La fiancée de Bombay de Julia Gregson

   Alors que nous sortons tout juste d’un épisode caniculaire, je me décide à vous parler d’un roman tout à fait en accord avec la météo actuelle, La fiancée de Bombay de Julia Gregson. Sans doute que la chaleur de ces derniers jours m’a rappelé ma lecture durant laquelle nous subissons le climat indien du XXème siècle : chaleur étouffante, mousson… Pour nos jeunes anglaises, le choc va être violent !

   Ce roman n’est pas un grand roman historique mais la plume de Julia Gregson n’est pas désagréable. Légèrement maladroite par instant, avec quelques phrases aux tournures alambiquées mais globalement, ses descriptions nous immergent bien dans son récit. Récit qui met en scène trois jeunes femmes.

Anglaises, elles partent toutes aux Indes pour une bonne raison. La belle, douce et naïve Rose part y retrouver Jack, officier de l’armée anglaise, auquel elle s’est fiancée. Victoire, dite Tor, sa meilleure amie, l’accompagne en tant que témoin. Elle espère trouver l’amour et ne jamais revenir en Angleterre. La troisième, Viva, chaperonne les deux jeunes filles ainsi qu’un autre jeune homme, travail qui lui permet de faire la traversée à moindre coût pour aller surla trace de ses parents.

    Voilà nos protagonistes embarqués sur un bateau à destination de Bombay, pour un voyage qui durera un mois. L’ambiance est légère sur le navire, le temps est à la fête, à profiter. Des amitiés naissent, se nouent, on comprend que certaines vont perdurer une fois à terre, quand d’autres n’ont pas vocation à se poursuivre. Si l’autrice a tendance à avoir des personnages au caractère un peu cliché, il n’en demeure pas moins qu’elle parvient à installer son ambiance et ses personnages. Et j’ai trouvé appréciable qu’elle fasse évoluer ces derniers.

   En effet, la «fragile» Rose va se révéler être une femme déterminée et sa gentillesse innée finira par la servir plutôt que l’inverse. Quant à l’insupportable Tor, que l’on trouve échevelée et irresponsable, va finalement se révéler au fil du roman. D’empotée, on la découvre finalement passionnée. Et la rigide Viva en sera pour ses frais.

   Les destins de ces trois femmes sont radicalement différents et ce qui ressort avec le recul, c’est l’idée que chacune vit différemment, fait ses propres choix et que parfois, les jugements que nous portons sur ces décisions, à l’aune de nos principes, se révèlent complètement inexacts. Ce qui vaut pour l’une, ne vaudra peut-être pas pour une autre.

   Nous replongeons également dans une époque trouble. L’Inde est encore une colonie britannique mais les tensions commencent à être sérieuses. La domination anglaise est remise en question, le désir d’indépendance indien transpire dans les remous qui agitent la société. Autant dire que pour Viva, jeune femme qui souhaite demeurer indépendante, la situation n’est guère aisée. Sa position de femme célibataire et sans aucun homme à ses côtés (entendez par là, frère, père, oncle…) lui pose quelques inquiétudes. D’autant qu’elle est embauchée pour travailler dans un orphelinat et que même l’aide désintéressée de ces structures est critiquée. J’ai donc trouvé que l’ambiance tendue choisie par l’autrice fonctionnait plutôt bien. Je ne suis pas assez calée sur le sujet pour savoir si il en fut réellement ainsi, mais je ne perds pas de vue que nous demeurons dans un roman. L’ensemble proposé est plausible pour la lectrice que je suis.

   On retrouve tout au long du récit des spécialités indiennes. Ainsi Julia Gregson utilise ses connaissances du pays pour glisser des spécialités culinaires (miam), pour parler de traditions festives (couleurs chatoyantes et musiques entraînantes !) et nous dépeindre ainsi un peu de ce pays.

   Pour finir, le ressenti de chacune des protagonistes est un élément essentiel du récit. En effet, nous partageons les doutes de Rose, les complexes de Tor et les difficultés de communication de Viva. Au fil des pages, ces trois femmes sont devenues des amies que je retrouvais avec plaisir.

   Ce livre a parfaitement rempli son rôle ! Je cherchais du romanesque facile à lire, pour me détendre et avec des bons sentiments. Pour les adeptes de réalité historique, je ne suis pas certaine qu’il vous comblera et si vous êtes très exigeant sur la qualité de la plume, pas sûre que vous soyez satisfait. Mais si comme moi, vous avez envie de voyager et de lire quelque chose de léger, je vous le conseille !

Bonne lecture !

Maêlle

Lecture partagée dans le cadre du Défi lecture 2019 – catégorie 3 – Un livre dans lequel il y a une naissance

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