Ontophage – Pierre de Brume de Marc Piskic

   Hier c’était la journée BD du Challenge Halloween de Lou & Hilde. Et évidemment, j’ai fait preuve de malchance… Je me suis rendue à la médiathèque, trois ouvrages possibles en tête à lire, durant ma pause déjeuner. J’étais partie avec la ferme intention de lire, au choix : la bande-dessinée Zombillénium d’Arthur De Pin’s (encensée par AcrÖ), Walking Dead Tome 1 de Robert Kirkman et Tony Moore (apprécié aussi par AcrÖ… Hé oui, elle est une référence que voulez-vous…) ou encore Monster de Naoki Urasawa (non elle ne les a pas lus ou n’en a pas parlé ou alors je ne l’ai pas vu !). Bref, j’avais un trio bien tentant et dont AcrÖ se portait garant sans le savoir. Imaginez ma déception quand je découvre que : le premier tome de Walking Dead a été piqué par quelqu’un qui doit avoir son après-midi de libre *suivait mon regard vers les d’jeuns situés un peu à l’écart*, les Monster ne sont pas disponibles dans la médiathèque du centre-ville mais une de ses annexes et enfin Zombillenium n’est pas encore rentré de son emprunt. Vous voyez le topo de la blogueuse esseulée au milieu des bandes-dessinées ? C’était moi. En désespoir de cause, j’entrepris de farfouiller dans les bacs ici ou là, l’âme en peine. Mon regard est attiré par un titre qui tient en un mot dont j’ignore la signification : Ontophage. Je feuillette : c’est sombre, pluvieux et… Étrange. Le début commence au cimetière du père Lachaise ! Alors certes ce n’est pas anglais, ce n’est pas horrifique, ni vraiment fantomatique mais il fallait bien me consoler de ma déception. J’espère que nos meneuses de challenge accepteront quand même ce petit billet que je rédige car ce fut, au final, un vrai coup de cœur.

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   Il y a des dessins qui savent vous plonger immédiatement dans une ambiance. Ce fut mon cas avec cette bande-dessinée. Je me suis retrouvée immerger dans le Paris du XIXème avec ses fiacres, ses omnibus et l’ambiance pluvieuse d’une saison automnale. Tout commence avec la découverte au père Lachaise d’un « homme de pierre ». La police décide de garde tout cela discret. Mais c’est sans compter sur les journalistes avides de ce genre d’événements atypiques. Tristan en fait parti. Il vient de décrocher un essai en tant que pigiste chroniquer pour Le Petit Journal, un quotidien réputé pour faire du sensationnel. Ici, peu importe la vérité, ce qui compte c’est l’histoire.

« Rappelez-vous, ne laissez pas la vérité vous gâcher une bonne histoire. »

   Tristan ne peut pour autant pas refuser, le besoin financier est trop pressant. Informé de ce qui vient de se produire au cimetière du Père Lachaise, il est envoyé là-bas par son nouveau patron. Doué d’une plume de qualité, le jeune homme sera embauché après avoir fait une forte impression à ce dernier avec son papier. Mais il ne lâche pas l’affaire et continue d’enquêter, conscient d’avoir relevé depuis quelques temps des événements aussi aléatoires qu’irrationnels. Il est aidé dans sa tâche par un homme se présentant sous le nom D’Onfroy. Un personnage surprenant dont on ne sait quoi penser… A cela s’ajoute enfin des missives anonymes déposées à l’attention de Tristan, lui enjoignant de quitter Paris sans plus tarder.

   L’histoire est haletante, oppressante, tenue et maîtrisée. Le rythme alterne découvertes et longs discours sans perdre en qualité. D’Onfroy est un personnage profondément mystérieux à l’égard duquel on entretient une véritable ambivalence. On ne sait quoi penser de lui, on ignore si il est digne de confiance. Or tout se joue dans ce premier tome entre lui et Tristan. Ce dernier m’a beaucoup plu. Ses insomnies et troubles du sommeil le rendent d’autant plus vulnérable. Mais il est courageux et intelligent, se remettant en cause mais cherchant à aboutir dans sa recherche de vérité. Car même si il peut broder une histoire, il est tout de même très intrigué. Et D’Onfroy le pousse dans cette voix, lui offrant des opportunités qu’il ne peut refuser. Dans sa quête de vérité, il se retrouve de plus en plus lié à Onfroy qui, à la fois le suit et lui déniche de nouvelles pistes. Pourquoi s’est-il tant attaché à Tristan ? Nous l’ignorons et cela ne fait qu’accroître le malaise que ce personnage fait surgir. Pour autant, toutes les pistes ne débouchent pas et malgré les aventures, l’avancée est lente… Néanmoins, l’ambiance est telle que l’on s’attend à voir soudainement surgir quelque chose d’inattendu dans la case suivante. Un peu comme lorsqu’on s’attend à avoir peur et que l’on se prépare ! C’est toute la force de cette bande-dessinée : l’ambiance instaurée.

   Mais le dessin n’est pas en reste. Je l’ai trouvé précis, foisonnant et rendant bien l’ambiance de l’époque. Les devantures, les fiacres, le plaisir réside dans les détails que l’on peut observer. Les foules bruyantes autant que les bureaux feutrés vous emmènent sur les pavés parisiens. Les personnages relèvent d’un dessin classique mais la mise en couleur est particulièrement belle. On oscille sur des teintes douces, un quasi noir et blanc pour l’extérieur, la lumière, quelques dégradés de marrons et noirs pour les vêtements. C’est doux et là encore, ce côté « sépia » qui se marie parfaitement avec l’époque choisie par l’auteur, ne fait que concourir à installer cette ambiance bien particulière.

721_p5  J’ai également beaucoup apprécié la mise en page. Les cases sont diverses, offrant la possibilité d’embrasser tout un paysage ou de se concentrer sur un personnage. La reproduction en arrière-plan de ce que le personnage est en train de lire donne une mise en page dynamique qui nous immerge avec le personnage. Il utilise ce procédé pour la lecture des missives ou encore d’articles de journaux.

   Tout est réuni pour offrir un agréable moment de lecture et je ne peux que vous inviter à vous plonger dans ce premier tome. Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture et à lire la suite que j’espère à la hauteur…

Maêlle

Lecture lue dans le cadre du challenge Halloween

halloween

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5 réflexions sur “Ontophage – Pierre de Brume de Marc Piskic

  1. Acr0 16 octobre 2016 / 11 h 16 min

    Huhu je te confirme que je n’ai pas lu Monster de Naoki Urasawa 😉 C’est toujours un petit plaisir de farfouiller dans les bacs. J’aime beaucoup la citation que tu as relevée. Ah le suspense latent, une bonne technique ! Voilà une belle et bonne découverte 🙂

    • Maêlle 17 octobre 2016 / 13 h 54 min

      En effet, une belle et bonne découverte, qui tend à confirmer le fait que parfois, il vaut mieux se laisser guider par son instinct… Mais je ne désespère pas de parvenir à lire l’un des 3 précédemment cités !! 🙂

      • Acr0 18 octobre 2016 / 18 h 40 min

        Ah, j’espère ! Après, j’en suis revenue de Walking Dead : j’ai beaucoup aimé le démarrage, mais cela tourne vite en boucle, j’ai fini par abandonner la série :/ (je préfère te prévenir)

      • Maêlle 19 octobre 2016 / 16 h 34 min

        De toute façon, n’étant pas sûr d’accrocher je pensais lire le tome 1 pour découvrir… Mais merci de me prévenir ! Je chercherai peut-être plutôt Zombillénium en priorité du coup 😉

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