La maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut

   La maison d’édition Taurnada a renouvelé sa confiance en moi et m’a proposé de lire La maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut (au demeurant, mon interlocuteur est extrêmement gentil !). Je vous invite très vivement à regarder le catalogue de la maison d’édition qui recèle des titres vraiment intéressants. Je vous avais déjà parlé d’Yzé et le palimpseste de Florent Marotta édité par Taurnada, qui vaut le détour, laissez-moi vous parler d’un nouveau récit qui m’a bien emporté !

   Alan Lambin vit en Bretagne depuis sa plus tendre enfance. La quarantaine, il travaille dans le domaine du paranormal. Un thème qui prête à sourire surtout en ce début d’année 1985 et la sortie de Gosthbuster l’année précédente. Mais pour Alan, c’est du sérieux, surtout quand il entend un message sur son répondeur d’une jeune mère de famille inquiète par des phénomènes étranges qui se produisent dans sa maison à Villers-Bretonneux… Sans hésiter, il met ses connaissance au service de la famille tourmentée.

   Je me suis plongée dans cette enquête et j’ai eu du mal à m’arrêter ! L’écriture m’a paru un petit peu maladroite au début, quelques tournures de phrases un peu abruptes mais plus l’auteur entre dans le vif de l’histoire et plus l’ensemble est fluide. Le style est aisé à lire et vous emmène facilement dans ce village perdu de la Somme, isolé, en pleine tempête de neige. Placer le récit en 1985 ajoute un charme désuet évident et concourt à rendre le sentiment d’isolement d’autant plus intense qu’il n’y a ni téléphone portable, ni internet… La technologie la plus moderne dont use le personnage principal doit être un appareil photo réflex argentique Nikon…

   L’auteur ne fait pas les choses à moitié et vous pose l’ambiance en un rien de temps. Une vieille demeure, une tempête de neige, des portes qui claquent, des bruits de pleurs, une vieille comtoise qui s’arrête toutes les nuits à 5 heures… Les ingrédients sont réunis pour une ambiance réussie. Je me suis dit que c’était un livre idéal pour le challenge Halloween de Lou et Hilde. D’ailleurs, c’est un peu « à regret » que je l’ai lu en pleine saison estivale. Je crois que j’aurai adoré le lire tandis que le froid s’installe dehors et que le vent souffle fort… Si vous avez l’occasion, achetez-le mais attendez avant de le savourer, je suis certaine que les peurs avec lesquelles l’auteur joue n’en seront que plus intenses. Mais revenons à l’histoire… L’auteur nous fait entrer bien vite dans ce lieu empreint de mystère. Ce que j’ai beaucoup aimé et qui donne à l’ensemble une vraisemblance très appréciable, c’est que le personnage principal, Alan Lambin, est lui-même parfaitement conscient de ce que l’inconscient, l’imagination des personnes peut influer sur ce qu’il voit. Il garde la tête froide, essayant d’abord de trouver des explications rationnelles et refusant de s’adonner à des rituels religieux. Ce qui l’intéresse c’est l’explication scientifique. L’idée développée en arrière-plan est intéressante et plausible (tout dépend si vous êtes un sceptique acharné ou un croyant imprégné de fantômes). Cet aspect du livre est vraiment pertinent et offre un ton juste au récit.

   Celui-ci n’est pas seulement une histoire de fantômes. Derrière, il y a aussi toute l’histoire de la première guerre mondiale. L’auteur s’est fortement documenté à ce sujet et on sent qu’il le maîtrise pleinement. C’est un véritable plaisir pour les amateurs d’Histoire de découvrir à travers ce livre, l’enfer de ce conflit à petites touches. Jean-Marc Dhainaut mélange donc romance et Histoire avec dextérité.

   Et que dire de la fin ? Grandiose. Je suis particulièrement attachée aux fins réussies, je trouve ça extrêmement important. Sans doute parce qu’une fin mal faite aura tendance à me laisser un goût amer sur tout le récit, l’inverse est tout aussi vrai. Une fin bien tournée est de nature à laisser un souvenir impérissable. Et là, je dois avouer que j’ai été très agréablement surprise. Je ne peux pas vous en dire plus au risque de gâcher ce qui me paraît être un véritable point fort du roman. Rassurez-vous, les 218 pages (format epub) défilent rapidement !

Ce fut donc une agréable lecture. L’écriture assez simple de Jean-Marc Dhainaut sert une histoire très rythmée et bien ficelée. Le personnage principal m’a semblé avoir les caractéristiques pour être intégré dans une petite série, un peu à la façon Hercule Poirot mais ce n’est peut-être pas l’intention de l’auteur… En somme, amateurs de fantômes, ruez-vous dessus, pour les autres, prenez le temps de vous pencher sur ce petit roman.

Bonne lecture,

Maêlle

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