L’anneau de Moebius de Franck Thilliez

Il m’aura fallu du temps… De la patience et de la persévérance pour venir à bout de ce qu’on peut appeler un vrai creux de lecture. Manque de temps, manque d’envie, beaucoup de déceptions, des difficultés à entrer dans les histoires, tout cela s’est cumulé et il vient un moment où on réalise qu’on a tout simplement plus envie de lire. Besoin d’une petite pause, d’un petit break qui explique pourquoi le blog s’est retrouvé silencieux. Faute de lire, difficile d’écrire. J’avais pourtant des choses à raconter mais peu qui soient liées à la littérature. Et puis, j’ai fini par me relancer (sans jamais avoir arrêté totalement) petit à petit mais le constat était là : trois livres entamés, une BD tout juste acquise, par où commencer ? J’y suis allée au « feeling », au gré de mes envies. Alors que je croyais ne jamais terminer L’anneau de Moebius de Franck Thilliez, voilà ma lecture finalement achevée ! J’écluse et je reprends à vous parler lecture ici. Ça fait du bien de vous retrouver.

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   J’ai déjà lu des œuvres de Franck Thilliez et j’avais été littéralement bluffée par la qualité de l’écriture de cet auteur. C’est donc assez naturellement que j’ai acquis sans trop réfléchir L’anneau de Moebius. C’était signé Franck Thilliez alors ça me semblait une raison suffisante. Mais même les bons auteurs ont des faiblesses… Sorti il y a 10 ans, L’anneau de Moebius peut vous faire passer l’envie de lire du Thilliez si vous commencez par celui-ci. Il n’est pas mauvais, n’exagérons rien, la qualité de la plume de l’auteur nous aide à ne pas sombrer. Mais j’ai totalement calé à un moment de l’histoire. Parce que oui, quoiqu’on en dise, près de 300 pages sans décanter l’histoire des deux personnages principaux, c’est long. Pour moi, ce fut beaucoup trop long. Nous sommes dans l’attente de cet événement inéluctable qui n’arrive jamais. Un coup à vous saper le moral. Mais je vais tâcher de mieux exprimer mon ressenti.

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Victor Marchal vient de prendre son poste dans la police criminelle à Paris et il est servi. Première affaire : une ex-star du porno torturée, une mise en scène macabre, et une plongée dans le monde interlope des déviants sexuels et des monstres de la nature. En parallèle, Stéphane Kismet est hanté par des images prémonitoires mais cette fois elles obéissent à une indéchiffrable et terrifiante logique. Dans ses rêves, Stéphane possède une arme, il est recherché par la police, une petite fille est morte… Et il a peu de temps pour comprendre ce qui va lui arriver et le lien avec l’affaire de Victor Marchal.

   On reconnaît bien la patte de Franck Thilliez dans cette façon qu’il a de vous plonger directement au plus de près de ses personnages et de vous immerger dans un univers plutôt glauque et sombre. Ici, les scènes sont trash, âme sensible méfiez-vous, le souci du détails de l’auteur vous amène sur une scène de crime d’un réalisme terrifiant. On est donc dans le vif du sujet assez rapidement avec en plus l’histoire personnelle de Victor Marchal qui n’est pas évidente. Soupçonné par ses nouveaux collègues d’avoir été pistonné pour avoir ce poste, ces derniers lui font bien sentir leur animosité ; s’ajoute à cela la nécessité de devoir faire face à la difficulté d’adaptation de sa femme à leur nouvelle vie parisienne. Faire ses preuves au boulot tout en assurant à la maison semble faire beaucoup pour notre jeune policier inexpérimenté. Mais il a un peu de flair tout de même quoiqu’il fasse tout ce qu’il faut pour rester dans les clous de la procédure. L’ensemble est cohérent et offre une stabilité totalement opposée à la vie de Stéphane Kismet. Ce dernier souffre depuis toujours de sorte de visions prémonitoires qu’il ne parvient jamais à déjouer malgré ses tentatives, parfois presque suicidaires. Il se croit tranquille avec ce problème quand soudainement il se remet à rêver. Petit à petit, on assiste à la déchéance de Stéphane Kismet qui tente le tout pour le tout. On prend de plein fouet son sentiment d’impuissance et on prend pitié de lui. On refuse que ses efforts soient vains et on en vient à le soutenir, à espérer qu’il ne va pas lâcher prise.

   Le début intrigue, happe, emporte dans les méandres d’une enquête à la limite du soutenable. On sent nos personnages sur la corde raide chacun pour des raisons qui lui sont propres. Franck Thilliez oscille entre la folie et la raison scientifique quand il nous développe à travers un personnage secondaire, la théorie de l’anneau de Moebius. C’est là que l’auteur a peut-être cherché à trop en faire. L’explication est assez longue et le chapitre qui y est consacré m’a paru peu compréhensible. C’est finalement durant l’histoire en elle-même et la confrontation avec le vécu de Stéphane que j’ai vraiment cerné le principe des théories développées. Et c’est peut-être là que je me suis dis que le souci du détail devenait un peu pesant pour le lecteur…

   Si nos deux personnages évoluent en parallèle, l’auteur faisant donc le choix de passer du point de vue de l’un puis de l’autre à tour de rôle, il nous tarde de les voir se rencontrer. Et là… Comment vous dire. Au bout de 300 pages, j’avais le sentiment que tout piétinait. Stéphane Kismet nous semble irrécupérable, nos sentiments commencent à changer à son égard (ils reviendront par la suite à de meilleures dispositions) et on a envie de dire à Victor Marchal de lâcher prise, d’arrêter ses conneries et de prioriser. Bref, on commence à perdre un peu le fil, l’enquête n’avance pas mais notre lecture non plus ; j’avais le sentiment de ne plus progresser dans l’histoire.

   Il faut persévérer, et quelques pages plus loin (disons quand même pas loin d’une centaine je pense) la machine reprend, le rythme s’emballe, tout s’enchaîne et nous nous retrouvons à nouveau au cœur de l’histoire. Mais cela peut avoir de quoi décourager. A trop vouloir faire durer le suspens avant la rencontre des deux personnages, Franck Thilliez menace de nous perdre nous. Trop répétitive, l’histoire manque de nous lasser et le livre de quitter nos mains sans être terminé. Alors qu’au final l’histoire est parfaitement ficelée comme toujours avec cet auteur. On ne s’attend pas aux révélations qui nous tombent dessus. On s’attend encore moins à être malmené comme il le fait, nous dévoilant un pan de la solution sans nous révéler le reste immédiatement. Il joue avec nos nerfs, mais c’est souvent le cas avec lui.

   En somme, c’est globalement un bon livre, la fin est presque trop rapide finalement par rapport au temps (fort) long de l’enquête. Cette sensation est d’autant plus accrue dans mon cas que j’ai manqué abandonner ma lecture en cours de route. Aux fans inconditionnels de Franck Thilliez, je n’ai guère besoin de leur conseiller de le lire. Aux autres, je vous invite à opter pour d’autres de ses romans, peut-être moins longs et donc sans doute mieux gérés dans les développements.

Bonne lecture !

Maêlle

Lecture que je soumets dans le cadre du Défi lecture 2018, catégorie 6 : lire un roman policier.

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