Trilogie L’héritière des Raeven de Méropée Malo

   Maêlle est allongée sur son canapé, fenêtre ouverte pour entendre les bruits du soir, un jus de citrouille dans la main et un livre dans l’autre. Malgré les températures clémentes de la journée, un plaid orné d’un géant « Hogwarts » repose sur ses jambes. Du bout de l’orteil elle valide l’envoi de son article à ses co-challenger. Ceci fait, elle glissa à nouveau son pied sous la chaleur du plaid et reprit sa lecture.

   Il y a bien longtemps que je n’avais pas été happée par une trilogie jeunesse au point d’avoir bien du mal à lâcher mon livre à la fin de la journée, quand il est temps de dormir ou le matin quand il est temps de se mettre au travail ! J’ai découvert le titre grâce aux vénérables du blog Book en Stock. Si un jour, votre pile à lire est en souffrance, – comprenez par là qu’elle a tant diminué que vous n’y trouvez pas/plus ce que vous avez envie de lire -, je vous invite à aller faire un tour chez elles. Vous trouverez ce qu’il vous faut !

   J’avais lu leurs critiques du tome 1 (et uniquement de celui-ci pour m’éviter tout spoil) et j’avais retenu une appréciation globalement positive. Là-dessus j’avais suivi de loin le mois2 durant lequel elles ont reçu l’autrice de cette trilogie, Méropée Malo. Tout ça pour dire que j’avais bien le titre en tête quand Bragelonne a fait sa grosse op’. Donc j’ai sauté sur l’occasion d’acquérir le tome 1 quand il est apparu parmi les titres disponibles durant la grosse op’. Autant vous le dire tout de suite, j’ai depuis acquis les deux suivants.

   Je vais donc parler de la trilogie dans son ensemble, dont la thématique ensorcelée se cale parfaitement bien avec le challenge Halloween de Lou & Hilde.

Assia, le bas en poche, retourne chez elle, à Ysmans, retrouver sa famille dont elle n’a plus aucune nouvelle depuis 8 ans. Elle trouve la maison familiale vide et silencieuse. Sa mère et sa tante sont décédées. Assia se retrouve orpheline, seule avec sur les bras une grande maison, dans une ville côtière dont elle ne garde que peu de souvenir. Et elle apprend par-dessus tout ça qu’elle est… Une sorcière.

Commençons par évoquer les personnages, et notamment le principal, Assia. Assia Raeven créée une connivence sans faille avec le lecteur. On ne peut que s’attacher à elle. D’abord, par la force et la volonté dont elle fait preuve face aux annonces qui lui tombent dessus. C’est avec beaucoup de dignité qu’elle accepte l’évidence : sans revenus, elle ne peut continuer les brillantes études qu’elle espérait suivre. Assia se retrouve plongée dans un quotidien à gérer : factures, remplir le frigo, gérer la succession… Son rôle de sorcière est dans un premier temps relégué au second plan. On a donc le temps de s’attacher à la jeune femme qui traîne ses rollers en ville, toquant à toutes les portes possibles pour déposer un CV et se faire embaucher. Elle est rationnelle, pragmatique mais surtout courageuse. L’autrice n’en fait pas pour autant une invincible. Assia a aussi ses moments de faiblesse, ses coups de fatigue. Elle traîne avec elle un poids lourd sur le cœur, celui du deuil à faire. Mais elle ne tombe jamais dans la niaiserie ou le pathétique. Elle se ressaisit et va de l’avant. Moi qui n’apprécie pas particulièrement les « héros » ou « héroïnes » qui se lamentent sur leur sort, j’ai été servie. Assia est à l’opposé.

Quand elle apprend son rôle de sorcière, outre le fait qu’elle doit dépasser sa nature rationnelle, elle s’interroge surtout sur la façon d’apprendre. Assia est seule, et on ressent cette solitude. Néanmoins, elle va s’accrocher et chercher à apprendre par elle-même. Dotée d’une persévérance impressionnante, elle tient tête à ses ignorances et revendique le fait d’apprendre même quand le grimoire qu’elle possède n’en fait qu’à sa tête. Et là, loin d’en faire une sorcière surpuissante qui parvient à toutes ses fins, l’autrice en fait une travailleuse acharnée qui échoue parfois. Assia n’est pas surdouée, elle doit potasser sa magie pour parvenir à ses fins. Et elle y parvient, non sans avoir quelques loupés ou des difficultés de mise en œuvre. On ne peut oublier le jeune âge d’Assia, car si elle prend un grand coup de maturité dans les dents en débarquant à Ysmas, elle reste une jeune femme au cœur sensible surtout face à Alec.

Alec Forsysthe-Divallo. Il prend une place assez conséquente dans les deux premiers tomes et se retrouve un peu plus effacé dans le dernier. Je craignais que ce personnage soit un cliché. Le beau gosse, musclé, à qui tout réussit, qui gagne bien sa vie… Et puis finalement… Non. L’autrice dote Alec d’une personnalité tout à fait unique, et d’une profondeur qui s’accentue au fil des pages des deux premiers tomes. Sans compter que leur histoire d’amour est quelque peu contrariée quand Assia apprend que la famille Forsysthe est la famille ennemie des Raeven depuis des générations… Mais Alec, quoiqu’indispensable à la jeune femme, ne lui suffit pas. Assia parvient à ses fins également grâce à l’aide de « la bande des trois« .

