Challenge Halloween, suite et fin.

La randonnée infernale de Lou et Hilde avait bien commencé… Et puis, tête en l’air, projets par dizaine, tout cela mélangé a fait que je me suis égarée ! Mais les autres blogeuses ont continué à publier et j’ai donc pu suivre de loin les aventures des unes et des autres. Je ne termine pas bredouille non plus avec un livre et un film à vous parler. Ainsi que de quelques créations que j’ai pris le temps de confectionner pour la soirée tant attendue.

   Dans l’ordre, je suis allée voir avec ma petite sœur Crimson Peak, le dernier film de Guillermo del Toro.
Edith Cushing, fille d’un richissime entrepreneur s’éprend d’un jeune anglais, Sir Thomas Sharpe, venu jusqu’en Amérique lever des fonds pour créer une machine et faire perdurer l’exploitation d’argile sur ses terres. Les circonstances et un amour partagé feront d’Edith la femme de ce baronnet chez qui elle part vivre. Un gigantesque manoir où les fantômes sont légions et tentent d’entrer en contact avec la jeune femme.
Ce réalisateur ne fait pas dans l’horreur, ni dans le gore. Mais il a le don pour mettre en place des ambiances sombres, oppressantes qui nous mettent mal à l’aise. Nous ne sommes pas terrorisés mais littéralement inquiets à chaque pas que font les acteurs. Dès que la nuit tombe notre angoisse monte d’un cran. Pourtant, Mia Wasikowska joue Edith Cushing une femme de caractère, qui a du cran et pas peur de grand-chose. Je me suis attachée à cette héroïne plus courageuse qu’il n’y paraît. Et même si je lui reproche de ne pas rester cacher sous la couette (bah oui, tout le monde sait pertinemment que dans son lit, on ne craint rien…), je dois avouer qu’elle m’a épaté. Femme volontaire, déterminée, c’est vraiment un personnage central très bien joué par une actrice qui dévoile un jeu profond. C’est avec un indéniable talent qu’elle véhicule des émotions tout du long, donnant la réplique à une Jessica Chastain particulièrement… Inquiétante. Entre ces deux femmes un homme, Sir Thomas Sharpe jouait brillamment par Tom Hiddleston (Loki dans les films Thor pour celles et ceux qui auraient du mal à le resituer). J’ai adoré le voir tiraillé entre sa sœur et sa femme, un dilemme épouvantable qui le mine. Tout au long du film il maintient une ambiguïté qui nous plonge dans un abîme de perplexité quant au rôle qu’il va tenir. Peut-il faire un choix, ou celui va-t-il s’imposer à lui ? Terrible question. L’histoire se déroule d’elle-même. L’intérêt du film est avant tout dans la performance des acteurs qui jouent dans un quasi huis-clos oppressant, entourés de fantômes aux allures repoussantes. Mais aller voir un film de Guillermo Del Toro c’est aussi admiré les décors. Ce qui concourt à donner à ce film cette ambiance si caractéristique, c’est ce manoir à la toiture manquante, au vieil ascenseur capricieux, à l’impression de grandeur décadente qui ressort de ce lieu. Le réalisateur parvient à créer un endroit à la fois inquiétant mais qui possède également une certaine prestance. Un domaine qui en impose, un endroit qui inquiète et fascine à la fois. Une ambiguïté comme celle de Sir Sharpe, un jeu d’acteur qui répond parfaitement au décor et vous voilà pleinement embarqué dans le film avec Edith Cushing. Mais méfiez-vous de Crimson Peak.

