Les couleurs de l’acier de K.J. Parker

   Si je devais retenir un mot pour qualifier cette lecture, ce serait « laborieuse »… Vous allez me dire que je n’ai pas la main chanceuse en ce moment et je vais finir par le croire !! En vérité, ce roman lu en format e-book sur ma Kobo présente un énorme défaut : sa mise en page. J’ai pesté, râlé, soupiré face à ce qui fut une expérience de lecture catastrophique. Pourtant, je l’ai acquis auprès de la Fnac lors de la « grosse opération » Bragelonne (qui a d’ailleurs lieu en ce moment même !) Qu’est-ce qui fut si pénible ? L’absence de marquage de transition. Je m’explique.

   Vous avez là un roman à la troisième personne dans lequel l’auteur opte pour une narration depuis plusieurs points de vue issus de personnages différents. Et bien, les paragraphes s’enchaînent sans aucun espace vous avertissant d’un potentiel changement. C’est un peu perturbant et surtout cela vous amène à un exercice assez pénible qui consiste à commencer la lecture d’un paragraphe et vous rendre compte au bout de quelques lignes que vous n’avez pas le bon personnage en tête. Vous reprenez donc la lecture de ce même paragraphe en vous remettant en place les idées. Cela rend indéniablement la lecture très laborieuse et a très certainement impacté mon plaisir de lecture. Ce qui est dommage car cela dessert une histoire au demeurant plutôt sympa et dont je vais tâcher de vous parler.

Résultat de recherche d'images pour "les couleurs de l'acier"

Bardas Loredan est avocat, bretteur depuis dix ans. IL plaide dans les tribunaux de la ville de Perimadeia, réussissant à échapper aux pointes acérées des meilleures lames. Pourtant, un jour, le sort se retourne contre lui : une malédiction a été lancée contre sa personne. A cela s’ajoute un autre problème de taille qui ne concerne pas seulement Bardas : le peuple des plaines semble vouloir se lancer dans la conquête de la grande cité aux murailles réputées imprenables.

   Faisons abstraction de cette vilaine mise en page au profit de cette histoire riche et dense. L’auteur nous emmène rapidement dans son monde fantastique où la justice se rend à la pointe de l’épée. Les connaissances juridiques de l’auteur se ressentent à travers son explication précise du fonctionnement de la justice au sein de ces prétoires quelque peu originaux. Faire de Bardas Loredan, son personnage principal, un avocat, trahit une forte affection pour l’univers judiciaire. Je me suis plongée avec plaisir dans ces explications mais rassurez-vous il n’y a pas besoin d’appétence particulière à l’égard du monde judiciaire pour apprécier l’univers. On se retrouve donc avec Bardas et son clerc Athli à laquelle je me suis beaucoup attachée. La fluidité de la plume vous permet de vous imprégner de la façon de vivre des périmadeiens. Avec le recul, je constate que ce monde m’a bien embarqué et que je m’y suis glissée avec beaucoup de facilité.

   Toute l’histoire tourne autour de Bardas mais l’auteur intègre bien vite plusieurs personnages secondaires dotés d’une importance non négligeables. Le Patriarche, lui aussi très attachant, son archimandrite Gannadius, Temrai du peuple des plaines et les 2 îliens apportent tour à tour leur part à l’histoire. Nous naviguons toujours entre ces personnages et d’une certaine façon je pense que c’est ce qui m’a permis de poursuivre la lecture. Une galerie plus dense et je crois que la mise en page aurait définitivement compromis ma lecture. On ajoute à cette galerie une sorte de magie incomprise dénommée le « principe » et on obtient un monde sympathique dans lequel la ville elle-même tient une grande place. Elle m’a semblé être un personnage à part entière, un lieu dans lequel je pourrais déambuler en m’y retrouvant. L’abondance des descriptions de la ville frise parfois l’excès… Mais l’auteur sait s’arrêter quand il le faut. Tous ces personnages s’articulent très bien entre eux autour d’une histoire aux multiples rebondissements et aux nombreuses ramifications qui nous amènent à découvrir notre personnage principal.

   Les combats d’escrime qui émaillent le récit sont un régal pour les amateurs de cape et d’épées dont je fais partie. Même si les termes usités relèvent parfois de la technique pure, j’ai apprécié. Par contre, j’avoue que l’auteur a bien failli me perdre dans la description de la fabrication des épées. On sent une véritable passion pour la transformation du métal mais la fabrication d’une arme n’est pas toujours très simple à suivre. A voir sans doute, à lire c’est un exercice compliqué.

   Les dialogues sont peu nombreux et pas aussi truculents que les pensées in petto des différents protagonistes. Cette touche d’humour est plaisante. On sent la plume précise et une certaine érudition dans la façon d’écrire avec un vocabulaire recherché. L’autodérision dont elle dote ses personnages apporte une touche de légèreté au récit. Et si j’ai souri, je n’ai par contre pas vraiment été émue par les autres émotions décrites.

   C’est donc une histoire plutôt réussie et un premier tome qui amorce très bien la suite. L’ensemble fut vraiment desservi par la mise en page et si je me permets d’insister c’est parce que c’est un élément important pour tous les lecteurs. Néanmoins, vous pouvez très bien commencer cet ouvrage sur papier, cette version ne souffrant peut-être pas du même défaut.

Bonne lecture !

Maêlle

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s