Utopies réalistes de Rutger Bregman

   Alors que je découvre le discours engagé et percutant de Clément Choisne lors de sa remise de diplôme à l’école centrale de Nantes (il serait temps, il l’a prononcé le 30 novembre 2018…), je me dis qu’il est temps que je vous parle du livre de Rutger Bregman, Utopies réalistes.

   Ce livre dénote quelque peu dans le style littéraire habituel. Ce n’est pas la première fois que je m’adonne à des lectures qui sortent des sentiers que je prends habituellement. Si j’aime lire pour m’évader, rêver, j’apprécie aussi parfois que ça soit pour entretenir mon esprit critique. Utopies réalistes est de ces livres qui se lisent plutôt lentement pour bien saisir la teneur du propos. Exit pour ma part la lecture du soir en sa compagnie, j’ai privilégié des séances de lecture en journée et suffisamment importantes pour ne pas m’arrêter en pleine explication. J’ai apprécié faire travailler mes neurones,  alors si ça vous tente, je vous invite à lire la suite !

   La couverture est intrigante avec toutes ces grandes idées inscrites dessus. Les personnes qui l’ont aperçue autour de moi ont souvent ri, presque méprisé ce qui était inscrit. Pourquoi ? Parce qu’ils sont convaincus que la société qu’ils connaissent, qu’on leur vend depuis des décennies, ne peut être remise en question par des utopistes. Il faut, a minima, imaginé que ce qui est écrit dessus « La semaine de travail de 15h » par exemple, trouve un écho en vous. Que vous puissiez imaginer un instant, que ce que vous connaissez puisse être radicalement changé.

   Indéniablement, cette couverture attise notre curiosité, elle nous pique au vif et ce n’est que la couverture. Préparez-vous à plonger dans un autre univers et pas seulement utopiste.

   Un univers de chiffres, de courbes, d’études, de statistique. L’auteur, journaliste de profession, a concentré plusieurs de ses articles dans cet ouvrage. Ces articles sont précis, détaillés, approfondis, c’est un travail soigné et rigoureux. La série d’articles qu’il a rédigés et qu’il reprend dans cet ouvrage ont pour point commun de remettre en question notre société. Et si on revoyait notre copie en matière d’économies, de justice sociale ?

   Semaine de travail de 15h, revenu universel, ouverture des frontières… Le journaliste balaie très largement les notions qui émergent ici ou là. Il en décortique certaines, nous fait l’historique d’autres, tout en cherchant à rester, autant que faire ce peut, à portée de lecteurs. Tout n’est pas simple à comprendre mais l’auteur essaie de faire l’effort d’être explicite et cela mérite d’être souligné.

   Je me suis retrouvée à être plutôt passionnée par les propos. J’ai aimé découvrir et apprendre. Découvrir que des études sur le revenu universel ont été menées il y a bien longtemps… Aux Etats-Unis, sous Nixon ! Apprendre le résultat de celle-ci, bien éloigné des préjugés que nous pouvons avoir concernant cette mesure. L’auteur étaye son propos, multiplie les exemples, il fait preuve d’une certaine pédagogie vraiment appréciable tant le sujet, intéressant, n’est pas facile à aborder.

   Le propos est divisé en chapitre portant chacun sur des thématiques précises : le temps de travail, le revenu universel… On aborde aussi des points moins connus : la mesure de la croissance (remplacer le sacro-saint PIB – produit intérieur brut – par un autre indice de mesure tel que celui du bonheur national brut que le Bouthan avait mis en place), le rôle du capitalisme. Là où je diverge sans doute d’avec le journaliste, c’est sur la vision qu’il a de ce dernier. S’il remet en cause certains pans de nos sociétés, le principe du capitalisme, pourvu qu’il devienne à nouveau bénéfique aux populations, n’est pas remis en cause. Je suis plus sceptique sur cette vision, mais j’ai déjà apprécié de découvrir ce que l’auteur met à notre portée.

   En somme, c’est un livre qui permet de s’ouvrir l’esprit sur des problématiques actuelles. Ce genre de lecture nous aide à aiguiser notre esprit, à maintenir un regard critique sur notre société, à découvrir des alternatives et parfois à prendre conscience de difficultés que l’on ne discerne pas.

   Je vous laisse avec la vidéo du discours du jeune ingénieur dont je vous ai parlé au début de l’article :

Bonne lecture & bonne réflexion,

Maêlle

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