aussi atypique que celle créée par Terry Pratchett…

   La quatrième est la plus longue puisqu’elle fait 63 pages. Ma préférée et de loin, pour une raison très simple… C’est dans celle-ci qu’on retrouve Mémé Ciredutemps, Nounou Ogg et compagnie. J’ai adoré. Voilà que des sorcières veulent écarter Mémé des Jugements (spectacles de sorcières dirons-nous). Nounou Ogg sait que cela va déclencher quelque chose, mais quoi ? Aucune idée. Personne ne peut vraiment prédire comment va réagir notre chère Mémé avec son caractère bien trempé… Parce que Mémé on ne l’aime peut-être pas beaucoup mais on la respecte… Dans cette nouvelle, au delà de retrouver ces personnages, la longueur permet à Terry Pratchett d’étaler vraiment tout son style, ses descriptions toujours aussi loufoques, les dialogues avec Mémé (un grand moment à chaque fois…), les états d’âme de Nounou Ogg et de Esmé Ciredutemps. En somme, c’est un condensé suffisamment long pour pouvoir apprécier vraiment l’auteur. À quelqu’un qui voudrait le découvrir, cette nouvelle pourrait être un très bon début même si les sorcières ne sont pas les seules à être développées dans le Disque-Monde.

   « Le théâtre de la cruauté »  qui suit, n’est pas mal, elle reprend le Guet… Une sombre histoire de meurtre à résoudre avec toujours autant de bizarreries comme le fait qu’il y ait toujours un témoin pour un meurtre, c’était prévu dans le fonctionnement même de la cité d’Ankh-Morpork. Quand le caporal Carotte, le seul doté d’un peu de jugeotte, qui ne prend pas la victime pour l’auteur du crime, mène l’enquête, vous pouvez être sûr qu’il trouve la réponse à la question « Qui est l’auteur de ce crime ? » le souci, c’est qu’il faudrait pas que la réponse soit trop logique ou trop normale… Sinon ça ne colle pas avec Ankh-Morpork.

   La dernière « Drame de Troll », j’avais eu l’occasion de la lire, grâce à Lintje, celle-ci ayant été éditée seule par l’Atalante et offerte à ses lecteurs les plus assidus. Nous y rencontrons bien sûr, des trolls mais aussi le célèbre Cohen le Barbare avec son cheval qui parle (sa conscience d’une certaine façon…) Une petite nouvelle qui fait un clin d’œil aux nostalgiques, à ceux qui pensent que c’était mieux avant… Sûrement la moins drôle mais elle demeure sympa à lire.

   Un nouveau recueil à mettre dans mes lectures dans le cadre du challenge. J’ai pris plaisir à retrouver Terry Pratchett et cela me donne l’envie de poursuivre ma lecture du Disque-Monde… Quand j’aurai fini ce challenge et sûrement d’autres livres !!

Bonne lecture !

Ce recueil a été lu dans le cadre du challenge JLNN de Lune !

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