L’épée de vérité – La première leçon du sorcier de Terry Goodkind

   Une opération Bragelonne a fini par me convaincre de me lancer dans une série de fantasy extrêmement renommée – à ce qu’il paraît – : L’épée de vérité – La première leçon du sorcier de Terry Goodkind. J’avais lu des commentaires dithyrambiques à son sujet… Mais aussi d’autres plus pondérés. J’ai décidé de me faire mon avis moi-même en me lançant dans cette lecture dont je ressors… Indécise.

Richard Cypher est garde-forestier en Terres d’Ouest, une contrée préservée de toute magie grâce à la frontière qui la sépare du reste du monde. Un jour, il aide une femme sortie de nulle part, à échapper aux griffes de féroces poursuivants et décide de ne plus la quitter. Il ne sait d’elle que son prénom, Kahlan. Alors qu’il retrouve son ami Zedd pour lui demander conseil, Richard va voir sa vie bouleversée.

   Je suis entrée dans l’histoire avec une facilitée presque déconcertante. Oui déconcertante, parce que je ne connaissais pas l’auteur, je ne connaissais pas l’histoire à venir et pourtant je n’ai eu aucune difficulté à me sentir à l’aise dès les premières pages. C’est donc une vraie rencontre entre l’auteur et moi à travers sa plume incroyablement fluide, ses décors posés qui nous immergent dans le monde de son personnage.

   Je suis toujours impressionnée par ces auteurs qui sont capables de vous emmener dans leur histoire avec une telle facilité. Mais ma belle rencontre ne s’est pas transformée en total coup de cœur…

   Si Richard Cypher est un personnage attachant à bien des égards – la sympathie qu’on éprouve pour lui nous aide à être bien dans cette histoire – d’autres personnages m’ont moins convaincu et surtout, Terry Goodkind m’a totalement perdu lors d’un passage. Un choix narratif qui m’a laissé pantoise et qui m’a paru carrément incongru.

   Tout d’abord les personnages. J’ai adoré Zedd – quelle gouaille ! -, Rahl est un méchant classique mais plutôt efficace et mené avec beaucoup de cohérence par l’auteur (entendez par là que c’est un vrai méchant, sans tendresse dissimulée, sans remords, sans sentiment de culpabilité), le frère de Richard, Michael, s’avère plutôt prévisible quoiqu’au départ on ne sache pas trop quoi penser de lui, mais finalement Kahlan, omniprésente, est clairement celle qui m’a le plus agacée. Ses atermoiements quant à révéler sa véritable nature à Richard m’ont exaspéré. Décrite pourtant comme une femme puissante, que l’on imagine – et que l’on découvre – intelligente, elle fait montre d’une immaturité presque ridicule quand il s’agit de ses sentiments. Logique et pragmatique, elle perd toute raison là où pourtant elle lui serait bien utile. Si on peut comprendre au départ cette hésitation, qu’elle explique, la faire durer indéfiniment rend la chose plus pénible qu’agréable. Et c’est dommage car la relation qui va unir ses deux personnages est essentielle au roman.

   Les explications relatives à la magie, son mode de fonctionnement, les différentes formes de magie, sont vraiment très bien tournées. Celle qui régit l’épée de vérité d’ailleurs est absolument géniale. L’auteur a en la matière une superbe imagination. Les informations sont apportées de façon régulière à l’histoire, nous permettant de comprendre petit à petit. Nous découvrons en même temps que notre personnage qui est aussi ignare que nous en la matière.

   Ensuite, Terry Goodkind fait un choix narratif relativement surprenant à un moment de l’histoire. Tout au long de celle-ci, nous découvrons l’univers dense et fouillé de l’auteur. Il créée des pouvoirs, des êtres humains dotés de capacités diverses etc. Toujours bien amené, je prenais plaisir à les découvrir donc. Il décide, très logiquement, de faire entrer des personnages plus sombres, plus violents, proche de l’ennemi. Il créée donc, les Mord-Sith. Et là, comment dire… Oh, ce n’est pas la violence qui m’a répugné. Ce n’est pas l’idée du sexe non plus, je ne suis pas prude. Mais c’est plus le mélange, qui fait de la Mord-Sith une sorte d’adepte du sado-masochisme ultra violent, qui en devient… Caricaturale. Et on comprend l’idée au bout de 5 pages. On se dit « Allez une nouvelle épreuve, ça va vite passer. » Mais non. L’auteur en rajoute une couche, puis une autre… Plus de 20 pages plus tard, je commençais sérieusement à m’ennuyer. Parce qu’une épreuve comme celle-ci qui ne fait, en plus, pas avancer l’histoire d’un kopeck, je m’en passe. Vraiment.

   Vous sentez mon emballement du début légèrement douché ? J’étais d’autant plus déçue que je me sentais très bien dans ce roman, avec ces personnages malgré une Kahlan un peu pénible. Là, j’ai pris une sorte de douche froide terminée par une fin certes intéressante de par les révélations qu’elle contient mais aussi presque trop « facile ». Elle amorce néanmoins la suite que je suis assez tentée de découvrir même si il m’a été dit (via le réseau social de l’oiseau bleu) que notre cher auteur récidivait dans les travers que je lui reproche. A suivre donc…

Bonne lecture !

Maêlle

Lecture partagée dans le cadre du Défi Lecture 2019 – catégorie n°47 – Un livre où il y a au moins une scène de sexe (décrite ou pas)

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2 réflexions sur “L’épée de vérité – La première leçon du sorcier de Terry Goodkind

  1. Acr0 25 mai 2019 / 11 h 24 min

    J’ai davantage eu des retours plutôt négatifs de personnes dont je suis proche en termes de goûts littéraires. Je suis donc contente de découvrir ton avis, toi qui as voulu justement voir de quoi il en retournait. J’espère que l’effet « douchée » ne perdura pas. Peut-être que si tu sais qu’il récidive dans les travers que tu as épinglé, ce sera un ressenti différent car tu sais à quoi t’attendre ?

    • Maêlle 27 mai 2019 / 21 h 17 min

      C’est un plaisir de partager mon impression et de pouvoir en discuter avec toi ! J’ai eu un petit sentiment de « gâchis » : une belle imagination, une écriture très fluide desservies par des choix scénaristiques inutiles. Sans doute serai-je moins surprise lors d’une prochaine lecture, ma crainte réside finalement dans le nombre de pages durant lesquelles ses travers vont durer… Et c’est dommage.

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