Capa – L’étoile filante de Florent Silloray

   Couleur sépia comme un vieil album photo, quoi de plus judicieux pour évoquer Robert Capa, éminent photographe dont Florent Silloray retrace la vie à travers une bande-dessinée de qualité intitulée Capa – L’étoile filante. Offerte à mon papa qui vous en a parlé ici, je me suis moi-même lancée dans cette lecture prometteuse partant néanmoins avec beaucoup moins de connaissances que mon papa, amateur de photo depuis longtemps.

   De Capa bien sûr, je connais le métier et la réputation, l’agence Magnum et les photos du débarquement (auréolées d’une polémique aussi futile que navrante quant à la réelle présence de Capa à ce moment et l’origine réelle de ces photos).

   A travers la bande-dessinée de Florent Silloray j’ai découvert l’homme de l’autre côté de l’objectif qu’il braquait inlassablement. L’auteur nous immerge dans la vie de ce jeune hongrois amoureux et courageux à la recherche du cliché qui fera mouche. C’est cet amour brisé qui fera de Capa l’homme qu’il est devenu : un grand reporter de guerre. Il m’a donné la sensation d’errer et de peiner à donner un sens à sa vie. Si la photo l’a sortie de la misère, elle ne l’empêche pas de succomber à son vice majeur : le jeu. Comme si Capa voulait tester sans cesse sa chance, celle qui lui a permise d’échapper aux balles sur les fronts où il s’est rendus.

   On suit le reporter à travers son œil affuté, le dessinateur nous proposant de nous immerger en nous montrant ce que Capa discernait. C’est un travail artistique doublé d’une grande observation qui fait de cet album une bande-dessinée de belle facture.

   Les tournées des bars, les désirs d’indépendance et les besoins d’argent, rien n’est omis ou occulté, même ce qui pourrait entaché la réputation de Capa. Ce dernier se perdait dans les plaisirs à outrance quand il ne pouvait plus faire ce qui lui donnait le sentiment d’être vivant : photographier les combats. Témoigner sans relâche sur ce qui se passe, vivre sous adrénaline. On a le sentiment qu’il lui faut faire cela sous peine semble-t-il de passer à côté de l’essentiel.

   Cette volonté de demeurer sur le front au plus près des combats lui aura coûté la vie. Endre Friedman alias Robert Capa mourra sur le champ de bataille de la guerre d’Indochine. Il sera décoré à titre posthume à ce titre, tel un soldat. L’étoile filante se meurt à 41 ans seulement, las et épuisé mais à sa place, ses appareils photos à la main, le doigt sur le déclencheur, prêt à appuyer une fois le bon angle de vue trouvé.

   Pionnier sans doute, Capa perdure aujourd’hui à travers les clichés qui ont fait sa renommée et que l’on peut découvrir à travers de nombreux livres photos.

Bonne lecture !

Maêlle

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