Les galeries hurlantes de Jean-Marc Dhainaut

   Cela devient comme un petit rituel la lecture d’un roman de Jean-Marc Dhainaut pour Halloween, notamment dans le cadre du challenge de Lou & Hilde (qui fête ses 10 ans cette année mais que je ne suis pas parvenue à suivre en raison d’un calendrier personnel très chargé). Je n’ai pas dérogé à la tradition cette année puisque j’ai lu Les galeries hurlantes, son dernier roman grâce aux éditions Taurnada que je remercie chaleureusement. Et j’ai aimé, même si j’avoue que j’aurais aimé qu’il soit un peu plus long… Que voulez-vous, quand on aime, on ne compte pas les pages – et on en demande toujours plus !

   Un nouvel opus de qualité qui m’a séduit et dont je vais vous parler.

Alan Lambin est contacté par un homme au bord du gouffre. Sa femme est morte, sa fille a un ami imaginaire, sa belle-mère a perdu la tête, lui il a perdu son emploi et noie son marasme dans l’alcool. Il tente aussi d’oublier les bruits étranges qui se manifestent régulièrement, la sensation que sa femme est toujours là. D’abord sceptique, Alan accepte finalement de se rendre sur place, dans le nord minier de la France. Cette fois sans Mina, clouée au lit par une vilaine migraine.

   Jean-Marc Dhainaut met ici en avant l’histoire minière française. S’il décrit sans concession l’état de délabrement actuel de ces endroits abandonnés, il ne néglige pas la fierté que l’on est en droit de ressentir à l’égard de ces gens. Ces ouvriers ont trop souvent payé de leur vie les descentes sous terre. C’est dans cette ambiance de désolation que l’on retrouve Alan et Etienne.

   Comme à son habitude, le chasseur de fantôme s’interroge sur la réelle présence de phénomènes paranormaux. Car face à lui, il a un homme qui a tout perdu et qui sombre. Ce qu’il décrit existe-t-il bel et bien ou doit-il à l’alcool une imagination débordante ? C’est toute la question, et c’est aussi parce que Alan continue de se la poser tome après tome qu’il conserve la crédibilité que l’auteur tend à lui confier depuis le début.

   La mort a lourdement frappé la demeure d’Etienne. Entre sa femme morte peu de temps avant l’arrivée d’Alan, son beau-père décédé dans un accident de mine vieux de plus d’une décennie et dont le corps n’a jamais été retrouvé, le pauvre homme n’est pas gâté par la vie. Il nous fait de la peine même si on meurt d’envie de lui dire de ne pas céder à la tentation de la bouteille enivrante. Seulement voilà, l’alcool l’assomme et lui évite d’entendre le bruit de la machine à coudre dans la pièce d’à côté. Ou encore, de sentir la présence froide de sa femme dans la chambre à coucher. Etienne fuit à défaut de trouver une solution. Alors évidemment il mise beaucoup sur Alan même s’il reste perplexe face aux méthodes employées.

   Alan se laisse guider par son intuition et mène son enquête comme à son habitude. Bien que la matériel soit présent, je l’ai trouvé peut-être moins à l’affût d’une preuve irréfutable de l’existence des fantômes. Tout ce récit m’a d’ailleurs donné cette impression qu’Alan s’interrogeait sur la pertinence de sa quête. Cela va d’autant être remis en question par cette enquête mais je ne peux pas vous dire dans quelle mesure.

   L’absence de Mina n’impacte en rien la qualité du récit. Au contraire, j’ai apprécié retrouver Alan seul et ne pas avoir les quelques excès de mièvrerie que j’avais pu pointer dans le tome précédent. Jean-Marc Dhainaut maîtrise à la perfection son personnage et c’est donc un véritable plaisir de le retrouver. Alan est toujours le même, rationnel, pragmatique, persévérant et profondément humain. Dans ce nouvel opus, l’auteur nous fait partager ses connaissances sur la vie des miniers en France quand les mines étaient en exploitation. Un récit malheureusement émaillé de drames comme ce milieu en a beaucoup connu. J’y ai retrouvé un peu de Germinal de Zola avec ces descriptions et cette immersion au cœur de la terre.

   Il y a aussi une histoire d’amour, d’enfant, de vie gâchée ou de vie pleine de remords. J’ai trouvé que l’histoire de Karine, la femme d’Etienne était abordée avec beaucoup de tact et de douceur. On y retrouve un Alan plein d’empathie et de compréhension. Comme toujours on y parle de fantômes, on frissonne même si aux côtés d’Alan Lambin on ne ressent pas trop de peur. Néanmoins, pour ma part, l’idée d’aller sous terre me terrorisant, je dois avouer que l’enquête en milieu minier fut pour moi quelque peu éprouvante ! En tout état de cause, comme à son habitude, Jean-Marc Dhainaut distille le paranormal sans volonté de nous effrayer plus que de raison.

   Je ne peux parler de la fin et pourtant… Aaaah mais qu’est-ce que c’est que ce sous-entendu ?? J’aimerai évidemment interroger l’auteur à ce sujet mais je ne vais pas vous partager mon questionnement ici au risque de vous priver du plaisir de découvrir par vous-mêmes.

Allez, bonne lecture, frissonnez bien ! Et surtout n’hésitez pas à aller découvrir les contributions des autres participants au challenge !

Maêlle

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2 réflexions sur “Les galeries hurlantes de Jean-Marc Dhainaut

  1. rachel 7 novembre 2019 / 22 h 58 min

    Et bin tout un livre de situation…des fantomes dans une mine….ce livre doit etre vraiment interessant…;)

    • Maêlle 11 novembre 2019 / 14 h 26 min

      Franchement oui, il vaut le coup de lecture 😉 L’ambiance est très sympa !

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