Comme un conte de Graham Joyce

   Voilà mon premier contact avec Graham Joyce, auteur britannique doté d’une solide renommée notamment dans le domaine de la fantasy malheureusement décédé en 2014. Quand j’ai lu la quatrième de couverture de Comme un conte j’ai vraiment été tentée par ce roman qui parlait de fées. Vous allez me dire, un simple mot et je suis convaincue ? Bon, ouiiii, j’avoue le mot fée a une grosse influence sur mon envie de lire un livre parfois… Ceci dit, cela m’a permis de découvrir un auteur que je ne connaissais pas donc je trouve cela plutôt positif. Pour être tout à fait exacte, j’avais déjà lu la chronique d’AcrÖ sur son livre Lignes de vie et avais donc un a priori plutôt positif à l’égard de l’auteur. Bref, passons à l’essentiel : qu’est-ce que j’en ai pensé ? Difficile à dire.

Tara a disparu à l’âge de 16 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé, tout le monde la croit morte. Nous sommes le jour de Noël, 20 ans plus tard. Tara frappe à la porte d’entrée de la maison de ses parents. Quand ils lui posent la question qui les taraudent, eux et leur fils, ils ne s’attendaient pas à cette réponse improbable : Tara prétend avoir été enlevée par des fées.

   J’ai trouvé ma lecture globalement « moyenne » au sens strict du terme, c’est-à-dire que les bons aspects de ce récit compensent les mauvais sans les surpasser. Le tout nous donne donc pour moi, un roman bon mais « sans plus ». Ce plus, cela aurait été un brin de magie supplémentaire, une fin peut-être moins tranchée. Mais il y a l’écriture de l’auteur. Et elle fait beaucoup.

   En effet, Graham Joyce a une plume incroyablement prenante. Alors même que son histoire ne comporte pas vraiment de suspens il nous emporte avec lui et ne nous lâche plus, tant et si bien que l’on reste dans un mouvement qui nous pousse à tourner les pages. En quelques phrases il nous dépeint ses personnages et nous porte à leurs rencontres avec beaucoup d’aisance alors même qu’il alterne les points de vue. Il faut noter que Graham Joyce utilise à la fois la première personne (pour Tara) et la troisième personne pour les autres. Honnêtement, je l’ai remarqué sans le ressentir, l’auteur ayant une parfaite maîtrise tant de l’un que de l’autre. C’est avec la même facilité qu’il nous décrit ses univers cherchant pourtant parfois à décrire davantage des sensations que des textures ce qui peut être compliqué. Là, disons le, ça passe tout seul.

   Si j’ai beaucoup aimé la question que pose le texte, à savoir la place du conte dans l’imaginaire collectif, son rôle et aussi la relation que nous avons avec ces histoires fantastiques, je dois avouer qu’il m’a manqué quelque chose. Une chose qui m’aurait fait dire que ce livre valait vraiment le coup. Qu’il fallait vous ruer dessus. Clairement, ça n’est pas le cas ici même si cette lecture offre un agréable moment. Et je crois que c’est un peu à cause de ce que l’auteur fait de ses personnages.

   Le discours de Tara est sujet à interprétation et l’auteur nous le fait bien sentir poussant ses personnages jusqu’à la caricature et c’est là que j’ai commencé à moins apprécié ma lecture. La seule chose qui m’a plu c’est qu’à travers le récit de Tara, on découvre plus ou moins ce que chaque protagoniste entend derrière les mêmes mots et les mêmes phrases. Chacun a son propre avis sur la question en fonction de ce qu’il vécu, de ce qu’il croit, de ce qu’il sait. Seul Richie, le petit ami de Tara à l’époque de sa disparition, ose demander « Et si c’était vrai ? » au sujet de ce qu’elle raconte. Avant de parler d’un tissus de mensonges, si on s’interrogeait sur notre capacité à croire en l’extraordinaire ? C’est cette ambiguïté permanente que l’auteur parvient à maintenir tout au long de son histoire, qui fait l’intérêt du roman. Est-elle partie chez les fées ou non ? Pour le savoir, il va vous falloir lire le roman !

   En résumé, j’ai aimé les personnages jusqu’à un certain point tout comme l’histoire. Mais je pense que je relirai cet auteur en portant cette fois-ci mon choix sur Les lignes de vie, encensé par AcrÖ mais aussi par Lune à travers sa critique du présent livre (vous pouvez aussi en lire une ici qui dit peu ou proue la même chose !)

   Mais faites vous votre opinion, lisez-le et venez en parler !

Bonne lecture !

Maêlle

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2 réflexions sur “Comme un conte de Graham Joyce

  1. Acr0 12 janvier 2018 / 13 h 35 min

    « Comme un conte » me tentait juste pour le simple fait que j’avais beaucoup aimé « Lignes de vie ». Je n’avais encore lu aucune chronique à son sujet. C’est dommage car je sens que cette étincelle qui t’a manquée est justement l’élément qui risque aussi de me gêner. Je suis un peu refroidie… mais il me reste à faire ma propre opinion 😉

  2. Maêlle 12 janvier 2018 / 14 h 15 min

    Il m’a effectivement manqué une petite étincelle pour faire de ce livre, un bon livre et non un livre moyen. Mais du coup, avec ce sentiment mitigé, j’aimerai bien que tu le lises quand même pour me dire ce que tu en as pensé 😉

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