Le rêve du prunellier – Rozenn Illiano

   Voilà la chronique qui suit l’arrivée du cadeau reçu après avoir terminé le challenge de Lune ainsi que je vous l’annonçais il y a peu. Un recueil comprenant huit nouvelles toutes profondément ancrées dans le monde de la fantasy. Premier livre que je lis édité sous le format de l’auto-édition, je l’ai découvert au gré des balades chez Livrement et à nouveau lors du challenge de Lune. « Le Rêve du Prunellier » m’a fait passer un moment de lecture fort agréable. Comme dans beaucoup de recueil, toutes les nouvelles ne m’ont pas plu mais la majorité ont su m’emporter vers quelque chose de sympa. L’auteur possède un thème récurrent l’hiver, qui s’accompagne des ombres, de la nuit plus que du jour. Les flocons de neige sont comme un fil rouge pour Rozenn qui trouve toujours un moment du récit où les faire tomber. Certaines nouvelles totalement atypiques par rapport aux autres, offrent un effet de contraste plutôt agréable, qui casse les thèmes utilisés par l’auteur, qui peuvent apparaître pour certains comme redondants. La plume est légère, simple, les pages se tournent vite, le monde nous happe rapidement. Je déplore seulement l’absence totale de traduction des mots anglais. Alors autant certains ne le nécessitaient pas (Snow, Frost…) autant j’avoue que Blackthorn j’ai dû aller le chercher faute d’en faire un usage courant… Rozenn, tu devrais avoir pitié des piètres anglophones que nous pouvons être !!!! C’est vraiment un détail, on peut tous faire l’effort de regarder dans le dictionnaire… Même si au chaud, sous la couette, à lire une histoire où ça parle d’ombres et de neige, et bin on n’a pas forcément très très envie de chercher… Oui, oui un petit peu de fainéantise. Et un petit tour des nouvelles de ce recueil.

rêve prunellier

  • Un goût de pluie et de rouille : Errance d’une femme qui semble visiblement chercher quelqu’un.
    Simple et mélancolique, cette nouvelle tient sur quelques pages (8 pour être précise). Brièvement, l’auteur parvient à nous plonger dans l’esprit d’une jeune femme à un époque qui semble lointaine mais dont le thème oscille entre errance et voyage. Cette nouvelle m’a semblé être comme un aperçu du voyage qu’aller être la suite du recueil. Une invitation à découvrir le style de l’auteur. C’est un simple aperçu, une mise en bouche que j’ai savouré d’une traite.
  • Dies Irae : Gerda ne parvient pas à garder près d’elle son ami Kay. Un jour il ne rentre pas et elle comprend qu’elle doit retourner dans le froid et la neige pour aller le chercher.
    Rozenn nous indique que cette nouvelle est inspirée de l’œuvre de Hans Christian Andersen, célèbre pour ses contes. De ce que je connaissais de ce dernier, rien ne ressemblait. J’ai donc été faire un tour sur la liste des œuvres de cet auteur, pour découvrir que c’est ni plus ni moins un conte dont le titre a été utilisé par Disney pour son dernier film d’animation… Oui, je parle bien de « La Reine des neiges ». Je n’ai pas eu à chercher longtemps parmi la liste, au vu des thèmes de prédilection de l’auteur du recueil, mon choix s’est vite porté vers ce conte que je ne connaissais pas. Et effectivement, nous y retrouvons Gerda et Kay. Le monde est différent sans aucun doute, mais il semble que nous retrouvions les principaux éléments du conte. Cette histoire m’a glacé jusqu’aux os tant par le froid mordant qui est décrit que par ce que ressent notre pauvre Gerda. La neige, la glace n’est que la métaphore de ce qu’un cœur humain peut être pour un autre.
  • La forêt d’Adria : un célèbre explorateur, Maître Cornelius, qui occupe la fin de sa vie en allant farfouiller dans des bibliothèques pour rédiger les livres qui lui tiennent à cœur, découvre une carte. Une carte qui parle de la célèbre forêt d’Adria qu’il a tant cherché avec sa défunte épouse Ysabeth. Sans traîner, il va partir à la recherche de la forêt.
    Nous quittons la neige et le froid pour arriver dans une forêt luxuriante. L’imagination de l’auteur s’en donne à cœur joie, nous décrivant toutes sortes de créatures étranges et magiques à la fois. J’ai apprécié découvrir l’étendue des idées fantastiques qui pouvaient surgir de l’esprit de cet auteur. Nul doute que les nymphes et les fées jouissent de descriptions rarement aussi belles. J’ai aimé l’idée de communion avec la nature et les êtres. Cornelius est excessivement attachant lorsqu’on le suit à travers cette forêt, pleine de mystère. Elle renferme ni plus, ni moins qu’Obéron et Titania que je vous laisse le soin de découvrir…
  • D’hiver et d’ombres : Nolwenn disparaît sans laisser de trace. Quand ses voisins s’inquiètent et entrent dans son appartement, le givre recouvre tout. Sur son lit gît son journal qui nous apprend ce qui est arrivé à la jeune femme.
    Une nouvelle assez longue, dans laquelle l’auteur prend le temps de mettre en place plusieurs personnages. C’est d’ailleurs ce qui la rend si prenante. Elle y développe une histoire assez longue et complexe. Elle prend le temps de la dérouler pour nous permettre de comprendre au même rythme que Nolween qui n’y connaît rien. J’ai bien aimé l’ensemble qui est à la fois triste et plein d’espoir. Un bel équilibre en somme. Et je note le clin d’œil fait au chat que possède l’auteur !
  • Poe : un vieillard va tous les ans à la même date, le 19 janvier, sur la tombe du célèbre auteur, Edgar Allan Poe, pour y déposer trois roses rouges et une bouteille de Cognac entamée (à ceux qui connaissent les grandes maisons de Cognac, celle-ci est précisé, il s’agit de Martell). Mais il vieillit et sent sa fin arriver…
    Un rituel incongru qui suscite l’intérêt de bien des badauds. Ces inconnus viennent le soir au cimetière, témoin de ce rituel qui dure depuis des décennies. Mais en silence, ils respectent le vieillard, ne l’approchent pas, se contentent seulement de regarder de loin ce qu’il fait. J’ai adoré cette histoire. Elle est à la fois un contraste avec les autres de par l’absence d’un monde fantastique omniprésent et en même temps on retrouve le froid de l’hiver et les corneilles. L’histoire est beaucoup moins compliquée que dans la précédente mais j’ai été totalement happée. Je ne saurai dire ce qui m’a tant enthousiasmé dans cette lecture mais je garde un intense souvenir de cette histoire. Est-ce le rituel de l’homme plein de respect pour l’auteur ? L’initiation de son fils ? Son amour de livres ? Le fait que ce rituel par un inconnu a bien existé ? Rien de tout cela précisément et tout en même temps je crois bien.