La bande des trois petits vieux : Henri, Hélène et Constance. Henri est le premier à entrer en scène dans l’histoire puisque c’est lui qui ouvrira la demeure à Assia et lui expliquera les tenants et aboutissants pour la maison. Ancien notaire à la retraite, c’est lui qui a veillé à payer les études d’Assia jusqu’à présent. Il va continuer à veiller, davantage sur sa personne que sur son argent. J’ai beaucoup apprécié Henri mais aussi Constance. Bibliothécaire, amie et confidente de la famille d’Assia, elle connaît, au même titre que les deux autres compères, la nature magique de la jeune fille et de ses ancêtres. Constance est touchante à vouloir aider Assia à comprendre la magie alors qu’elle est elle-même non magicienne. Il émane beaucoup de douceur de ce personnage féminin qui a des allures maternelles. Constance use de sa mémoire et de ses nombreuses notes et recherches sur la famille d’Assia pour l’aider à comprendre ce qui lui arrive et comment gérer. Quant à Hélène, elle ne sera pas de trop quand il s’agit de devoir hypnotiser quelqu’un… Chacun à leur façon est touchant et apporte quelque chose à Assia.

Au gré des livres d’autres personnages interviennent, plus ou moins magiques. Paolo, vite expédié le pauvre, jouera un rôle minime dans l’histoire alors que je croyais qu’il allait devenir plus important. Améthyste, vous aimerez la détester mais pourtant nos sentiments à son égard sont aussi ambivalents que ceux d’Assia. L’osmose entre lecteur et personnage a parfaitement fonctionné en ce qui me concerne. Celui qui arrive et prend toute la place, c’est Théodore. Ce dernier deviendra, bien malgré Assia, arpenteur du temps. C’est un personnage qui gagne en puissance au fil du récit. Il devient le bras droit d’Assia, son ami, son confident. Alors qu’on l’imagine timide et renfermé, il deviendra une fois doté de son pouvoir, un allié infaillible doté d’un courage immense. Intelligent, il n’y a que quand il s’agit de sentiments qu’il s’empêtre un peu… Et encore. Je me suis donc beaucoup attachée à Théo. Il faut dire qu’Assia aussi, et donc encore une fois, je ne peux que souligner cet attachement qui nous lie à l’héroïne.

Une héroïne malmenée qui va découvrir la magie au gré des problèmes qui vont se poser à elle. Et ils seront nombreux ces problèmes ! Outre la famille Forsysthe et ses vilains petits secrets, elle va avoir maille à partir avec une femme chasseuse d’être doté de magie, la famille Veridiov, et une redoutable sorcière aux pouvoirs largement supérieurs à ceux de notre pauvre Assia, Dolorès. Ne vous y méprenez pas, Assia est en cours d’apprentissage et même si elle parvient petit à petit à maîtriser ses pouvoirs, elle ne fera que peu d’éclat. Méropée Malo n’hésite pas à malmener ses personnages principaux.

Ces derniers sont mis à rude épreuve par le rythme effréné du récit. Si le tome un comporte des moments plus calmes, le tome 2 commence déjà à être plus mouvementé mais alors le 3, on finit en apnée ! Les événements s’enchaînent, les liens entre les différents aspects de l’intrigue se font, parfois, au détriment du lecteur. J’avoue qu’en ce qui concerne certain pan de l’histoire, je me suis faite larguée durant quelques pages avant de reprendre le dessus. Cette impression ne m’a pas empêché de continuer ma lecture mais m’a donné le sentiment que l’autrice voulait aller « trop » vite. Paradoxalement, quand j’ai eu fini le tome 3, je me suis dit qu’il y avait un goût de trop peu.

Oh oui, Méropée Malo, ça ne va pas du tout. Cette trilogie ne peut pas finir ainsi ! J’ai eu le sentiment de les laisser en plan ! Alors certes, tous les éléments principaux de l’histoire sont éclaircies mais on a envie de connaître la suite ! Que va faire Alec, son projet, et Assia, ses études, ses Olympii avec Théo ? Bref, je suis restée avec mille questions et envies. La fin du tome 3 est très ouverte, ce qui indéniablement génère chez la lectrice que je suis, l’espoir d’une suite…

Vous l’aurez donc compris, ce fut une superbe découverte qui me laisse clairement un goût de trop peu. C’est une lecture que l’on peut mettre entre les mains des plus jeunes à partir de 13-14 ans et des moins jeunes, comme moi. Si vous avez envie d’un moment littéraire avec une sorcière attachante dans une histoire au rythme effréné, je vous invite à vous ruer sur cette trilogie.

Bonne lecture,

Maêlle

Lecture dans le cadre du challenge Halloween de Lou & Hilde

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4 réflexions sur “Trilogie L’héritière des Raeven de Méropée Malo

  1. rachel 16 octobre 2017 / 22 h 51 min

    oh oui tu donnes envie avec cette trilogie..bien que l’histoire de la PAL…cela ne fonctionne pas…lol…

  2. Maêlle 23 octobre 2017 / 17 h 31 min

    C’était le but de donner envie… Comment ça tu ne réfrènes pas tes ardeurs quand ta PAL menace de s’écrouler sur toi ?? 😂

  3. Hilde 23 octobre 2017 / 21 h 45 min

    Très tentante cette trilogie ensorcelée, je prends note et pas que pour le récap’! Merci pour la découverte,ça a l’air vraiment très sympa. 🙂

    • Maêlle 24 octobre 2017 / 21 h 55 min

      C’est un plaisir de partager mes lectures avec vous tous ! J’espère qu’elle te plaira, j’irai te lire 🙂

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