Nos âmes la nuit de Kent Haruf

   Voilà une nouvelle lecture programmée dans le cadre du challenge de la rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson et Léa Touchbook. Une envie littéraire suscitée par la simple lecture de la quatrième de couverture. Puis j’ai appris que Kent Haruf était un auteur américain décédé en 2014 qui a laissé des œuvres très appréciées. Je dois dire que pour une première je ressors de ma lecture avec ce même sentiment.

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Addie a 75 ans et vit seule à Holt. Louis a le même âge et vit séparé d’une maison d’Addie. D’une proposition incongrue émise par Addie, il va se nouer entre eux un lien unique et ils vont vivre une histoire incroyable. Bien qu’incroyable, cette histoire déplaît et génère aussi son lot de souffrances.

   Un petit mot sur la forme pour commencer car je dois dire que j’ai été un peu déstabilisée par la façon dont Kent Haruf écrit. J’ai eu le même sentiment qu’en découvrant Millénium. Celui de lire un auteur qui s’affranchit de tous les codes classiques de la littérature. Il n’y a aucun tiret ni guillemets qui annonce un dialogue. Kent Haruf a un style extrêmement descriptif et épuré. Les dialogues quoique construits m’ont donné le sentiment qu’il ne pouvait y avoir un mot de plus. Il fait le choix de nous raconter la vie d’Addie et de Louis, leur quotidien en nous décrivant tout ce qu’ils font. Ce qui est incroyable c’est que malgré ce style narratif atypique, on ne s’ennuie pas car le tout s’avère très fluide.

   Ce quotidien qu’il conte, dissimule des sujets plus graves et importants. Addie et Louis vivent seuls depuis longtemps. Kent Haruf nous parle de cette solitude qui accompagne la vieillesse solitaire de celles et ceux qui ont eu le malheur de perdre la personne avec laquelle ils vivaient. Les années passent, les habitudes s’installent mais la solitude demeure. Tous les deux n’ont pas vraiment eu des vies faciles ou des mariages heureux, pour autant ils ne feront pas de leurs veuvages respectifs la chance de se réinventer. C’est alors que l’auteur révèle l’envers du décor et les carcans qui enferment nos vies dans les idées préconçues des autres. Tour à tour on évoque les questions qui imprègnent le récit : l’amour quand on est vieux, est-ce encore possible ? À partir de quand aimer une autre personne devient décent quand on est veuf. Autant de questions difficiles dans un récit qui possède des moments vraiment poignants.

   Les enfants s’érigent en gardien de la bonne morale de leurs parents alors qu’eux-mêmes sont incapables de donner un sens au mot amour. D’une certaine façon le récit dénonce l’hypocrisie de ceux qui veulent se porter garants des grands principes moraux ou des grandes valeurs. Addie et Louis se retrouvent infantilisés par leurs enfants qui ne parviennent pas à tolérer ce qu’ils ne comprennent pas. Au lieu de se réjouir et de découvrir en leurs aïeux une sagesse oubliée ou inconnue, une façon de vivre enviée, ils deviennent les rabats-joies de l’histoire.

   Je me suis davantage attachée à Louis qu’à Addie. Même si cette dernière fait preuve de beaucoup d’audace au début, elle en manque ensuite pour faire face aux comportements auxquels elle se retrouve confrontée. La réaction de son fils quoique plausible m’a paru un peu exagérée au vu de sa propre histoire. Ces deux points ont un peu terni mon engouement initial qui a repris sur la fin, l’auteur nous laissant sur une note pleine d’espoir et d’optimisme.

   En somme ce fut une belle lecture qui fut presque un coup de cœur sans les deux petits détails suffisamment importants, qui ont un peu entamé mon plaisir de lecture. Je conserve en tête l’auteur dont la bibliographie semble receler d’autres titres intéressants. A suivre donc !

« Qui obtient jamais ce qu’il attend ? Cela n’arrive pas à grand monde, si tant est que cela arrive. C’est l’éternelle histoire de deux êtres qui avancent à l’aveuglette et se cognent sans arrêt l’un contre l’autre en cherchant à se conformer à de vieilles idées, de vieux rêves et à des notions erronées. Sauf que je continue de dire que ce n’est pas vrai pour toi et moi. Pas à l’heure qu’il est, pas aujourd’hui. »

   J’ai aimé Addie et sa conviction de vivre une histoire unique. Une belle forme de romantisme.

   Pour un autre avis, tout aussi positif, je vous conseille d’aller lire la chronique de Zazy !

Bonne lecture !

Livre lu dans le cadre du challenge rentrée littéraire

Ce dernier remplit pleinement son rôle en me faisant partir à la découverte de nouveaux auteurs !!!

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