Block 46 de Johana Gustawsson

   Voilà un nouveau titre acquis pendant la Grosse Op de Bragelonne et que je ne regrette nullement d’avoir acquis ! J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette jeune autrice française dont vous pouvez découvrir le site internet pour connaître les dernières nouvelles. Block 46 est un livre bien mené avec des personnages très intéressants. Je n’étais pas partie pour le lire de suite mais Valériane en a parlé sur Instagram (il y a longtemps mais je ne l’ai vu que récemment…) et une soudaine envie de lire du bon thriller m’a fait céder à l’appel. Retour sur une autrice prometteuse.

   Alexis Castells est écrivaine et vit à Londres. Emily Roy est une profileuse canadienne détachée au sein de Scotland Yard. Elles vont toutes deux se retrouver à Falkenberg, en Suède, suite au meurtre d’une jeune femme dont le corps a été mutilé. En Suède, c’est le commandant Bergström qui est en charge de l’enquête et qui apprécie l’aide de la profileuse malgré ses méthodes peu académiques et son attitude un peu rustre. Mais son aide ne sera pas de trop pour comprendre un tueur qui officie tant à Londres qu’en Suède, qui énuclée ses victimes, leur ôte la trachée et grave à un Y sur le bras mais qui change sans cesse de typologie de victime…

   Alexis Castells est un personnage vraiment attachant tandis que l’attitude d’Emily nous pousse davantage à la fuir, surtout au début. Et puis finalement, on découvre petit à petit le personnage et on se prend aussi d’affection pour elle. L’une comme l’autre ont été éprouvée durement par la vie. Et on nourrit vite un fort sentiment d’empathie pour elles. Alexis Castells m’a d’autant plu qu’elle garde bien la tête sur les épaules tout au long de l’histoire. Ses réactions sont mesurées et parfaitement adaptées aux situations qu’elle traverse. L’autrice n’est jamais dans l’excès. Emily Roy quant à elle a une attitude très « professionnelle » en toutes circonstances. Elle donne le sentiment de n’avoir aucune faiblesse.

   Block 46 est un vrai thriller dont le suspense ne m’a pas étouffé mais qui a attisé ma curiosité tout du long. J’ai tourné les pages sans m’en rendre compte, enchaînant les chapitres à un rythme soutenu. Qu’on se le dise, je suis restée dans le flou tout du long ! Je ne me suis absolument pas doutée de la fin, j’ai été totalement prise au dépourvu. Et je dois dire que c’est plutôt agréable.

   L’autrice mêle deux histoires parallèles tout du long de son récit. A savoir l’enquête menée par Bergström, Emily Roy et suivie par Alexis Castells et l’histoire du jeune déporté Erich, enfermé au camp de Buchenwald. Cette partie dans les camps de concentration est assez bouleversante car on sent le récit teinté d’une parfaite connaissance de la situation. J’ai bien senti que Johana Gustawsson maîtrisait très bien le sujet et l’avait parfaitement bien travaillé avant. Tout autant que l’enquête, ce qui donne donc un récit maîtrisé mais surtout totalement vraisemblable.

   Block 46 comporte des scènes difficiles. Comme tout thriller, la première autopsie du corps ou les premières constatations nous place tout de suite dans l’ambiance même si je dois dire que l’autrice n’abuse absolument pas de ces descriptions morbides. La façon dont le tueur mutile ses victimes après les avoir étouffées n’est pas vraiment une partie sympa, mais il n’y a jamais de volonté de choquer de la part de l’autrice. Non, au final, ce qui m’aura le plus retourné les tripes seront les scènes dans le camp de Buchenwald. L’horreur à l’état pur : les appels sans fin des prisonniers, les travaux forcés, la dysenterie, l’absence totale d’hygiène, les tortures, le sadisme des SS, et dans toute cette noirceur, cette boue, même au cœur du froid de l’hiver, l’espoir. La révolte qui gronde au fond des cœurs, l’envie de liberté qui leur brûle les entrailles, un brasier d’espoir qui les maintient en vie. J’ai découvert l’histoire de ce camp, que je connaissais de nom mais sans en savoir bien davantage. Buchenwald usa de sa situation de surpopulation pour sauver des prisonniers condamnés à mort grâce à un puissant mouvement de résistance à l’intérieur même du camp. Mouvement qui participa sans doute à la libération du camp aidant en cela l’armée américaine. Buchenwald fut le théâtre d’atrocités avec ses prisonniers écorchés dont les peaux (tatouées de préférence…) ont servi d’abat-jour, où un presse papier était la tête réduite d’un prisonnier et où des expériences médicales en tout genre étaient menées sur des prisonniers. Cette horreur est finalement bien plus insoutenable que celle des meurtres à proprement parler.

