Fifty Shades – 50 nuances de Grey – El James

   Suite à quelques événements professionnels, j’ai été totalement déconnectée de la réalité et de mon blog. Donc c’est avec retard que je vais vous parler de plusieurs de mes lectures…

   Parmi les récentes lectures, 50 nuances de Grey, le premier tome de la trilogie Fifty Shades de El James. De prime abord, je n’étais pas du tout attirée par ces livres. L’histoire me semblait aussi banale que bancale, sans grand intérêt. Mais je suis curieuse… Terriblement curieuse. Alors quand une amie me dit que « si il y a quand même du fond » à cette histoire, que la psychologie des personnages est intéressante, je commence à m’y intéresser. Il fait parti des livres les plus vendus au monde. Quand même. Comment ne pas être curieuse quand on vous met le livre entre les mains et que vous comprenez vite que ça sera une lecture rapide. Allez, je me lance, lecture du tome un. Verdict dans les lignes qui suivent…

50

Anastasia Steele remplace sa meilleure amie, Kate, lors d’une interview du célèbre PDG Christian Grey pour le journal des étudiants de l’université où elle suit ses cours. Christian Grey est un généreux donateur de cette université. Il est beau, riche et célibataire. Mais derrière cette façade se cache un homme déterminé, profondément attiré par la jeune Anastasia qui se voit comme maladroite, moche et empotée. Va commencer à se nouer entre eux, une relation très particulière…

   Difficile de savoir ce que je peux révéler ou non pour ne pas gâcher la lecture de ceux qui seraient tentés. Parlons-en de manière classique.

   D’abord les personnages. Vous l’aurez compris, toute l’histoire tourne autour de deux personnages principaux : Anastasia et Christian. Tout le livre est écrit à la première personne, vous êtes dans la peau d’Anastasia. Elle vous dévoile toutes ses pensées, intimes, spirituelles, charnelles… Jeune femme de 21 ans, Anastasia est totalement naïve dans le sens dans lequel on l’entend pour dire d’une personne qu’elle est « crédule, d’une candeur excessive ». Ce terme était utilisé pour parler des femmes qui ne connaissaient rien au sexe et c’est exactement dans ce sens que j’entends l’user dans ma chronique. Anastasia ne possède aucune connaissance en ce domaine.
Intelligente par ailleurs, pertinente, on s’attache à elle au fil des pages. Mais il est clair qu’elle se retrouve face à un homme qui est son exact opposé en ce domaine. Déroutant, charmeur, fuyant et séducteur, Christian Grey est un homme plein de paradoxes, de contradictions violentes liées à son caractère entier et emporté. Maître de lui, plein de confiance, il est maître en son royaume du sexe, là où Anastasia ne possède aucune arme. Tous les deux se retrouvent à jouer un numéro psychologiquement compliqué mais qui effectivement rend l’histoire intéressante. En effet, Anastasia compense son manque de connaissances sexuelles par une observation précise de l’homme en question et en faisant preuve de psychologie. Christian est un dominateur, Anastasia ne peut être une soumise. De cette impossibilité va naître des complications inattendues et intéressantes. Christian Grey est sans aucun doute un personnage complexe. Il veut d’elle à sa guise mais en imposant des limites étranges. Il est possessif d’une façon presque inquiétante.

