Nos étoiles contraires – John Green

   Il y a des livres jeunesses qui s’avèrent être de véritables pépites. On pense souvent à Harry Potter qui a percé dans le domaine fantastique-jeunesse dans une période creuse, se révélant être un véritable vecteur de lecture pour les ados en mal de magie. Mais aussi pour les adultes et pour les plus jeunes à qui on pouvait raconter les histoires de Harry. Nos étoiles contraires c’est un peu ça : une forme de magie littéraire. On le lit, on le dévore, on s’en imprègne, on s’en délecte. Malgré lui, l’auteur appose sur nous la marque de son écriture. Il nous laisse empreint de son récit et ce bien après qu’on ait terminé le livre. Ce livre a rencontré un immense succès que je ne peux que comprendre et auquel j’adhère. Il mérite d’être lu, ne serait-ce que pour montrer qu’on peut parler d’un sujet grave sans aucune tristesse, que la mort peut côtoyer la vie et l’amour dans une histoire dont la crédibilité est telle qu’on imagine croiser les protagonistes de l’histoire au coin de la rue. Je vais vous en parler, mais très franchement, le meilleur commentaire que je puisse en faire, la meilleure chose que j’ai à dire : lisez-le.

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   Hazel Grace Lancaster est une adolescente de 17 ans vivant à Indiannapolis. La particularité d’Hazel c’est qu’elle est atteinte d’un cancer en phase terminal depuis l’âge de 13 ans. C’est une survivante qui a parfaitement conscience de sa situation. Sur l’insistance de sa mère, Hazel accepte de se rendre à un groupe de soutien pour personnes atteintes de cancer où elle fera la rencontre d’Augustus Waters. Officiellement en rémission complète, Augustus et Hazel vont se découvrir, apprendre à se connaître et à aimer.

   Le livre ne tombe jamais dans le mélodramatique, ni dans le pathos. Ce n’est jamais larmoyant ni pathétique grâce à un humour décapant et omniprésent qui allège les propos sans pour autant leur retirer leur gravité. C’est un livre fort qui met en scène des personnages à la vie difficile mais sans jamais rendre la lecture difficile… La plume n’est pas légère pour autant. L’auteur parle de la mort qui est omniprésente. Mais comme Hazel, dès le début du livre, c’est une évidence à laquelle vous vous faites, quelque chose d’acquis : Hazel va mourir plus jeune que la moyenne des américaine. Mais Hazel a tout de même une vie et c’est bien ce qu’elle revendique à travers l’histoire : elle n’est pas son cancer, elle est avant tout une jeune femme.

   J’ai apprécié la maturité des personnages et leur psychologie face à la maladie mais également face à la vie tout simplement. Gus, Hazel, Isaac, trois personnages principaux, tous atteint d’un cancer. John Green ne choisit pas des personnages évidents à maîtriser. Et pourtant il tire d’eux un excellent roman, poignant, fort et finalement… Plein de vie. Leur lucidité – souvent empreinte d’humour – est leur meilleur remède face à une maladie qui peut parfois ne pas connaître de récession et vous conduire jusqu’à la mort.

   Car c’est bien ce qui vous reste à la fin de votre lecture. Au delà d’avoir terriblement envie de visiter Amsterdam (c’est prévu avec ma sœur à qui j’ai offert le livre…), il reste en vous l’incroyable énergie qui émane de ce livre. C’est le genre de lecture qui vous fait pleurer en souriant. L’auteur sait faire preuve de beaucoup de sensibilité sans misérabilisme. Il est noté sur la couverture un commentaire d’Entertainment Weekly disant : « Drôle, poignant, lumineux. » C’est cela : cette histoire vous illumine d’un rayon de vie.

   L’écriture de John Green est aisée, fluide, elle distille l’histoire sans complications, et on le suit comme on suivrait le cours d’une rivière tranquille. Les pages se tournent aussi rapidement que les minutes s’égrènent. Rapidement il est fini, charriant sur son passage tout un flot d’émotions.

   De par sa maturité, son intelligence, ce roman est un très bon roman ado que je mettrai volontiers entre des mains adultes sans hésiter. Quant aux plus jeunes, même si Harry, Katniss, Edward & Bella et les autres ont permis à la fantasy, au fantastique et à la science-fiction d’avoir de beaux jours devant eux, ne délaissez pas les romans tout simples mais plein de force comme Nos étoiles contraires ils en valent la peine.

Bonne lecture !