   Le lien entre les deux époques n’apparaît qu’au cours du livre mais cette pratique de narration – qui m’a fait penser à Camilla Läckberg – nous indique que ce pan de l’histoire est un indice quant à l’identité du tueur. Malgré ça, l’autrice nous mène en bateau jusqu’au bout…

   J’ai donc passé un agréable moment de lecture avec Block 46, enfin autant que faire se peut quand on lit un thriller ! Valériane a semble-t-il enchaîné avec Mör, le second opus qui met en scène Emily Roy et Alexis Castells et qui semble dans la même veine. A voir à la prochaine opération Bragelonne…

Bonne lecture,

Maêlle

Lecture que je soumets dans le cadre du Défi lecture 2018, catégorie 78 – Un livre sur au moins deux époques différentes.

Publicités

4 réflexions sur “Block 46 de Johana Gustawsson

  1. valeriane 19 février 2018 / 11 h 36 min

    Je suis devenue une fan inconditionnelle de Johana Gustawsson après avoir lu ce Block 46. Et de fait, j’ai enchaîné avec Mör dans la foulée…
    Et il faut que tu le fasses aussi!

    Je n’avais fait qu’une brève chronique sur le blog… je devais faire une « plus longue » parce que ça le vaut bien (mais la flemme me rattrapant).
    Puis surtout, je me disais que je n’avais pas d’assez beaux mots pour en parler 🙂 (héhé l’excuse à deux balles). Du coup, oui, IG est mon ami!

    J’ai aussi noté la ressemblance avec Camilla Lackberg, c’est le côté suédois ça, mais en beaucoup plus sombre, noir. Je trouve que le travail de recherches historiques est franchement bien mené. Pour la cas de Block 46, le Grand-père de Johana était un rescapé de Bucchenwald, ou avait participé à sa libération.
    J’ai eu la chance de l’écouter lors d’une rencontre à la foire du livre de bruxelles l’année dernière.
    Si t’as l’occas de la rencontrer un jour… elle est adorbale (j’avais été la revoir aussi à Londres. Elle était en dédicace l’année dernière, juste qu’on y arrivait aussi).

    Bref… tu vois tout mon amour pour cette auteur!
    Je trouve que son duo fonctionne vraiment bien. La part des mystères qui entourent leur vie toussa…
    Et la construction histoire/vie courante… j’accroche vraiment!
    Vivement le prochain!!

    • Maêlle 20 février 2018 / 10 h 43 min

      Que d’amouuuur !!! Mais je te comprends, elle est plutôt convaincante et son écriture est très agréable. Promis je lirai Mör 🙂

      Je n’avais pas mis le lien vers ton blog car je n’étais tombée que sur ton « petit » résumé et je pensais que tu allais faire une vraie, longue chronique pour parler de cette autrice 😛

      Il n’y a pas que le côté suédois qui m’a fait penser à Camilla Läckberg mais aussi l’alternance de point de vue, le fait que l’autrice nous plonge dans la vie du tueur (ou des tueurs) sans explication, faisant de cette partie du récit un déroulé dont nous ne sommes « que » spectateur et pas acteur et qui concourt à comprendre aussi la psychologie du personnage.
      Elle est adorbale, j’en déduis qu’elle est adorable et abordable :), si j’ai l’occasion de la rencontrer sur un salon ou une fois, j’irai volontiers faire sa connaissance. J’avais effectivement cru comprendre qu’elle avait un lien particulier avec l’histoire du camp de Buchenwald, mais être capable de raconter de tels moments sans les avoir vécus avec autant d’intensité, moi je dis, ça relève du talent.

      Bon bin, je te souhaite qu’elle en sorte un troisième bientôt !!!! Et oui, oui, promis je lirai Mör (et je pense que j’offrirai Block 46 à une copine fan de thriller si elle ne l’a pas déjà)

      • valeriane 20 février 2018 / 11 h 00 min

        Oui!! IN LOVE!
        (Pas de souci pour le lien 🙂 et de fait, j’avais envie de réécrire un post pour chaque titre, puis bon… le temps passant. Mais je le ferai pour le prochain tome- Aaaaaaah il sort quand?!!!)

        Ahah 🙂 oui adorable. Si t’as l’occasion, fonce. Elle est fort sympathique.

        Héhé, la propagation Gustawsson est en marche 🙂
        C’est clair que ses intrigues sont pas mal dures. Et terriblement prenante 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s