L’Assassin Royal – Tome 8 – La secte maudite, Robin Hobb

   J’ai poursuivi sur ma lancée avec un tome en plus de la saga de L’assassin royal. Le même plaisir m’accompagne depuis le début de la lecture de cette saga de fantasy absolument fascinante. Robin Hobb maintient l’intérêt du lecteur tout du long, sa plume ne s’essouffle pas. Elle semble intarissable même si ce dernier tome pose question de savoir si elle va poursuivre ou non. On pourrait presque croire, si elle n’avait pas semé quelques indices tout au long de l’histoire, qu’elle s’arrêterait là. Fitz m’a paru fatigué à l’inverse de l’auteure…

AR8

   Fitz poursuit sa traque et les étapes qui le mènent vers son but semblent de plus en plus difficiles à franchir. Il ressent le poids de l’âge mais surtout des blessures subies tout au long de ses jeunes années. Il souffre physiquement. C’est son mental d’acier, sa volonté de fer et ses aptitudes magiques qui lui permettent de tenir bon. C’est aussi grâce à cela qu’il tient bon malgré la pression de voir l’échéance fixée par Umbre et la Reine pour arriver à son but, se rapprocher. Tout le monde lui demeure fidèle à commencer par Oeil-de-Nuit. On ressent la fatigue de l’âge avec une plus grande acuité à travers le loup, usé par les ans mais à l’esprit toujours aussi vif. Leur osmose est touchante et tellement rassurante. Fitz et Oeil-de-nuit sont comme les deux faces d’une même pièce. Pour autant, Robin Hobb n’oublie pas de nous rappeler leur différence d’âge et d’espérance de vie. Alors inéluctablement, on commence à envisager – comme Fitz lui-même – le pire malgré les dénégations du loup.

   Ce tome se joue avec très peu de personnages. Robin Hobb nous sert presque un huis clos. Hormis Fitz et son loup, on compte le fou et Devoir. Les autres personnages ne font que traverser rapidement l’histoire sans s’y attarder vraiment. Mais on sent que le prince Devoir est un personnage à matière, qu’il y a de quoi le développer en profondeur. Toutefois je crains une redondance avec Fitz aussi je préfèrerai ne pas le voir prendre trop d’ampleur dans ce sens. L’auteure tisse une longue trame autour d’eux, c’est assez vaste, à peine palpable. On se contente de deviner la densité que pourrait prendre l’idée qu’elle choisit de développer. J’ai aimé aussi le changement des rapports entre Umbre et Fitz notamment, cela illustre bien l’évolution de ce dernier, la maturité qu’il a acquise et son intelligence.

   Ce tome en profite pour nous faire voyager à travers le royaume des Six-Duchés, l’occasion là encore de nous rappeler la forgisation et les attaques des Pirates Rouges développées dans les tomes précédents. L’auteure nous donne l’impression de pousser Fitz à avancer tout en ayant un pied dans le passé pour ne pas perdre ses lecteurs. On se sent chouchouté, c’est plutôt agréable. Elle continue d’approfondir également les magies qui habitent notre cher Fitz. Le vif, que l’on a beaucoup côtoyé par le passé, a quelque chose d’intuitif chez lui. Elle nous semble commune et on a l’impression d’en connaître déjà tous les aspects mais là encore on se laisse surprendre par de nouvelles explications qui nous éclairent un peu plus sur cette magie indéniablement attirante. Et puis l’Art n’est jamais bien loin. Mais là, notre héros possède une magie peu commune et dont personne ne se sert plus. Les aventures qu’il va vivre au gré de sa quête pour la Reine Kettricken va être l’occasion pour lui de se servir à nouveau de cette magie aussi puissante qu’éreintante, aussi inexplicable qu’incroyable à vivre. C’est dans ses descriptions de l’Art que la plume de Robin Hobb révèlent l’excellence de cette dernière.

   Robin Hobb a su encore me surprendre malgré les nombreux tomes lus. C’est une force indéniable et je suis admirative de sa capacité à rebondir, à n’oublier aucun personnage en cours de route et à conserver sa cohérence tout le long. J’ai trouvé que ce nouveau tome avait une « fin ». Il se termine, un peu comme le tome 6, me permettant de me poser dans ma lecture. Sur une série aussi longue on peut craindre la lassitude mais pour le moment je ne la ressens pas, ce qui me rend optimiste pour la suite. Fitz est un personnage à la fois très humain mais aussi terriblement extraordinaire par certains aspects et c’est ce bel équilibre qui donne toute l’intensité à l’histoire.

   En conclusion, ces deux tomes réunis ont été une agréable façon de reprendre contact avec l’univers de la célèbre Hobb, toujours aussi agréable à lire. Ils m’ont donné l’impression de remettre en selle Fitz, comme si Hobb testait sa capacité à refaire une longue histoire de complot, de royaume à sauver et de Roi à aider. Quelque soit le ressenti ou sa volonté l’excellence demeure. Je ne peux que recommander cette illustre série déjà très réputée.

Bonne lecture !

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