Hiver de Mons KALLENTOFT

   Enfin… Un article ! Très simplement, je n’avais pas le temps de lire ces dernières semaines. Ceci s’explique notamment par le fait que j’ai déménagé dans une nouvelle demeure dans laquelle j’ai entamé des travaux d’aménagement et de décoration qui prennent un certain temps… J’ai commencé à trouver mon rythme de lecture entre le décollage de papier peint, le ponçage de parquet et la peinture. Il est plus lent qu’auparavant mais je parviens quand même à lire. Aussi je reprends les articles, pour mon plus grand plaisir et j’espère également le vôtre !

   L’hiver est un des plus froids que Linköping, petite ville de Suède, connaisse. Le vent glacial pénètre au coeur des vêtements. Un homme est retrouvé nu, pendu à un arbre, le corps couvert de meurtrissures. La police est chargé d’enquêter sur ce qui se révèle être un meurtre particulièrement sordide.

   On retrouve sous la plume de l’auteur Mons Kallentoft une enquête policière au schéma assez classique. Les stigmates présents sur le corps retrouvé laissent augurer des mobiles sordides mais peut-être n’est-ce qu’un leurre pour induire en erreur les enquêteurs. L’histoire fait référence à quelques cultes suédois anciens dont j’ignorais tout, et qui comporte ses fanatiques, autant de suspects potentiels. En somme, ce fut un moment de lecture sympathique.

41d4n5t5CuL

   Le travail d’enquête est long et plutôt minutieux mais pas pénible à lire. Il y a une certaine fluidité qui permet d’avoir un rythme de lecture soutenu. Toutefois j’avoue n’avoir ressenti aucun suspens si ce n’est dans les toutes dernières pages. J’ai trouvé cela un peu dommage pour un policier et cela a dû concourir à cette sensation d’être restée sur ma faim.

   Les descriptions sont importantes. L’auteur s’attarde sur les quartiers, chics, bourgeois, pauvres, anciens, la description des maisons, des lieux. Les personnages rencontrées par les enquêteurs sont plus souvent abordés par le ressenti de ces derniers, les habitudes qu’ils ont, les tics que la simple description physique. Une approche peu banale mais intéressante. Le froid est omniprésent, nous frigorifiant jusqu’au tréfond de notre être. Le vent devient notre ennemi et l’on se plaît à le lire sous une couverture.

   Malgré plusieurs personnages enquêteurs, le roman se focalise sur Malin, une femme policière efficace et appréciée. Elle m’a bien plu avec son côté faillible qui la rend terriblement humaine. On retrouve des traits de caractère pertinents et agréable, l’auteur faisant de son héroïne une femme perspicace, intuitive et têtue. Mais elle ne commet pas de choses stupides, n’a pas de réactions inappropriées, celles du genre que nous savons que devant la Justice cela ne tiendrait pas. Même en Suède. On en apprend sur son histoire personnelle, pourquoi elle vit seule avec sa fille. Nous partageons ses ressentis, émotions, réflexions à ce sujet. Et nous sentons ses difficultés à résister à l’alcool comme échappatoire d’une solitude pas toujours évidente à supporter. Passionnée par son métier, elle est la force de ce livre. J’ai beaucoup aimé son équipier, Zeke, un homme bourru et rude mais doté d’une certaine tendresse et sensibilité qui le rendent attachant. Les autres personnages qui gravitent autour d’eux ont chacun un petit trait de caractère sympathique, à peine esquissé sur quelques lignes glissées au gré des événements. Cela donne une ambiance « familiale » que l’on prend plaisir à retrouver.

   Heureusement que les personnages et la relation très particulière entre la victime et Malin ajoutent un intérêt à une enquête policière moyennement maîtrisée. En effet, comme toute enquête, les policiers alternent les moments d’espoir avec les désillusions face à des résultats contraires à leurs supputations. Alors que tout du long l’auteur prend le temps, il nous amène un dénouement rapide, voir précipité dénué de toutes explications plus développées nous permettant de saisir tous les aspects de l’histoire. L’auteur possède à la fois l’impressionante capacité de nous immerger très rapidement dans son histoire grâce à des personnages parfaitement maîtrisés et en même temps nous laisser assister à une fin surprenante mais assez inexpliqué. Cela m’a laissé perplexe. J’avoue être restée un instant avec le livre en main me demandant si c’était vraiment la fin de cette enquête. Le problème d’une fin moyennement réussie c’est que cela me fait oublier les moments sympathiques, les petites pointes d’angoisse ressenties ici ou là. C’est un peu comme un mauvais dessert, ça gâche le repas quand on termine sur une mauvaise note.

   Néanmoins je vais nuancer mon propos, Hiver semblant faire parti d’une série de livres, chacun semblant reprendre à son compte une saison. Peut-être qu’au travers des autres récits nous retrouvons un peu de celui-ci et que des explications surgissent ou que des liens sont fait. Pour autant, il ne m’a pas été indispensable de lire les autres, et celui-ci se suffit à lui-même pourvu qu’on accepte de ne pas en savoir vraiment plus sur le dénouement de l’enquête.

Bonne lecture !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s