Glacé de Bernard Minier

   Auteur français de thriller, Bernard Minier s’est fait remarquer avec son premier livre Glacé, distingué par le prix du meilleur roman français ou francophone au Festival Polar de Cognac en 2011. Il était donc temps que je découvre cette plume dont j’entendais le plus grand bien… C’est chose faite et je dois dire que je me rallie à la majorité !

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   Le commandant Martin Servaz du SRPJ de Toulouse est appelé de toute urgence à se rendre dans un petit village perdu des montagne pyrénéennes où a été retrouvé, accroché à un poteau métallique le corps… D’un cheval. Parallèlement, une jeune psychologue suisse prend son poste dans un institut très réputé, dissimulé dans cette même vallée encaissée et où on y enferme les criminels les plus dangereux…

   Montagne, neige, vallée encaissée, tempête, autant vous dire que niveau ambiance, Bernard Minier choisit de développer son histoire dans un décor qui pose tout de suite le ton. On va avoir froid, l’auteur va jouer avec nos peurs primaires comme celle du noir, et bien sûr, on aura un problème de réseau pour communiquer… On s’attend à grelotter et à frissonner mais on n’est pour autant pas préparé à cette enquête sordide et complexe qui nous emmène à la pêche aux secrets dans un monde de taiseux.

   Les descriptions des lieux, précises et toujours utilisées à bon escient alternent entre la peur que génère ces magnifiques paysages glacés et la beauté de ces derniers qui vous transcendent. La montagne nous domine, nous écrase, nous protège, nous offre un écrin de beauté pure. Elle est à la fois la menace permanente et le refuge protecteur. J’ai trouvé qu’elle était un personnage à part entière dans ce récit.

   L’institut, avec tous ses criminels dangereux, génère une sensation d’angoisse. L’ambiance est très oppressante entre ces épais murs de béton. On a littéralement l’impression de devenir claustrophobe sans parler de la peur inhérente à un tel endroit. Bref, on a tout sauf envie de passer du temps dans un tel lieu…

   Les autres personnages ne sont pas en reste. Commençons par le principal, le commandant Servaz. Flic à l’ancienne, pas très doué avec les nouvelles technologies mais doté d’un sens de la déduction et d’un flair hors pair. Même si l’enquête arrive à une période de sa vie pas facile, il n’en demeure pas moins le policier de la situation, qu’on ne s’y trompe pas. Mais avoir de l’instinct ne suffit pas toujours, et cela inclut de devoir faire des paris, des coups de bluff… Servaz en fera avec un résultat loin d’être prévisible. Il gravite autour de lui une galerie de personnages secondaires très forts : que ça soit ses adjoints, loyaux et soucieux de l’aider au mieux, une gendarme aussi douée que lui par certains aspects, l’auteur nous permet de nous attacher à tous ces gus, à les apprécier et à finir par avoir l’impression de vivre un peu avec eux. Il faut dire qu’avec 725 pages en format poche, il faut réussir à captiver ses lecteurs de toutes les façons possibles, et avoir d’excellents personnages en fait indéniablement parti.

   La jeune psychologue m’a moins convaincu ou en tout cas moins enthousiasmé. Cela s’explique sans doute notamment par le fait que nous passons moins de temps avec elle qu’avec les enquêteurs. Par contre, elle est l’intermédiaire qui nous fait rencontrer d’autres personnages donnant des dialogues de haute volée sur la notion de bien, de mal, de souffrances… Ces échanges m’ont fasciné et je les ai trouvés particulièrement pertinents. C’est donc l’ensemble, et non pas un seul personnage, qui ajoute de l’intérêt à l’histoire pour notre plus grand plaisir.

   Des personnages parfaitement maîtrisés, évoluant dans un décor fantastique, il ne manque plus qu’une histoire qui tient la route et tous les ingrédients sont réunis pour expliquer l’obtention du prix et l’engouement des lecteurs. Et, Bernard Minier la tient son histoire. De bout en bout, il va manipuler le lecteur et ses personnages, nous entraînant sur des pistes diverses et variées, nous réservant bien des surprises, et rarement celle qu’on attend. L’enquête suit son cours et nous avec, alternant révélations et interrogations. On se doute parfois qu’il y a un lien entre telle et telle chose sans pour autant réussir à le découvrir avant les policiers. Que le lecteur soit omniscient grâce à l’utilisation de la troisième personne du singulier, ne nous offre guère d’avantages sur les personnages… Tout juste savons-nous ce qui se passe au sein de l’institut, ce qui nous permet plutôt d’écarter des pistes plutôt que  d’en trouver de nouvelles !

   Vous l’aurez compris, je sors enchantée de cette lecture. Une seule question demeure pour moi à la fin quant au devenir d’un des personnages… Je me la réserve pour le jour où je rencontrerai l’auteur ! Aux amateurs du genre, je conseille vivement cette lecture  ! Pour ma part, il ne me reste plus qu’à découvrir la série tirée du roman…

Bonne lecture,

Maêlle

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