Crimson

   Ensuite j’ai lu Frankenstein de Mary Shelley. Un classique du genre horrifique qui m’a laissé… Sur ma faim (et fin). Contrairement à ce que l’imaginaire populaire tend à véhiculer, notamment à travers de nombreuses adaptations cinématographiques, Frankenstein n’est pas le nom de la créature créée mais celui du créateur. Frankenstein est une œuvre atypique, c’est le moins que l’on puisse dire. L’auteure choisit de nous faire une narration épistolaire. Nous entrons dans l’histoire par la correspondance entre Robert Walton et sa sœur Margaret lors d’une expédition de ce dernier vers le pôle Nord. Lors de son voyage il va rencontrer Victor Frankenstein. Dès lors, celui-ci va lui faire le récit de sa propre aventure qui l’a menée jusqu’à cet endroit où le froid règne en maître. Et Robert Walton se fait le biographe improvisé de ce scientifique au bord de la folie. Victor Frankenstein révèle être parvenu à donner la vie à un être qu’il a créé de toutes pièces. Cette créature sans nom, il va la renier, la répudier et fuir les responsabilités qui incombent à un créateur. Cette première réaction va entraîner des conséquences dont il va mesurer la gravité au fil des années. Nous apprenons l’histoire de la créature, après qu’elle fut rejetée par Frankenstein, à travers le récit de ce dernier. Mary Shelley choisit donc d’emboîter les récits les uns dans les autres. Même si l’histoire est fluide malgré quelques incohérences temporelles, la traduction fut pour moi, laborieuse. Des phrases mal rédigées, des lourdeurs à vous rendre le récit illisible. Il faut quand même être sacrément accroché ! Heureusement que le roman ne compte que 233 pages en format epub. Au delà de la traduction, venons en au cœur même de l’histoire.
Comment dire ? Celui à qui je me suis le plus attachée, c’est Robert Walton. Puis Henry Clerval. Le personnage principal qu’est Victor Frankenstein m’a pesé. Il m’a donné l’impression de passer son temps en jérémiades, se lamentant sur son sort. Plus souvent en proie à la fièvre qu’à savourer la vie, c’est un personnage qui m’a semblé sans envergure. D’abord, sa première réaction face à la créature qu’il a créée m’a laissé abasourdi. Soit il prend ses responsabilités, soit il faisait le nécessaire pour que celle-ci soit prise en charge, sous sa coupe. Au lieu de tout cela, cet être « hideux » sera livré à lui-même sans plus d’explications que cela. Pardonnez moi de trouver cela léger. Par la suite, alors même que le malheur s’abat sur lui, qu’il prend conscience des conséquences catastrophiques de son acte passé, il passe son temps à fuir, se complaisant dans la contemplation de son propre malheur. Mary Shelley est très douée pour décrire les paysages et les affres de la souffrance. J’ai l’impression d’avoir passé une lecture entière à souffrir avec le personnage. Un adage dit que « Nul ne peut invoquer sa propre turpitude. » Je suis assez d’accord avec cette idée, aussi, lire Victor en train de se lamenter sur son pauvre sort, alors qu’il est le seul à même de pouvoir l’influencer m’a semblé profondément paradoxal (pour ne pas dire, dénué d’intelligence). Là dessus, nous avons une pauvre créature qui va tâcher de jouer la corde sensible de la pitié. Alors, loin d’être sans cœur (je suis plutôt du genre petit-coeur-tout-sensible), son récit ne m’a guère inspiré la pitié. Après avoir lu toute l’histoire de Frankenstein depuis sa plus tendre enfance à ses études universitaires, nous avons droit à l’histoire de la créature depuis sa fuite du laboratoire de son créateur. En somme cela pourrait être intéressant, si ça n’était pas légèrement tiré en longueur… Comme si, plus elle en disait, plus nous aurions torts de ne pas avoir pitié d’elle. Pourquoi pas. Mais alors, ce qui a pour moi, gâché ma lecture, demeure dans cette fin assez absurde. La créature, tout comme Victor, serait à l’origine de ses atroces souffrances, des multiples turpitudes qu’elle subirait… Mais elle poursuivrait dans cette voix. Alors là je dis stop. Et heureusement l’histoire se termine sur le seul personnage qui me paraît sain d’esprit et intéressant à lire : Robert Walton.
L’auteure a certainement voulu décrire avec force les turpitudes et la souffrance ressenti par l’être créé et délaissé. Pour ma part, cela n’a pas vraiment pris. Je n’ai pas eu pitié de la créature et son créateur m’a profondément exaspéré avec son égoïsme démesuré et sa tendance récurrente à la dépression. Alors que le début du récit m’enthousiasmait de par une structure originale et bien pensée, je suis allée de déconvenue en déception. Ce classique ne ma laissera pas un souvenir de lecture bien agréable et c’est dommage. Peut-être m’attendais-je à autre chose, ce qui m’a fait passer totalement à côté du récit.

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   Pour finir, la soirée du 31 octobre ! J’ai décidé de me décarcasser un peu pour mes invités… J’ai mis la citrouille à l’honneur en faisant une citrouille farcie : une fois vidée de ses pépins, j’ai recouvert le fond de ma citrouille de rondelles de fromage de chèvre, quelques noix là-dessus. J’ai fais revenir des lardons (300g) avec un oignon que j’ai ajouté avant de recouvrir tout cela de (20cl) de crème fraîche et d’un peu de gruyère râpé. Mise au four pendant 1h45 à 200° avec de l’eau dans le fond du plat et un morceau d’aluminium dessus pour lui éviter de brûler. Le résultat fut surprenant et apprécié de tous ! En dessert, ma mousse au chocolat a trouvé sa place dans des pots en verre décorés par mes soins. De petites chauve-souris surprises ont accompagné le tout ! Tout cela s’est déroulé à la lueur des bougies entouré d’un peu de décoration adéquate.

P1020560 Chauve-souris   J’espère que vous avez tous passé un joyeux Halloween ! Merci à Lou et Hilde pour leur challenge, le suivi qu’elles en ont fait, leurs idées partagées, vous êtes de supers organisatrices.

Bonne lecture et… Bon mois de novembre !

Vu et lu dans le cadre du

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5 réflexions sur “Challenge Halloween, suite et fin.

  1. Lintje 5 novembre 2015 / 9 h 13 min

    Moi j’ai adoré la citrouille et la mousse au chocolat 😀

    • Maêlle 6 novembre 2015 / 19 h 45 min

      Ravie que tout le menu t’ait plu !! Je crois que ta fille a aussi aimé la mousse au chocolat 😉

  2. Acr0 9 novembre 2015 / 13 h 29 min

    Héhé, moi aussi je me suis perdue durant cette balade 😉 J’ai bien envoyé quelques fusées-billets, mais c’est tout relatif. Quand j’ai vu la bande annonce de Crimson Peak, je n’étais pas franchement séduite, mais tout le monde m’en dit du bien. Je suis curieuse ! Et oui, Frankenstein, c’est le docteur 🙂 Hé, pour Halloween, j’ai aussi mangé des cucurbitacées farcies (moi, je me suis occupée des cupcakes). Super ces petits pots et ces chauve-souris !

    • Maêlle 9 novembre 2015 / 22 h 39 min

      De temps à autres, j’ai réussi à trouver quelques chauve-souris pour porter des nouvelles sur mon blog, mais ce fut laborieux quand même 😉 Rooh pas séduite par Guillermo ?? Je te le conseille évidemment 🙂 Merci pour les petits pots et les chauve-souris (j’ai trouvé ces dernières sur un site que tu avais donné au début du challenge !!) Vivement l’année prochaine !! En attendant, on va pouvoir attaquer la période de Noël…

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