In the name of… de Will ARGUNAS

   C’est dans un petit festival de BD en province que j’ai dégoté cette bande-dessinée dont le point fort se résume en un mot : l’originalité.

in the name of

  Originalité de l’histoire créée et dessinée par Will Argunas, un scénario extrêmement réaliste, très bien ficelé, dévoilant l’intrigue dans les dernières pages.

   Originalité du dessin. Ne vous laissez pas abuser par le nom et le prénom de l’auteur qui possèdent une petite connotation anglo-saxonne. Il n’en est rien, l’auteur et dessinateur est bien français. J’ai eu l’occasion de discuter avec lui et ce fut extrêmement intéressant. Tout autant que de le voir dessiner de ce trait énergique proche du comics.

Dédicace
Ma dédicace, pas très aimable, non ?

   Il convient de se replacer quelques années en arrière pour comprendre l’histoire que je vais vous résumer en quelques lignes. Le livre a été édité en 2012. Le pape François Ier n’a pas encore été élu, c’est toujours Benoît XVI à la tête de l’église catholique. Et l’auteur nous projette… En 2015. Alors évidemment ça fait un peu un exercice de style mais qui n’empêche en rien la compréhension de l’histoire. C’est tout le problème d’un livre d’anticipation sur aussi peu d’années et découvert l’année où l’histoire est sensée se produire. Mais j’insiste sur le fait que cela ne gâche rien.

   Succède à Benoît XVI le pape Nelson Ier, premier pape noir qui vient en visite aux USA, pays présidé par Barack Obama, premier président noir de l’histoire américaine. 16000 personnes réunies dans un stade qui devient une cathédrale éphémère pour accueillir des croyants venus de tous le pays. Alors même qu’il commence la cérémonie, trois armes visent le pape… Le toucheront-elles ? Et pourquoi ?

   Ces quelques mots ont suffi à faire naître l’envie de lire cette bande-dessinée. L’idée m’a totalement conquise ! Vous allez me dire que ça n’est pas nouveau, Jean-Paul II ayant été lui-même victime d’un attentat par balles. Ce qui est nouveau, ce n’est pas tant l’idée que la façon magistrale avec laquelle l’auteur la traite. L’idée n’est pas tant de savoir si les tireurs vont atteindre leur cible mais plutôt de savoir pourquoi ils presseront la détente.

   Aujourd’hui, avec les attentats et exactions subis par différents peuples à travers le monde, un tel événement nous « étonnerait » peut-être moins. Pourtant j’ai mis du temps à comprendre où voulez en venir l’auteur… Ce n’est que vers la fin, à un moment précis du récit, que j’ai commencé à imaginer ce qui allait découler. Je suis tombée juste mais j’ai trouvé très agréable de le découvrir par moi-même. Cela donne la sensation d’avoir participé à l’enquête racontée tout du long et menée de main de maître. Cette bande-dessinée mérite son classement en polar. L’auteur manie aussi bien l’art du suspense que de la révélation. Un régal pour les amateurs du genre.

   Sans compter qu’il s’appuie sur des personnages bien campés. Caractères affirmés, difficultés de maîtrise de soi, faiblesses, tout y passe pour les rendre le plus humain possible. Là encore, c’est une réussite à tout point de vue. Que ça soit l’agent Jackson (où on jurerait retrouver les traits de l’acteur Laurence Fishburne) ou l’agent Forge ils forment ensemble un duo pertinent, qui sonne juste dans les répliques. On sent que l’auteur a la maîtrise de ses personnages qu’il a forgés et travaillés. Les personnages secondaires qui gravitent autour de ces deux-là sont du même acabit et apportent tous à l’histoire un élément essentiel. Les relations entre eux sont telles des mécaniques parfaitement huilées. Will Argunas réussit à dérouler son histoire tout en maintenant des personnages d’envergures. Cela ne fait que rendre la lecture d’autant plus agréable.

DSCN1228
Page 42

   Je terminerai sur le coup de crayon… Presque nerveux, un poil agressif il est compensé par une mise en couleur très douce. Ici le trait sert à accentuer les ombres, les effets sur la peau, les vêtements des différents personnages. Il est un élément maître qui est relevé par quelques touches de couleur. Le rouge, la principale couleur reprise par l’auteur, apparaît ainsi presque violente, à peine atténuée par la couleur sépia qu’use l’artiste pour agrémenter ses dessins. C’est une BD entièrement bichrome mais qui m’a immédiatement happé. Le dessin, qui peut paraître un peu particulier de prime abord, m’a fait penser aux dessins de certains comics, d’où ma comparaison du début. L’intérêt que l’auteur porte aux Etats-Unis se révèle également dans sa technique de dessin. J’ai trouvé cette façon de dessiner en adéquation avec l’histoire contée. Cela donne une véritable sensation de « vie » dans les dessins dont découle une impression de perpétuel mouvement.

DSCN1230
Page 43

   C’est donc une belle découverte où le dessin rejoint l’histoire, l’un et l’autre se complétant parfaitement et nous offrant une bande-dessinée extrêmement agréable à lire. Que je ne peux que vous inviter à lire vous-même, cher lecteur ! Avant de vous précipiter dessus, vous pourrez aller faire un tour sur le blog de l’auteur.

Bonne lecture !

Publicités

Une réflexion sur “In the name of… de Will ARGUNAS

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s