   De là va naître une relation aussi particulière que peuvent être les deux personnages. C’est une relation addictive, basée sur la dépendance à l’autre. C’est une tornade passionnelle qui emmène sur son passage nos deux protagonistes vers un monde compliqué dans lequel amour, sexe et dépendance font un cocktail aussi puissant que violent. Elle refuse de voir ce qui la lie à Christian et pourtant au fil des pages on sent monter en épingle cette relation irrationnelle, déraisonnable mais ô combien agréable pour ceux qui la vivent. La passion amoureuse est teintée d’une fièvre sexuelle loin d’être aussi osée qu’ont pu le prétendre certain(e)s lecteurs/lectrices. El James ne fait pas l’impasse sur le sexe, un des ciments de cette relation et surtout un des terrains sur lequel se joue cet aspect psychologique. Elle raconte sans pour autant être obscène loin de là. Fifty Shades est un roman légèrement érotique, tout simplement. Le fait qu’il y ait quelques pratiques « sado-masochistes » ne rend pas les choses « pires » ou « plus osées ».
   A travers ses personnages, El James pose des questions qui dérangent : jusqu’où peut-on aller par amour ? Qu’est-ce qu’on peut être prête à faire pour plaire à celui qui trouve grâce à nos yeux ? Anastasia devient dépendante, pas uniquement de l’homme, mais aussi de tout ce qui lui apporte : un regard flatteur, un désir certain. Il s’intéresse à elle, la met en valeur et cela la rend d’autant plus attachée à cet homme. Chaque SMS, chaque mails est attendu avec une impatience terrible. Chaque silence est source d’inquiétude et d’interprétation. Parce qu’elle pense ne pas le mériter. On pourrait penser à la passion des débuts mais j’ai trouvé que leur relation augurait plutôt un amour passionnel et violent entre eux. Ils s’aiment au point de s’adonner à l’autre dans sa totalité.

   Pour ce qui est de l’histoire en tant que telle… Oui, c’est là que ça coince quelque peu pour moi. J’ai un souci avec la crédibilité d’Anastasia sur certains points. Une crédibilité qui ne va arriver qu’en fin de livre. Pour une femme qui n’a jamais eu de rapports sexuels, qui a tout au plus embrasser deux hommes sur les lèvres, il me semble surprenant de la voir accepter une relation dominant-dominée de type sado-masochiste en guise de première expérience… Même si les « mots d’alerte » existent, quand vous ne savez même pas ce qu’est un orgasme comment savoir ce que vous allez aimer ou ne pas aimer sexuellement ? Cela m’a paru incongru et improbable, d’autant plus que Christian Grey aborde leur relation sous cet angle, il ne cache pas ses préférences. Naïve mais très vite douée, elle jouit presque sur commande. Ah non, pardon, Mister Grey est un dieu du sexe, capable de faire jouir n’importe quelle femme dès le premier rapport… Tant mieux ai-je envie de dire, j’admire ses talents sur une jeune femme vierge… Anastasia se découvre à vitesse grand V, cela va très vite très loin je trouve.
   J’ai donc trouvé ce pan de l’histoire source d’incrédibilité, vraiment « pas croyable« . L’évolution des personnages au fil de ce premier tome permet de replacer leur relation dans un ensemble plus cohérent et j’avoue que cela est bénéfique à l’ouvrage. Le dernier quart du livre devient plus vraisemblable et plus logique.

   Fifty Shades a souffert de bien des critiques, comme tous les livres à succès. J’ai entendu dire que c’était un ectoplasme littéraire et que la plume était mauvaise. Cela me paraît excessif. On peut ne pas aimer que la psychologie entre les personnages qui sous-tend tout le livre, soit basé, entre autre, sur le sexe. Mais on ne peut pas dire qu’elle n’existe pas. Quant à la plume, elle n’est pas mauvaise (la traduction de Twilight est un bien pire massacre) mais n’est pas exceptionnelle non plus. Ce qui a concouru au succès de ces livres, c’est l’originalité de l’histoire par rapport à ce qui se faisait à ce moment-la, le côté osé et puis disons le, le côté fantasmé. N’importe quelle femme risquerait fortement d’être très attirée par un homme comme Christian Grey ! Ce n’est certes pas un chef d’œuvre, mais je ne vois pas de raison de le décrier à ce point.

   Intriguée par la suite que l’auteur va donner à son œuvre, j’ai décidé de poursuivre la lecture en empruntant les tomes suivants… Dont je vous parlerai sans faute ! Si vous n’avez pas envie de lire le livre, vous pourrez toujours emmener votre moitié le voir au cinéma, puisque l’adaptation est en cours, sortie prévue pour février 2015.

Bonne lecture !

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