Yzé et le palimpseste de Florent Marotta

   Palimpseste, voilà un mot peu courant même si il a toute sa place parmi les livres. Le palimpseste est un ouvrage écrit sur lequel une personne a réécrit. Soit pour effacer un précédent texte (parce que le vélin valait trop cher), soit pour le dissimuler. Il me semblait utile de commencer par cette petite précision afin que le titre du livre dont je vais vous parler soit limpide pour tous. Yzé et le palimpseste est un roman de fantasy édité par les éditions Taurnada. Petite maison située dans l’est de la France, je la remercie de la confiance qu’elle m’a témoignée en me proposant de lire ce roman. Je partais donc vers l’inconnu, ne connaissant ni l’auteur, ni la maison d’édition. Et bien parmi la pléthore de grosses maisons qui en imposent, en voilà une qui se défend bien à travers notamment cet ouvrage dont je vais vous parler.

Yzé et le palimpseste

Ambre est une jeune lycéenne de 16 ans qui vit dans la Nova Lugdunum avec sa tante qui s’occupe d’elle depuis le décès de ses parents. Soudain, des événements étranges s’enchaînent plaçant la jeune fille au centre d’une histoire ancienne. Dès lors, la voilà qui découvre qu’elle s’appelle en réalité Yzé et qu’elle doit fuir une menace difficile à cerner.

   Au vu de la couverture à l’aspect jeunesse, je ne m’attendais pas du tout au livre qui s’en est suivi. Beaucoup de points forts, un point faible qui méritent un peu d’explications de ma part.

   Je m’attendais vraiment à de la lecture jeunesse : une lecture simple, sans trop de fioritures. Même si j’adore certains romans issus de cette veine, il faut bien dire que Pratchett ou Guy Gavriel Kay sont d’une autre trempe. Et même si Florent Marotta a une écriture très fluide proche de celle que l’on peut lire dans les romans estampillés jeunesse, il développe une histoire très riche. D’abord, la multitude de personnages nécessite de bien se repérer. Personnellement, comme je l’ai dis à Lintje, quand on a lu et aimé GGK, on sait qu’il faut parfois se laisser aller et suivre l’auteur sans trop chercher les raisons de l’apparition soudaine d’un personnage. Aussi, j’ai fait le choix de me laisser porter et j’ai apprécié de voir tous ces êtres évoluer au gré de ma lecture. Il ne m’a jamais perdu, j’ai toujours réussi à repérer qui était qui et en cas de doute, vous trouverez aisément un indice qui vous rafraîchira la mémoire.

   Petit à petit, l’auteur fait se recouper les événements et donc les personnages, le tout avec une parfaite cohérence. Indéniablement on s’attache à certains d’entre eux. Je pense à Fall que j’ai beaucoup aimé, Astur, un vieux sage surprenant, mais aussi Athanor et évidemment Isobel et Isaac. Le trio Yzé, Isaac et Isobel est assez prévisible mais je l’ai trouvé bien mené. Chacun possède un caractère propre, développé et qui permet à l’auteur de les amener un à un. J’ai apprécié qu’Yzé ne soit pas une surdouée immédiate, capable de tout. Même si elle est douée, Isaac et Isobel se révèlent aussi à ses côtés et cela apporte un bel équilibre à l’ensemble.

   Malgré tous ces personnages, on s’y retrouve tandis que l’auteur esquisse la trame de son histoire en arrière-plan.

   Et cette dernière tient la route. Malgré une idée originale assez « basique » (ça n’a rien de péjoratif mais l’élu est une forme récurrente dans la fantasy), Florent Marotta parvient à broder toute une histoire crédible, qui ne manque pas de sens. La magie, présente dans son récit, est parfaitement maîtrisée. Il n’y a rien de manichéen, ce qui est d’autant plus adroit quand on découvre l’histoire. C’est un véritable point fort que j’ai beaucoup aimé. On sent que les méchants sont ambigües, on est presque admiratif face à eux, on éprouve difficilement de la peur ou de la répugnance. Leur but, fort simple, est finalement assez humain. Insérer une troisième force avec les religieux est un véritable plus pour l’histoire. Et même si la fin m’a permis d’avoir une idée qui émerge quant à la suite, ces trois « forces » en présence sont équilibrés. Décidément, c’est le maître mot : ce roman est équilibré. Malgré un point faible.

   Vous allez me dire, voilà le « mais » de la chronique. J’aurai aimé qu’il n’y en est pas car j’ai vraiment passé un bon moment. Yzé m’a plu sur bien des points. J’ai aimé sa curiosité, sa volonté de remettre toute en question, de ne pas tout prendre pour argent comptant. Néanmoins, sa désobéissance systématique devient un peu lourde sur la fin, on en vient à apprécier quand elle écoute ce qu’on lui dit. A 16 ans, même si on a l’arrogance de l’adolescence pour soi, on en demeure pas moins un enfant soumis à une autorité. Surtout quand désobéir revient à commettre l’irréparable. Je ne dis pas qu’il faut qu’elle écoute sans réfléchir, ce serait contraire au caractère que l’auteur tend à lui donner. Qu’elle garde cette curiosité qui fait son charme mais qu’elle réfléchisse davantage à ce qu’elle va faire serait un plus. Cela lui permettrait peut-être de constater qu’obéir est plus approprié parfois. Surtout quand elle sait que d’autres en savent bien plus qu’elle sur son propre compte ! Ensuite, un point m’a choqué. Les émotions. Autant Isobel apparaît immédiatement comme une jeune ado douce, fragile et forte à la fois, Isaac comme un ado très mal dans sa peau, anxieux et maladroit, manquant terriblement de confiance en lui, autant Yzé m’a semble dénué de sentiments. C’est à peine si elle éprouve de la joie, de la souffrance et de la tristesse malgré les événements terribles qu’elle traverse. En ajouter un peu plus la rendrait plus crédible et permettrait de s’y attacher davantage. C’est parce que cela touche le personnage principal qu’il en devient un point faible pour le récit. J’ai fait le choix de passer dessus et de poursuivre ma lecture car je me suis attachée à l’ensemble des personnages et l’auteur a su m’enthousiasmer avec son histoire.

   Je reste évidemment sur ma fin et j’aspire à connaître la suite désormais ! Elle est prometteuse surtout si l’auteur parvient à mener tout à bien et à nous dévoiler le rôle qu’Yzé va jouer. Vous pouvez suivre le travail de Florent Marotta sur son site.

   Je lui souhaite une bonne continuation dans son travail d’écrivain et lui dis à bientôt pour ce deuxième tome ! A vous, je vous souhaite une bonne lecture !

Maêlle

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5 réflexions sur “Yzé et le palimpseste de Florent Marotta

  1. Acr0 16 octobre 2016 / 19 h 33 min

    Alors vivement la suite… peut-être qu’Yzé s’assagira 😉

    • Maêlle 17 octobre 2016 / 13 h 52 min

      Sa réaction à la toute fin de l’histoire, me laisse espérer une vraie cure de maturité pour la suite 😉

      • Acr0 18 octobre 2016 / 18 h 39 min

        Espérons !

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