Le crime d’Halloween d’Agatha Christie

   Dans le cadre du Défi Lecture 2018 il y avait une catégorie qui proposait de lire un livre d’Agatha Christie ou Mary Higgins Clark. J’ai opté pour la première, l’une des premières autrices que j’ai lue plus jeune, grâce à ma maman, grande fan de l’éminent Poirot. J’ai bien tenté de lire un récit avec Miss Marple mais à l’époque, rien n’y a fait, je n’avais d’yeux que pour les histoires mettant en scène le grand détective Hercule Poirot. Alors j’ai eu envie de me plonger dans l’un des livres non lus, avec un petit goût d’enfance…

Une fête enfantine est organisée pour Halloween par Mrs Drake. A cette occasion, la jeune Joyce se vante d’avoir vu un meurtre « pour de vrai ». Personne n’en fait cas, l’adolescente est réputée pour mentir afin d’attirer l’attention. Alors que la fête touche à sa fin, on retrouve Joyce seule dans une des pièces de la maison de Mrs Drake. Seule et… Morte. Mrs Oliver, amie de Poirot, fait appel à lui.

   J’avais quelque peu oublié l’égo du détective quand j’ai commencé ma lecture mais j’ai néanmoins apprécié retrouver sa bonhomie et ses habitudes dont il refuse tant de se défaire. Ses emblématiques moustaches, ses bottes vernies qui lui font mal aux pieds, son œuf à la coque qui doit être parfaitement cuit. Il m’a semblé retrouver un vieux monsieur qui s’amuse toujours autant à enquêter.

   Lire Poirot c’est avoir le sentiment d’enquêter sur une multitude de petits riens. Il s’attache à des détails et même si nous savons qu’ils ont leur importance, nous peinons bien souvent à comprendre leur véritable valeur. Il en va toujours ainsi avec Hercule Poirot. Et c’est bien souvent un peu agaçant parce qu’on se doute de quelque chose, on cherche, on se malmène les neurones pour bien souvent tomber à côté de la plaque (ou ne pas tomber du tout faute d’idée). Mais justement, c’est là l’intérêt des enquêtes d’Agatha Christie ! On se fait mener par le bout du nez.

   Ici, on s’interroge sur ce qui a pu motiver le tueur à noyer cette pauvre Joyce. Poirot enquête dans un petit village où il retrouve une ancienne connaissance, un policier à la retraite qui avait fait appel à ses services par le passé. Grâce à lui mais surtout sa femme, il peut glaner quelques informations sur les habitants du petit village où il se retrouve à mener l’enquête. Le meurtre a eu lieu chez Mrs Drake, une femme bien sous tous rapports, respectée dans sa communauté, autoritaire mais bienveillante. L’autrice décrit toujours le personnage avant son entrée en scène et nous dévoile sa personnalité à travers la confrontation avec son détective.

   Hercule Poirot a une haute estime de lui-même et pour cause : il parvient toujours à résoudre une affaire (parfois même plusieurs en même temps ce qui est le cas dans le présent opus). Il sait ce qu’il vaut. Les gens le connaissent, sa réputation n’est plus à faire. Et pour cause, l’homme est méticuleux, consciencieux et intelligent. Il suit sa propre logique, son propre raisonnement qui lui permet bien souvent de tirer des conclusions pertinentes. L’autrice nous dévoile juste ce qu’il faut pour maintenir le mystère sans lasser son lecteur. Ainsi nous saurons quelques conclusions de Poirot avant la fin, notamment ce qu’il peut penser de certaines personnes.

   Parmi la galerie de personnages, Mrs Oliver est un peu à part. D’abord, il s’avère que c’est une femme écrivaine qui écrit des romans policiers. C’est drôle, mais j’y verrai presque un clin d’œil à l’autrice elle-même ! Elle sait combien Hercule Poirot est un excellent enquêteur et c’est ce qui l’a poussée à le solliciter ; ça et leur amitié ainsi que son instinct. Ce qui est plus étonnant, c’est l’estime et le respect d’Hercule pour cette femme. Non pas que l’homme soit des plus désagréables à l’égard des femmes, loin s’en faut, mais parce qu’il éprouve pour Mrs Olivier un indéniable respect pour son talent d’écriture. J’ai beaucoup aimé leur relation, cette amitié qui les unit et qui ôte un peu d’égo à notre cher moustachu.

   Je suis attachée au charme anglais, un peu suranné, du célèbre détective. Je me suis délectée de cette enquête comme on se délecte d’un gâteau nous rappelant notre enfance. Pour la première fois, j’avais frôlé la compréhension de certains pans de l’histoire, j’avais notamment pas mal cerné un personnage et émit des doutes – qui s’avérèrent fondés – sur un autre. Pour autant, je n’aurai pas deviné tous les tenants et aboutissants sans Hercule Poirot.

   J’ai passé, sans surprise, un très bon moment de lecture avec le détective anglais le plus célèbre. Je vous invite à aller partager un thé avec lui.

Bonne lecture,

Maêlle

P.S.: à noter que cette histoire a fait l’objet d’une adaptation télévisée dans le cadre de la série « Les petits meurtres d’Agatha Christie« . Série que j’affectionne énormément, de part le jeu des acteur et le soin apporté aux décors et costumes. Seule l’enquête est repris, pas le personnage de Poirot, ce qui donne une adaptation tout à fait intéressante, le commissaire Laurence, Avril et Marlène étant des personnages qui marchent très bien.

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