La route d’Ohama de Robert Ludlum

   J’ai découvert la plume de Robert Ludlum – écrivain dont l’œuvre est à l’origine de la trilogie Bourne – à travers son roman Le manuscrit Chancellor dans lequel j’apprenais l’histoire du directeur du FBI, John Edgar Hoover, resté à son poste un nombre suffisant d’années pour devenir une véritable menace à l’égard du pouvoir établi. Par la suite, je me suis régalée devant le (magnifique) film de Clint Eastwood, J. Edgar, dans lequel le directeur du FBI est interprété de bout en bout (entendez par là, de sa prime jeunesse à ses derniers jours) par un Di Caprio qui crève l’écran. Mais je n’aurai sans doute pas appris autant de choses sur cet homme sans avoir lu précédemment Ludlum. Alors quand j’ai eu l’occasion de « tomber » sur La route d’Omaha, du même auteur, je n’ai pas trop hésité à le prendre. Je m’attendais aux mêmes ingrédients que précédemment, thriller, suspense haletant… J’ai finalement lu un pavé (plus de 600 pages en version poche…) où le burlesque le dispute à l’humour, où les événements s’enchaînent à un rythme effréné mais toujours avec une pointe d’humour. En somme, une facette très différente de ce que j’ai pu lire auparavant. J’ai également découvert que ce livre s’inscrivait dans une série mettant à chaque fois en scène le même personnage, à savoir le général Mac Kenzie.

Le général Mac Kenzie surnommé Le Faucon n’a pas apprécié d’être remisé au placard sans les honneurs surtout par des pontes en costard-cravate qui ne connaissent rien au terrain. Alors quand il décide de se venger, il ne fait pas les choses à moitié. Sous couvert d’une brillante idée, cherchant à aider une tribu indienne, il en profite pour s’en prendre au SAC. Le commandement stratégique de l’armée de l’air américaine, rien que ça.

   Je n’ai lu aucun autre livre mettant en scène ce personnage et cela ne m’a nullement empêché de comprendre l’histoire et de suivre les délires entre les personnages. Aussi, vous pouvez tout aussi bien commencer comme moi par celui-ci ou vous lancez dans un autre tel que Sur la route de Gandolfo.

   L’intrigue n’est en soi pas excessivement compliquée mais on comprend combien elle va chambouler tout le pays. Les Wopotamis constituent une tribu indienne qui vit dans l’état du Nebraska. Mac Kenzie a décidé d’aller revendiquer, dans leur intérêt, des territoires qui leur auraient été volés par les américains. Or, les territoires historiquement habités par cette tribu servent aujourd’hui à l’armée des Etats-Unis et plus précisément à son commandement stratégique aérien. Et voilà qu’un avocat vient de déposer une requête auprès de la Cour suprême ! Dès lors, toute la machine gouvernementale se met en branle pour neutraliser le Faucon. Plus facile à dire qu’à faire ! C’est en tout cas ce que l’on constate au travers des 600 pages que dure l’intrigue ! Mac Kenzie est redoutable, d’abord par ses connaissances du terrain, ensuite par sa capacité à anticiper toutes sortes de réaction, se laissant très difficilement prendre au dépourvu.

   Si Mac Kenzie demeure le personnage central, les personnages secondaires sont tout aussi truculents. Que ça soit les ex-femmes de Mac (qui jouent un rôle essentiel), les deux aides de camp du Faucon (Desi-One et Desi-Deux) ou encore les avocats, chacun a une place à occuper ! Et on rit des situations dans lesquelles les personnages se retrouvent. C’est cocasse, drôle et ça se déroule à un rythme effréné !

   L’ensemble de l’histoire se déroule en tout et pour tout sur seulement quelques jours. Néanmoins la densité des pérégrinations de nos personnages, de tout ce qui va leur arriver, tend à nous donner l’impression de vivre plusieurs vies en une. L’ensemble est desservi par une seconde galerie de personnages appelé moins souvent dans le récit mais dont il faut se souvenir car ils interviennent néanmoins assez régulièrement pour influer sur le cours de celui-ci. Là-dessus, il faut ajouter les retournements de veste et vous avez donc un fond d’histoire bien fourni qui permet cet enchaînement de péripéties.

   Tout du long, j’ai hésité à qualifier le faucon de génie ou de fou à lier. L’auteur maintient à son sujet une véritable ambivalence qui ajoute un certain charme au personnage. C’est en tout cas un personnage excentrique qui ne vit, ne pense, que comme un militaire et qui, par la même occasion, met tout le monde au pas. Il a autant d’admirateurs que de détracteurs tout au long du récit, sans compter que ceux qui souhaitent sa mort, sont les premiers à admettre ses incroyables capacités stratégiques. Il est redouté mais semble évoluer comme si il l’ignorait.

   Je découvre donc un Ludlum humoristique qui manipule pour autant plutôt bien le suspense, le tout avec une plume fluide et agréable à lire. Il n’hésite pas à nourrir quelques petites histoires d’amour secondaire, plutôt bienvenues, mais toujours sur le même ton. Ce roman m’a donné la sensation d’être un grand défouloir pour l’auteur. Mais c’est un défouloir organisé, qui tend vers un but précis : celui de vous faire passer un bon moment de lecture.

Bonne lecture !

Maêlle

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