Les anges visiteurs – Tome 1 – Eva de Barboni & Murzeau

   J’ai déjà eu l’occasion de profiter pleinement du dessin d’Emmanuel Murzeau en découvrant sa série Les Aphrodites (dont je n’ai commenté que le tome 1 mais promis, je ferai les autres). Après plusieurs rencontres (et dédicaces !!) il a eu l’occasion de me parler de son projet en cours avec Thilde Barboni, j’ai nommé Les anges visiteurs. J’ai donc attendu de pied ferme la sortie du tome 1, ayant prévu que mon libraire bédé favori soit en possession du Graal le jour dit, soit le 29 avril 2015. J’imagine que l’attente fut aussi longue pour les deux zouaves derrière le livre que pour tous ceux et toutes celles qui l’attendait. Une BD qui nous parle d’humanité, de chaînon manquant, de découverte incroyable… De quoi donner envie de lire !

   Edité via la plateforme Sandawe, c’est un sacré pari qu’ils ont fait ! En effet, cela leur a demandé beaucoup d’énergie (enfin soyons honnêtes, sur ce point, les hommages reviennent à madame, pendant que monsieur dessine !) pour mobiliser les fonds nécessaires et faire connaître leur projet. Quand j’ai vu l’expression de mon libraire en voyant l’édition, j’ai vite compris qu’ils ne faisaient pas partis de ceux qui connaissent cette plateforme. Et c’est bien dommage car elle pourrait receler de petits trésors qui mériteraient d’être connus et promus. Bref, revenons à la pépite qui nous intéresse et dont je vais vous parler : Les anges visiteurs, Tome 1, Eva.

les anges visiteurs

   La quatrième de couverture rédigée telle qu’elle l’est ne vous apprendra pas grand-chose sur le contenu de l’histoire. Elle est du genre à chercher à attiser la curiosité, à vous taper dans l’œil pour vous faire ouvrir ce livre et vous happer. Je n’en ai pas eu besoin pour ma part ! Mais je pense qu’elle fait son petit effet. Une remarque préliminaire qu’on peut vite évacuer : j’aime beaucoup le dessin de la page de couverture (je crains ne pas être très objective avec le dessinateur…) mais j’ai du mal avec le fond qui donne un côte intergalactique un chouïa kitsch. Bon, on s’en fiche, le dessin prenant les deux tiers de la page, on ne s’attarde pas sur ce détail. Mais au moins, je serai complète sur ma chronique.

   J’ai très vite été emportée par l’histoire qui démarre sur les chapeaux de roues. Après une visite dans un complexe militaire qu’on imagine aussi secret que sophistiqué, on poursuit dans le désert aride près de la faille de San Andreas pour une séance de spéléologie mémorable. Les premières pages posent une histoire qui nous promet plein de mystères, de secrets et de découvertes fondamentales pour l’humanité entière. Tous ce qu’il fallait pour que je me précipite à lire la suite. Je vais poursuivre en dissociant le dessin de l’histoire.

   Et je vais commencer par l’histoire. J’ai poursuivi ma lecture, me concentrant sur les explications précises et intéressantes de notre paléo-généticien François qui guide notre jeune amie Kristina, la fille d’une chercheuse réputée que le premier côtoie régulièrement. Jusque là, rien de compliqué. En parallèle, l’auteur déroule l’action qui se passe dans le fameux centre militaire. En somme, deux histoires parallèles qui vont se rejoindre sur la fin. Je n’ai strictement rien à redire sur tout le côté militaire du déroulé. C’est plus sur les aventures de nos deux aventuriers chercheurs que j’ai un peu tiqué.

François

   Quand ils font « la » découverte (je n’en dirai pas plus, c’est le cœur même de l’histoire), je m’attendais à plus de scepticisme, d’étonnement, de stupéfaction, d’interrogations. Après tout, François nous dit dès le début qu’il n’a reçu qu’un très bref courrier de la part d’Aline. Rien qui ne lui indique la raison pour laquelle elle le sollicite. Et pourtant, ce même François, face à cette découverte totalement inconnue et incroyable va se montrer, à mon sens, d’un immense flegme, de beaucoup de sang-froid, d’un pragmatisme étonnant mais surtout… Il va apporter un tas d’explications sans même savoir ce qu’il a sous les yeux. Et là, ça casse un peu le rythme de l’histoire. Je me suis retrouvée face à un personnage qui ignore ce qu’il a sous les yeux mais qui est capable de tirer des conclusions sur ce que c’est. Et malheureusement, il n’utilise pas le conditionnel ou des formulations du type « on dirait que« , « je pense que« , « on pourrait imaginer que » mais bien des phrases affirmatives qui n’appellent aucun doute de sa part. Ce qui m’a paru incohérent. Alors, heureusement, il y a bien un « Il ne faut pas conclure trop vite. » que j’ai accueilli avec joie.

   Cela m’a donné l’impression d’une volonté d’en mettre beaucoup en très peu de cases. De vouloir donner toutes les explications sans prendre le temps de le faire. Ça m’a laissé une sensation de « gavage » et au final d’étrangeté. Comment cet homme pouvait savoir tout cela, sans même savoir ce qu’il allait trouver ? Ça m’a paru insensé. Et c’est dommage car j’ai traîné cette sensation durant quelques pages, le temps qu’une autre action se dessine. Au final ça m’a perturbé dans ma lecture et ça m’a tracassé tout du long. Pour autant ça ne porte pas préjudice au reste de l’histoire qui se déroule avec fluidité. Peut-être cette dernière aurait-elle mérité plus de pages ou un tome de plus (deux sont prévus) pour laisser à la scénariste le loisir de bien développer son propos et sa théorie dans son entier sans se précipiter comme elle le fait.

   Hormis ce passage avec ce petit désagrément, j’ai terminé l’histoire sur une véritable envie de connaître la suite. Cela n’a altéré mon plaisir de lecture qu’un court moment. De plus, l’idée de faire intervenir des personnages prônant l’information à tout prix a fait écho en moi aux journalistes et autres Snowden qu’on appelle aujourd’hui des « lanceurs d’alerte ». Et puis il y a le dessin qui compense les quelques failles.

   Je connaissais déjà le trait de crayon d’Emmanuel Murzeau qui a un style que j’apprécie beaucoup. J’ai pu voir son talent en couleur cette fois-ci et je dois dire qu’il s’en sort très bien. Les visages sont réussis, porteurs d’expressions humaines avec une véracité qui frappe le lecteur. Le trait reste doux, presque délicat, comme la mise en couleur. Cette bande-dessinée a un côté très artistique, loin d’un dessin simpliste. C’est un dessin travaillé, plein de maturité. J’ai particulièrement aimé les traits de François, ce visage doux, posé, serein qui correspond si bien au caractère dont il fait preuve tout au long de l’histoire. Usant de cadres parfois larges, d’autres fois de petites cases s’attardant sur les regards, le dessinateur alterne et s’adapte au gré des événements avec une grande fluidité qui permet à l’histoire de se dérouler aussi aisément. Le dessin colle vraiment bien à l’histoire, ne fait qu’un avec elle, pour lui donner sur ce plan la, une parfaite concordance très agréable à lire.

Kristina  

   Je suis donc dans l’attente du tome 2 notamment pour voir comment la suite de l’histoire va être amenée, en espérant que la scénariste préserve mieux la cohérence de son récit pour la suite et que le dessinateur continue de nous régaler avec ses dessins magnifiques !

Bonne lecture !

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