La Présidente de François DURPAIRE et Farid BOUDJELLAL

« Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas… » En effet, après lu La Présidente, roman graphique scénarisé par François Durpaire et mis en dessin par Farid Boudjellal, vous ne pourrez plus. Vous saurez désormais l’un des scénarios possibles de 2017. L’élection de Marine Le Pen à la présidence de la République Française. Ce qui était encore impossible en 2002 connaîtrait une issue toute autre à l’heure actuelle. Partant de ce constat, François Durpaire et Farid Boudjellal nous livre un récit glaçant au réalisme saisissant.

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Et si le 7 mai 2017, d’une poignée de voix, Marine Le Pen était élue présidente de la République ?

Voilà, toute cette histoire tient en une phrase. C’est un coup de maître.
C’est fouillé, précis, étudié. J’ai été impressionnée par le travail de François Durpaire. Même si c’est un récit d’anticipation, proche de la dystopie, qui sert de fondement à l’histoire, celui-ci est réalisé avec un soin qu’il faut souligner. Toutes ses références historiques sont explicitées par une case ou plusieurs pages en fonction de l’importance de l’événement. Rien n’est omis ou oublié. Tout vous est expliqué et cela mérite d’être accentué. On sent le travail pointilleux de l’universitaire et historien François Durpaire. On sent sa volonté d’exactitude chère à l’historien je présume, et de pédagogie que je dirai relever de sa formation universitaire. Plutôt que de dénoncer bêtement, François Durpaire fait œuvre de pédagogie à travers des démonstrations détaillées, refusant de se contenter de pointer du doigt sans explications. Précision et éducation voilà qui qualifie les points forts de cette bande-dessinée que l’on retrouve dans tous les idées développées tout au long du récit.

Ses raisonnements, notamment économiques, sont émaillés de précisions, d’explications détaillées et fournies, fondées sur des extrapolations totalement plausibles. Il n’y a aucune lacune, aucune faiblesse sur tout ce pan du scénario.

Le scénariste se fonde sur le programme du Front National tel qu’il existe à ce jour. Le fait que tout cela existe, que nous nous retrouvons face à des personnalités connues, donne à l’histoire un réalisme aussi saisissant qu’effroyable.

Je me suis sentie littéralement oppressée, angoissée durant ma lecture à l’image de la charmante Antoinette que nous rencontrons. Les dessins de Farid Boudjellal accentue davantage le sentiment du « Et si… » qui nous prend à la gorge dès les premières pages bicolores. Le noir se marie si bien avec la haine et la violence qui surgissent au fil de cette longue bande-dessinée de 158 pages. Les portraits sont impressionnants de réalisme. Lors de la garden-party il esquisse les visages de célébrités dont la présence nous donne la nausée.

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En partant d’une idée simple basée sur le programme politique d’un parti de plus en plus présent dans le paysage politique français, les deux hommes nous offrent un récit glaçant mais passionnant. C’est une bande-dessinée grandiose, accessible à tous. Dès sa sortie elle m’a interpellé, sa lecture a dépassé mes espérances. Elle participe à donner ses lettres de noblesse au 9ème art en tant que support pédagogique vecteur d’idéaux politiques. Sans jamais juger, François Durpaire se contente d’imaginer les conséquences des idées qui pourraient être mises en place par Mme Le Pen. Épaulés par de grands économistes, ils m’ont bluffé par l’immense qualité de leur travail.

MLP

C’est un électrochoc, une prise de conscience, une colère qui vous envahit quand vous fermez le livre. J’ai écris cette chronique d’abord sur papier tel un hommage à Stéphane et Tariq, nos deux héros, à Fati et Antoinette, les deux héroïnes. C’est la peur et l’admiration qui prévaut. Des personnages peu nombreux mais forts au service d’une histoire parfaitement maîtrisée servie par un dessin de qualité : voilà ce qui décrit le mieux cette œuvre.

Après le Festival International de la Bande-Dessinée d’Angoulême, ruez-vous sur cette BD. Lisez-la. C’est l’explication/la dénonciation la plus intelligente que j’ai lue. C’est un acte de résistance que font les deux comparses édités par Les arènes BD-Demopolis. C’est une chronique élogieuse pour une BD qui le mérite amplement.

Lisez !!! Bonne lecture !

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