1879 – Les enquêtes du généalogiste – Dan Waddell

   Entre deux recueils, je prends le temps de lire un petit policier qu’une amie fan de psychopathe en tout genre, m’a offert. Une certitude avec elle, c’est que ça allait être une super enquête. Elle lit tellement de policiers et thriller de tellement d’auteurs différents que quand elle me dit « J’ai adoré » c’est que c’est génial… C’est elle qui m’a permis de lire les Millénium (que j’ai effectivement beaucoup aimé) puis qui m’a fait découvrir Franck Thilliez (un des meilleurs auteurs de thriller français) pour lequel j’ai beaucoup d’affection. En somme, Marie est toujours à l’origine d’une bonne découverte et celui-ci n’y échappe pas. Le point fort de ce livre ? Son originalité avec la présence d’un généalogiste auprès des services de police. La qualité de la plume de l’auteur qui nous déroule une enquête rondement menée. Je n’ai rien vu venir jusqu’à la fin. Il est vrai que je ne cherche pas spécialement à cogiter plus vite que les personnages mais en suivant l’enquête je n’ai pas réussi à en déduire plus que ce que les policiers découvrent. Et j’apprécie cela, chez moi c’est un gage de qualité : cela veut dire que l’auteur n’a pas écrit une histoire cousue de fil blanc. Essentiel quand il s’agit d’un policier !!

Un cadavre est découvert dans un cimetière de Londres, les mains amputées. Lors de l’autopsie, l’inspecteur Foster Grant parvient à déchiffrer une inscription sur le bras de la victime. Ce qui va l’amener à contacter Nigel Barnes, un généalogiste sur le retour. L’enquête de police va se dérouler en parallèle à une sombre histoire du XIXème siècle que Nigel va dévoiler… Une histoire qui va donner du fil à retordre à nos protagonistes.

   Tout d’abord, les personnages. Ils ne sont pas trop nombreux ce qui permet de ne pas se perdre au milieu des noms et de bien savoir qui est qui. L’inspecteur Foster Grant a un côté vieillot, il m’a fait pensé à certains inspecteurs de la télévision… Je ne sais pas pourquoi mais c’est typiquement l’image que je m’en suis faite. Gueule sympa, grand, imposant, le genre d’homme pas aisé à côtoyer mais largement respecté. Son caractère est particulièrement bien travaillé : c’est un homme bouleversé par la mort de son père, qui ne supporte pas de se voir supplanté au profit d’une autre équipe théoriquement plus compétente, profondément investi dans son travail. C’est un personnage principal susceptible de devenir récurrent car il est à la fois travaillé et facilement abordable. Bien qu’il soit entouré de deux équipiers, j’ai trouvé que les deux n’avaient pas la même importance. On trouve Heather Jenkins, inspectrice avec un tempérament lui permettant de tenir tête à son chef Grant. Sans être intrépide elle sait donner de sa personne. Il est indéniable qu’elle possède un côte « douceur » qui contraste et compense avec Foster Grant. Je me suis attachée plus à elle qu’à Foster, peut-être également parce qu’elle développe une relation privilégiée avec Nigel Barnes, le généalogiste, personnage pilier de l’histoire. En effet, ce dernier prend une place considérable dans le récit. L’histoire se partage entre l’enquête de police et ce que fait Nigel Barnes en parallèle. J’étais partie sur l’image caricaturale d’un « rat de bibliothèque » mais la description plutôt élogieuse que Heather en fait m’a fait revoir mon jugement quant à ce cher généalogiste. Maladroit dans ses relations avec les autres, il révèle une compétence énorme dans son domaine que l’auteur nous pousse presque à admirer. Perspicace, ingénieux, il nous balade à travers les registres d’état-civil de Londres à une vitesse folle. On a à peine le temps de comprendre son raisonnement qu’il est déjà passé à autre chose. L’auteur le veut douer et parvient à le rendre ainsi.

   Il y a des personnages secondaires qui gravitent autour de ces trois principaux. Plus ou moins importants, ils permettent à l’auteur de sortir un peu ses personnages de ce trio pour les mettre en relation avec d’autres de leurs pairs. En somme d’aérer un peu son récit en faisant des apports également extérieurs, ce qui donne une crédibilité à l’histoire. La police ne comporte pas qu’un seul inspecteur super héros mais bien des équipes. On trouvera, entre autre, l’inspecteur Drinkwater pour la police et pour Nigel ce cher Dave Duckworth que j’ai trouvé d’emblée antipathique ce qui semblait être la volonté de l’auteur.

   L’histoire est extrêmement bien ficelée. L’écriture fluide et facile à lire permet d’avancer vite dans le récit et ainsi de ne pas en perdre le fil. J’ai senti la frénésie arrivée dans le récit quand l’enquête prend un nouveau tour. Alors que le début est assez posé, mettant en place les personnages, l’auteur adopte un rythme plus soutenu quand il s’agit pour la police de passer à la vitesse supérieure. J’ai apprécié le fait que l’auteur laisse le temps à ses lecteurs de s’approprier les lieux, les personnages avant d’accélérer. Ainsi lorsque Nigel va de service en service il est plus facile de le suivre et de comprendre ce qu’il fait. Ce qui est agréable. Bien que la compréhension soit aisée, l’enquête n’en demeure pas moins extrêmement haletante. J’étais bien incapable de comprendre d’où venait ce tueur et ce malgré les incartades dans le passé que l’auteur fait régulièrement. On saisit le lien entre passé et présent mais sans réussir à voir où l’auteur veut nous emmener. C’est pour moi ce qui fait la qualité et le charme de cette histoire.

   Je suis très attachée à ce que les fins soient de qualité, à la hauteur de l’histoire. Or c’est le cas de celle-ci. La fin est soumise à un sacré suspens, l’auteur l’amène très bien. Elle est un peu… Dure, disons le. Âme sensible s’abstenir dirai-je ! Vu les lectures de ma fan de psychopathes, cela ne m’étonne guère. Mais disons-le, le lire m’a semblé plutôt douloureux, alors imaginez à vivre… Je ne peux pas en dire plus, je ne voudrai rien vous dévoiler qui pourrait gâcher la qualité de cette fin !!

   Voilà une nouvelle découverte dans le monde du roman policier. Une histoire de qualité, un auteur de qualité, agréable à lire. Ce n’est pas du haut niveau comme d’autres, mais je trouve que Dan Waddell est un bon auteur de roman policier. Son originalité est indéniable et la qualité de son récit également. Les codes classiques du policier sont respectés donc pour les amateurs du genre, pas de surprises, vous pouvez foncer, vous allez vous régaler !

Bonne lecture.

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