Les illusions de Sav Loar de Manon Fargetton

   Après avoir lu de Manon Fargetton L’héritage des Rois-passeurs puis Aussi libre qu’un rêve, j’ai saisi l’occasion de retrouver sa plume en m’offrant Les illusions de Sav Loar, un roman de fantasy se déroulant dans le même univers que L’héritage des rois passeurs, croisant même l’histoire de ce dernier.

   Bon, j’ai été un peu frustrée au début, ne me rappelant pas de tous les détails de L’héritage des Rois-passeurs mais finalement cela m’est revenu au fil de ma lecture, et il s’avère que ce n’est absolument pas indispensable d’avoir lu le premier pour lire celui-ci et vice-versa. Si les deux œuvres se rejoignent à plusieurs reprises, nous permettant de profiter d’un autre point de vue sur l’histoire, elles demeurent parfaitement indépendantes l’une de l’autre. Je conseillerai néanmoins de les lire dans l’ordre chronologique, soit d’abord L’héritage et ensuite Les illusions.

   J’ai mis beaucoup de temps à terminer cette lecture mais seulement parce que j’ai refusé de l’abandonner alors que j’étais dans ma mauvaise passe (cf mes précédents articles)… J’ai aimé retrouver le style de l’autrice, me replonger dans son univers, dans les arcanes de la magie, et j’ai persévéré jusqu’au bout. Sans regrets, car j’ai beaucoup apprécié ma lecture !

Les magiciennes de Sav Loar se terrent dans la forêt des illusions à l’abri des regards derrière la palissade de leur magie. Et pour cause, traquées, chassées, tuées ou mutilées par les mages, elles n’ont pas le droit de cité en Ombre. C’est au creux de la forêt qu’elles se regroupent, qu’elles forment celles qu’elles parviennent à sauver et qu’elles tentent d’infléchir la politique. Bleue est une esclave qui sera vendue en compagnie d’autres esclaves. Mais Bleue est bien davantage que cela. Parviendra-t-elle à échapper au triste sort qui semble être le sien depuis sa naissance ?

   Bleue n’était pas le personnage le plus facile auquel s’attacher et pourtant Manon Fargetton fait le choix d’en faire son personnage principal. Taciturne, renfermée, méfiante, Bleue est une héroïne atypique. Je ne suis pas parvenue à m’attacher beaucoup à elle, ce qui est plutôt un tour de force car justement, tout au long de l’histoire, Bleue refuse de s’attacher aux autres. Elle a peur de la souffrance, qu’elle soit physique ou mentale. Et s’attacher, c’est prendre le risque de souffrir. Bleue se mure sous sa carapace impénétrable. Et cela fonctionne même avec la lectrice que je suis. J’ai eu du mal à la cerner, à la comprendre et donc j’ai maintenu à son égard une indéniable distance. Pour ne pas nous laisser eseuler face à un personnage tel que Bleue, l’autrice la dote de personnages secondaires époustouflants, auxquels, à l’inverse, on s’attache énormément.

   La terrible et fragile Féluriane, le doux et sage Oreb, le maladroit combattant Guilhem et la fougueuse Tiriss, forment un groupe soudé autour de Bleue, à son contact ou évoluant en parallèle d’elle. Les personnages sont très bien travaillés, tous autant qu’ils sont. Les magiciens du clos, loin d’un manichéisme facile, se révèlent plein de surprises également. Prenant le temps de développer son univers, Manon Fargetton nous offre un environnement où on a le sentiment d’évoluer comme si nous étions chez nous.

   Empreint de magie, le récit n’en demeure pas moins très épique, tous les personnages n’étant pas dotés de magie et tous les magiciens n’excellant pas dans le même art. Là encore, l’autrice prend le temps de nous expliquer toute la technique qui se cache derrière chacune des magies. Et surtout, pourquoi les magiciennes sont ainsi persécutées… L’ambiguïté et l’évolution de Bleue nous amènent à des dénouements parfois inattendus. J’ai été surprise et émue à plusieurs reprises au cours de ma lecture. C’est une histoire qui vous prend aux tripes et nous lâche pas.

   Je crois que j’ai pu d’ailleurs la continuer malgré ma difficulté à lire, car j’avais le véritable sentiment de « retrouver » des amis. Au fil de ma lecture, je me suis installée dans ce monde et prenais plaisir à y revenir. C’est aussi là, la force de cette histoire très dense.

   L’idée de nous faire apercevoir des bribes de son roman L’héritage des Rois-passeurs par le biais de cette histoire m’a beaucoup plu ! J’ai trouvé cela très original et ça a concouru à me faire apprécier le récit.

   J’ai lu sur ma liseuse et je n’ai donc pas pu pleinement apprécier la couverture qui se révèle magnifique et que je vous ai mise en début d’article. Elle est très travaillée et représente bien le récit qui va nous être dévoilé.

   En somme, c’est une très belle lecture et si vous n’avez pas encore découvert la plume de Manon Fargetton, je vous invite à le faire rapidement ! L’héritage des Rois-passeurs ou Les illusions de Sav-Loar sauront séduire les amateurs de fantasy sans difficulté, le deuxième, plus développé, plaira davantage encore aux plus exigeants. A noter que la version papier grand format compte tout de même 480 pages (on nous annonce 864 pages en petit format), de quoi occuper une partie de l’été…

Bonne lecture,

Maêlle

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2 réflexions sur “Les illusions de Sav Loar de Manon Fargetton

    • Maêlle 14 août 2018 / 20 h 22 min

      J’en suis ravie !! Vraiment, c’est un livre de qualité qui vaut le coup…

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