Toutefois je précise qu’après avoir regardé le début de la série Following, je me méfie des amateurs de Poe…

  • Funambule : elle tire sa corde entre deux buildings et marche dessus, témoin invisible de la société…
    Notre société vue d’en haut avec son lot de suicide. De loin la plus macabre, je n’ai pas trop accroché à ce récit. J’y ai vu une certaine dénonciation de notre société qui ne voit guère le mal qu’elle engendre mais c’est une interprétation hasardeuse sur un texte qui ne m’a guère emballé…
  • Blackthorn : L’histoire de Stygian, une ombre.
    A mettre directement en relation avec la nouvelle D’hiver et d’ombres puisque celle-ci nous en dit un peu plus sur les ombres et surtout leur intérêt. Parce que si la première nous permet de comprendre le rôle que ces dernières jouent, elle ne nous explique par pourquoi elles le font. A cette interrogation, celle-ci y répond pleinement. Ayant aimé la première, j’ai apprécié cette seconde lecture qui a trait au même univers, et qui m’a permis de mieux le comprendre.
  • Layla des tours : « Je regarde la Ville. Sombre, toujours sombre. La Ville, plongée dans l’ombre, constamment, comme si elle n’avait jamais vu la lumière. Froid, noir. Toujours. Et les hautes tours de verre et d’acier. »
    Quoique sombre et torturée, j’ai plutôt bien aimé. Elle est en lien avec la précédente et avec D’hiver et d’ombres, d’une certaine manière. Je ne m’en suis absolument pas doutée jusqu’à à aborder les dernières phrases. Bien menée, elle reste un peu dérangeante notamment par rapport à l’attitude de Layla. Surtout que ce prénom a un écho particulier pour moi, ce qui n’a sûrement fait que renforcer mon mal-être à l’égard du personnage.

Un recueil dans l’ensemble plutôt homogène, avec de réelles belles surprises et au final peu de déceptions. Je remercie encore une fois Lune pour m’avoir permis cette découverte très sympa que je conseille vivement aux amateurs du genre. Les illustrations de l’auteur à la fin sont tout simplement très belles ! J’admire le talent de cette autodidacte. Et je lui souhaite une bonne continuation.

Bonne lecture !

Rozenn possède son site internet que je vous invite à découvrir.

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Une réflexion sur “Le rêve du prunellier – Rozenn Illiano

  1. Lune 13 février 2014 / 11 h 49 min

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