Quelques petits passages pour vous mettre en appétit :

« Isaac et moi communiquions par soupirs interposés. Chaque fois que quelqu’un parlait de régime anticancéreux ou de sniffer de l’aileron de requin en poudre ou de je ne sais quel remède miracle, il se tournait vers moi et laissait échapper un microscopique soupi. Et je lui répondais de la même façon, en secouant la tête en même temps. »

« Et puis elle fait preuve d’une honnêteté rarissime à propos de ce qu’elle vit : tout au long du livre, elle se désigne elle-même comme un « effet secondaire », ce qui est archi-juste. Après tout, les jeunes atteins d’un cancer sont les effets secondaires des mutations incessantes qui permettent la diversité de la vie sur terre. »

« Abraham Maslow, permettez que je vous présente Augustus Waters, dont la curiosité existencielle éclipse celle de ses petits camarades bien nourris, couverts d’amour et en bonne santé. Alors que la plupart des hommes conitnuaient de mener leur vie consacrée à une consommation obscène sans se poser une seule question, Augustus Waters, lui, étudiait la collection du Rijksmuseum à distance. »

P.S : Le livre fait l’objet d’une adaptation cinématographique dont la sortie est prévue en France le 20 août 2014. Pour les jours de pluie en été… Oui, oui, je pense à des jours comme aujourd’hui où il fait un temps pourri !!!!

Vous pourrez aussi en lire une critique chez AcrÖ et Olya.

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7 réflexions sur “Nos étoiles contraires – John Green

  1. Léa la Magnifique 10 août 2014 / 22 h 54 min

    Coucou !
    Hé oui, comme promis je suis venue lire ton article ! Finalement, tu as choisis de supers citations, elles m’ont redonné envie de dévorer le livre (ce qui c’est déjà fait deux fois..). Je vais parler de ton blog et du livre par la même occasion à quelques personnes autour de moi, car comme toi je pense qu’il vaut le coup d’être lu ! Arrête de parler de Amesterdam, haha, j’y pense déjà les trois-quart du temps en ce moment (à rêvasser comme je le fais si bien) c: je suis super heureuse que tu m’ais fait découvrir ce livre, car je suis généralement centrée sur du fantastique, et je snob pas mal des autres livres (une erreur, je l’admet, mais Harry Potter, Night School, Hunger Games, Twilight, Jurassic Park et Fablehaven sont profondément ancrés en moi haha). Dorénavant, je vais m’intéresser on ne peut plus à John Green, et essayer de dégoter ses autres livres (notamment Qui es-tu Alaska ?, qui, à ce qui paraît, est un bon livre).
    Enfin bref !
    Merci encore de m’avoir permis de découvrir ce livre, il est très beau, poignant et drôle, il m’a fait relativiser et réfléchir.
    Je t’aime fort.

    • Maêlle 10 août 2014 / 22 h 58 min

      Merci ma chérie, je suis super contente qu’il t’ait plu. Et ça sert à ça une grande sœur : à te faire découvrir autre chose que ce que tu lis tout le temps 🙂
      Pour Amsterdam, ça va s’organiser et on va se la faire cette petite virée !! Une photo sur LE banc d’Hazel et Gus s’impose !!! 😀
      Je t’aime fort tite sœur.

      • Léa la Magnifique 10 août 2014 / 23 h 01 min

        Oui tu es une grande sœur formidable (et aussi intelligente qu’Hermione Granger aussi 😮 dat combo!)
        Oui cette photo s’impose, et elle restera à jamais dans la famille G,.
        Je t’aime très fort, gros bisous !

  2. Acr0 26 août 2014 / 16 h 41 min

    C’est le livre que j’ai le plus prêté 😉 Peut-être parce que la thématique est universelle et que les sentiments, aussi. Comment vive sans « être » sa maladie ? Bien que je n’aie pas eu un coup de cœur, je comprends l’engouement général.
    J’ai vu l’adaptation cinématographique que je trouve réussie – bien qu’il manque un peu de profondeur. Et il m’a tiré une larmichette (enfin, plusieurs !)

    • Maêlle 26 août 2014 / 20 h 56 min

      Ça ne m’étonne pas que tu l’aies tant prêté ! C’est en effet une histoire à la fois universelle (une histoire d’amour) et en même temps atypique de par les maladies dont ils sont atteints qui les condamnent à une vie différente et souvent écourtée. J’ai trouvé que cela donnait plus d’intensité encore aux sentiments exprimés.
      J’ai vu aussi le film, je l’ai beaucoup aimé, j’ai trouvé le jeu d’acteurs très bien. Il faut être un vrai cœur de pierre pour ne pas verser une petite larmichette (bon plusieurs je comprends aussi !!!) 🙂

      • Acr0 26 août 2014 / 21 h 45 min

        Sans doute que les larmichettes étaient déjà prêtes à sortir car nous savions ce qui allait se passer…

      • Maêlle 4 septembre 2014 / 21 h 05 min

        Sans doute… Quoique prévenues, nous aurions dû anticiper pour mieux retenir nos larmes…

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