Le meurtre d’O’Doul Bridge de Florent Marotta

   Je récidive avec la lecture d’un livre de Florent Marotta dans un style radicalement différent de celui à travers lequel je l’ai découvert, à savoir Yzé et le palimpseste. Cette fois-ci l’auteur s’est lancé dans l’écriture d’un polar rythmé et assez court (moins de 200 pages au format numérique). Il s’en dégage un rythme soutenu, une lecture très fluide grâce à une plume égale à elle-même. Si le suspense est pas trop mal maîtrisé, c’est surtout les rebondissements qui font l’intérêt de cette histoire. Le meutre d’O’Doul Bridge va vous envoyer à San-Francisco auprès de French coach. Attaché vos ceintures, ça va aller vite !https://image.jimcdn.com/app/cms/image/transf/none/path/s9fbf515e67c6e0cd/image/ibcc4b962fbba6a10/version/1500106339/image.jpg

Michael Ballanger vit à San Francisco où il tient un cabinet de coaching. Reputé pour ses méthodes originales, il est surnommé le french coach en raison de ses origines française.
Un homme est assassiné très tard dans la soirée. Près du fameux pont de la ville. Malheureusement pour Michael, le dernier numéro de téléphone qu’il a composé fut le sien. Quel est le lien entre Michael et cet homme assassiné ?

   La façon dont l’auteur décrit la ville donne envie de se rendre à San Francisco pour découvrir les lieux ! La ville, le brouillard, Florent Marotta soigne l’ambiance et le décor de son thriller. D’ailleurs celui-ci commence par le meurtre de la victime, ce qui est une façon énergique d’entrer dans le vif du sujet. On ne sait pas qui il est, pourquoi il est tué, mais nous savons que nous allons rapidement être concerné par l’enquête qui suit cet assassinat.

   Jouant sur l’ambiguité des prénoms, des mots, l’auteur brouille les pistes et nous empêche d’avancer dans la réflexion sur ce meurtre. Il mène plutôt bien l’histoire, on sent qu’il en a le contrôle et la maîtrise. Aucun rebondissement ne semble invraissemblable, le récit est cohérent et la plume fluide permet une lecture aisée. Au-delà du suspense, plus ou moins présent, les rebondissements sont plus importants et bien amenés. Même si on finit par nourrir les mêmes doutes que le personnage principal quant au cerveau de l’affaire, la façon dont il parvient à ses fins m’a surpris. Et j’ai été surprises à plusieurs reprises au cours du récit, ce qui est une très bonne chose, car c’est ce que j’attends d’un policier. Je préfère ne rien voir venir…

   C’est donc énergique et bien mené. En parallèle de l’histoire de ce meurtre, nous découvrons l’histoire de Michael Ballanger chez qui l’enquête réveille de douloureux souvenirs qu’il espère fuir chaque nuit. Son passé en France nous est dévoilé petit à petit, au gré des cauchemars qui émaillent ses périodes de sommeil. Entre les somnifères, l’insomnie et les cauchemars, la vie de Michael Ballanger n’est pas aussi saine qu’on pourrait le pense surtout d’un coach réputé. Ce « background » est très réussi et j’ai beaucoup aimé l’histoire quand bien même elle est particulièrement tragique.

   Vous l’aurez compris, les histoires (la principale comme celle du personnage) m’ont conquise. Passons aux personnages…

   Les personnages secondaires sont géniaux, l’escort girl et le journaliste m’ont particulièrement enthousiasmé. La première est aussi intelligente que douée et le second est aussi parano qu’intelligent. Tous les deux font la paire et se révèlent être de précieux alliés en plus de sa fille. Cette dernière est un personnage un peu à part dans le sens où le passé de Michael joue énormément sur la relation compliquée qu’il entretient avec cette dernière. Elle oscille entre haine et amour, entre colère et raison et on comprend mieux pourquoi au fur et à mesure de la découverte de l’histoire commune avec son père.

   Mon seul souci c’est Michael. C’est un excellent enquêteur, il est intelligent et perspicace mais il m’a insupporté. Je l’ai trouvé arrogant, mysogine et parfois carrément pathétique. Je ne me suis pas vraiment attachée à lui car j’avais envie de le baffer. Ses prises de risque pour renforcer son égo malmené sont pénibles. Heureusement qu’il n’est pas toujours comme ça ! Mais j’ai cru toucher le pompom quand il commence à dire à sa fille que « Les hommes c’est comme ça, on peut coucher juste pour le sexe, sans amour »… Oui, alors ce serait bien d’éviter les gros clichés de ce type surtout quand on fait de son personnage principal un coach de vie ! Encore heureux, il fait preuve, à défaut de pertinence dans tous ses propos, de tolérance à l’égard des autres. Le discours des pro-nazis sur les homosexuels lui donne des envies de violence qu’on peut comprendre et qui nous rassure sur la fréquentation du personnage. Alors oui, c’est vrai, en présentant Michael ainsi l’auteur évite d’en faire un personnage trop « parfait ». Il est maladroit dans ses propos avec sa fille et présente quelques faiblesses. Mais il m’a été pour le coup un peu pénible à supporter. Néanmoins, je ne veux pas généraliser, il n’est pas tout le temps comme ça. Le personnage ne dessert pas l’histoire qui demeure vraiment bien.

   Florent Marotta se débrouille donc aussi bien en policier qu’en fantasy. Vu l’histoire de Michael Ballanger et la façon dont finit ce livre, j’imagine qu’il a à l’esprit une suite… Qui m’intrigue d’autant plus qu’elle est en lien avec son passé. A suivre donc…

Bonne lecture !

Maêlle

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