Jim Hawkins – Tome 1 – Le Testament de Flint

   Il y a des œuvres qui ont un écho en nous chargé de nostalgie. Il en est ainsi pour moi de L’île au trésor de Robert Louis Stevenson. Enfant, mes parents me lisaient des histoires. Même quand j’étais en âge de lire seule, j’appréciais, le soir venu, ce moment où s’élevait la voix du conteur dans l’univers qu’était ma chambre. Se faire conter une histoire est un doux moment plein de tendresse. C’est par la voix de mon père que surgirent dans ma chambre les redoutables pirates de L’île au trésor, livre ô combien classique. Épées, couteaux, sabres s’entrechoquaient avec fracas dans mon esprit fertile d’enfant en quête d’aventures. Je les voyais grimper dans les haubans, le long des mâts, je sentais l’odeur de la poudre à canon. Je garde donc un souvenir profond et enfantin de cette histoire et une grande affection pour ce récit d’aventures.

   Aussi, quand je vis la couverture arborant un grand Jim Hawkins, je repartis avec l’ouvrage. Bande-dessinée éditée par Ankama, je m’étonnais de les voir sévir dans le monde des livres. En effet, cette société française me faisait plus facilement penser au monde des jeux-vidéos, de l’animation (Wakfu) et de ses produits dérivés ou de livres plutôt de style manga. Je me trompais donc et fus ravie que ça soit en découvrant cette bande-dessinée que j’ai beaucoup appréciée et dont je vais vous parler.

Flint

   Jim Hawkins semble avoir un avenir tout tracé : fils d’un couple d’aubergiste, commis de cuisine, il prendra la relève pour faire perdurer « L’Amiral Benbow ». Pourtant tout son être est tourné vers l’océan qui borde la crique où est située l’auberge. Il préfère l’écume des vagues à celle du bouillon, sentir l’eau plutôt que la terre ferme sous ses pieds. C’est alors que débarque à l’auberge Bill Bones qui se fait surnommer le capitaine. Avec son coffre, il va offrir à Jim ce qu’il a toujours rêvé : de l’aventure.

   L’histoire de L’île au trésor est éculée. Nombreux sont ceux à l’avoir conté, adapté, notamment la firme Disney avec « La planète au trésor« , intégrant une dimension fantastique que j’avais adoré. Sébastien Vastra qui nous en offre le récit dessiné, se démarque en optant pour l’anthropomorphisme, donnant à l’expression « vieux loup de mer » tout son sens… Nous allons donc croiser cochons, chiens, blaireaux, morses, phoques, volatiles en tout genre au gré des péripéties de notre jeune ami. Jim Hawkins, sous les traits d’un lion, est profondément attachant. Gamin perdu dans ses rêves d’enfant, il est notre conteur. Il nous emmène avec lui vers sa destinée, vers l’accomplissement de ses espoirs qu’il garde au plus profond de lui. Et dès le début le ton est donné. Ce ne sera pas un récit romantique, fleur bleue, pétri de héros mais bien la réalité d’un univers difficile et parfois violent.

   Je ne connaissais pas du tout le dessin de Sébastien Vastra et ce fut une très agréable surprise. Le schéma des cases est classique et nous dévoile un dessin aux couleurs soignées et douces qui sont parfaitement adaptées à l’aspect ancien du récit. L’anthropomorphisme a cela de difficile pour moi, qu’il faut réussir à faire passer toutes les expressions du répertoire humain sur des « visages » aux traits animaliers. Sébastien Vastra y parvient aisément, et développe à sa façon un répertoire riche d’expressions allant de la terreur à l’état d’ébriété avancé, le tout avec un coup de crayon aussi délicat que les couleurs dont il use.

Flint 2   Bien que l’adaptation soit libre, je trouve que pour ce premier tome, Sébastien Vastra est proche du récit original – du moins de ce que je me souviens, je vous le concède. Il nous ramène à une époque de piraterie, où la flotte anglaise était réputée, égrainant dans le cœur des anglais fierté et orgueil. Une époque où quand vous vouliez partir au loin, il vous fallait les moyens de parer un navire pour voguer sur les océans. Chaque voyage était préparé avec minutie, il fallait faire preuve de patience avant de pouvoir larguer les amarres. Sans compter les risques pris en voguant sur des mers où sévissent toutes sortes de brigands. On sent l’euphorie du départ à travers Sir Trelawney contrebalancée par la rigueur et le pragmatisme du Dr Livesay, mon personnage secondaire favori sans hésitation.

   Ce premier tome se termine au moment où notre jeune Jim Hawkins prend le large. J’ai beaucoup aimé la dernière page où les cases narratives sont posées sur un dessin plus vaste, nous donnant véritablement l’impression de quitter le port de Bristol avec lui.

Un tome qui se termine en beauté !
Un tome qui se termine en beauté !

   Sébastien Vastra termine ce premier tome par deux grands dessins pleine page qui nous ravissent en attendant le tome 2.

Bonne lecture !

Iluze en parle aussi chez elle !

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2 réflexions sur “Jim Hawkins – Tome 1 – Le Testament de Flint

  1. Lintje 14 mai 2015 / 18 h 44 min

    Très bel article et très bel hommage à ton papa !!!

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