Angel Wings de Yann & Hugault

   Yann & Hugault récidivent avec leur recette avions et pin-up pour nous livrer la trilogie Angel Wings. J’ai fait ma maligne sur Instagram en expliquant qu’un vendeur de ma librairie favorite était parvenu à me dégoter le coffret avec le tome 3 alors qu’il commençait à ne plus se trouver. Je suis particulièrement fière de mon achat qui trône sur mon étagère bibliothèque (trop petite…) Mais ce dont je ne me suis pas vantée à l’époque c’est que le tome 2 (que j’aurais pu avoir dédicacer par Romain Hugault au FIBD 2016 mais – allez savoir pourquoi – ma mémoire m’a joué des tours et j’ai répondu que c’était inutile, je l’avais déjà… 3615mylife) était manquant. Je n’ai toutefois pas eu à attendre bien longtemps. Noël m’a permis de le trouver au pied du sapin. Imaginez ma joie de les voir tous les trois réunis. C’est alors que je fis ce qui s’imposait : canapé, plaid et lecture. Et maintenant ce qui s’impose c’est que je vous en parle !!

1944. Nous sommes en pleine seconde guerre mondiale. Les forces japonaises occupent toute la Birmanie et menacent l’Inde et la Chine. Ces deux pays bénéficient d’un pont aérien assuré par les pilotes des forces américaines pour maintenir les forces de ces pays alliés, seul rempart contre l’ennemi nippon. Angela McCloud débarque sur le front, sous couverture, pour mener à bien une mission aussi compliquée que sa couverture, puisqu’elle doit piloter des cargos au dessus de la chaîne himalayenne escorté par une escadrille virile : les Burma banshees.

Plutôt que de vous faire une critique tome par tome, je vous fais la totale, les trois tomes pour le prix d’un article !!

   Au scénario, Yann nous emmène cette fois sur le front birman durant le second conflit mondial. Soyons honnêtes, sorti de Pearl Harbor, que connaissons-nous de ce front asiatique ? Bien peu de choses. Généralement, nous découvrons cette région à travers le prisme de la guerre du Viêtnam. Et pourtant, si il y a eu Pearl Harbor, c’est bien parce que le Japon était pleinement engagé dans la guerre.

portrait-angela
Angela McLoud…

   Ce que j’aime avec cet auteur, c’est qu’il tient toujours ses promesses : une histoire ficelée, ciselée même, avec des personnages aussi courageux qu’attachant. A cela se mêle le plaisir de la découverte, maître mot de ce scénariste. Avec lui, on apprend des détails de l’histoire qui s’avèrent pourtant importants dans l’Histoire avec un grand H. Il a le don de dénicher et s’intéresser à des pans méconnus qu’il rend passionnant. Ici, place aux femmes, un thème qui n’est pas sans rappelé celui des sorcières de la nuit dans leur trilogie Le grand duc. Aux côtés des pilotes masculins encensés, on découvre les WASP – Women Airforce Service Pilot, des femmes au statut de civil qui travaillent dans et pour l’armée… Vous imaginez jusqu’où l’hypocrisie peut amener à des situations assez surréalistes ?! Bref, nous suivons Angela, jeune femme courageuse qui se retrouve coincée sur la base des Burma Banshees après un petit incident de vol. Et nous voilà embarqué sur le front comme si nous y étions, plongé dans la vie d’une femme et de tout un camp de base, où il manque le plus élémentaire comme le savon.

   Le fait que nous nous envolions, que le bruit des moteurs emplissent nos oreilles, que l’histoire prend si bien, c’est aussi grâce au somptueux coup de crayon de Romain Hugault. Sa mise en couleur est à a hauteur de son dessin et nous immerge dans cette nature hostile où au conflit général s’ajoute des conflits locaux. Hugault a le don de vous passionner pour les avions auxquels chacun de ses dessins semblent rendre un véritable hommage. Chaque tête de vis est dessinée et c’est dans les détails que se révèlent la richesse de ses dessins. Au delà de la mécanique, les personnages prennent vie sous des traits d’une qualité tout aussi remarquable. Angela est une magnifique femme, qui sera rejointe par Jinx, une pin-up qui s’avérera être une très bonne surprise dans l’histoire.

   Le point commun qui semble unir Yann & Hugault c’est sans doute la précision incroyable dont ils font preuve chacun dans leur domaine. Précision dans l’histoire, dans les équipements des pilotes comme dans les sous-vêtements des femmes, rien ne leur échappe. Par contre, cette fois-ci ils nous malmènent un peu, avec une fin qui nous laisse sur notre faim !! Une petite explication supplémentaire aurait été la bienvenue…

   Comme à chaque fois, le duo édité par Paquet dans sa collection Cockpit, m’a régalé d’une bande-dessinée de très grande qualité que je vous invite à découvrir.

Bonne lecture !

Maêlle

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