Ama de Julien Laoche

   Je fais des listes de livres que j’aimerai lire et donc, éventuellement, recevoir en cadeau. Et parfois, certain(e)s osent et m’offrent un ouvrage qui ne figure sur aucune liste. A titre personnel, j’aime beaucoup l’idée qu’une personne me dise « J’ai pensé à toi en lisant cette quatrième de couverture donc je te l’ai pris. » Ça veut dire que j’ai pu échanger sur mes lectures avec ces personnes et qu’elles se sont dit qu’elles pouvaient s’affranchir du carcan limitatif de ma liste d’envies littéraires car je suis plutôt ouverte à la découverte. Là je dois avouer que nous avons un combo de choc : c’est un ouvrage de science-fiction – ce n’est pas vraiment le style que je le lis le plus – auto-édité par un jeune auteur dont j’ignorais l’existence jusqu’à ce qu’on me mette son livre entre les mains. La quatrième de couverture m’a intrigué et m’a semblé être dans un thème susceptible de me plaire. J’ai décidé d’aborder cette lecture sans aucun a priori, me laissant porter par l’histoire et voir ce que cela allait donner. Franchement ? C’est plutôt une agréable surprise.

Luijen Coelho est professeur de langues anciennes à l’université quand il se fait débaucher par un programme spécial de l’armée pour aider à la compréhension… D’une alien qui a atterri sur la planète.

    Bon. Par où commencer.

   Commençons par l’histoire. L’idée n’est pas neuve certes, des aliens qui débarquent, c’est un sujet relativement courant et récurrent du registre de la science-fiction. Pour autant, chaque scenarii peut être unique puisque par définition, chacun a sa vision de cette « arrivée« . Qu’elle soit pacifique ou belliqueuse, menés par des êtres intelligents ou limités, il y a l’embarras du choix. Aussi, Julien Laoche se saisit fort bien d’une idée éculée et choisi de proposer sa propre vision des choses. Et son travail est plutôt méticuleux par certains aspects. Ainsi, il décrit des technologies, une être vivante avec ses particularités physiques mais il axe surtout son récit sur la communication entre cet alien et le personnage principal à travers lequel il conte son récit.

    Lujien est un personnage franchement attachant. L’auteur en fait un homme ouvert, patient, intelligent, persévérant, autant de qualités utiles pour mener à bien la mission qui lui a été confiée. Ama, l’alien donc, est le principal personnage décrit dans tout le récit. Ayant pas mal d’imagination, j’avoue que ça ne m’a pas manqué que les autres personnages soient peu décrits. L’auteur est beaucoup dans l’action ou alors dans les pensées des personnages, beaucoup moins dans la description et la passivité, ce qui peut expliquer cette forme d’écriture plutôt dynamique.

    Julien Laoche laisse libre cours à son imagination quant aux technologies utilisées, usant de ces dernières pour véhiculer en arrière-plan des idées axées sur la préservation de l’environnement. Car ce récit de science-fiction est aussi un véritable moyen pour l’auteur de mettre en avant ses idées « écologistes ». Sujet ô combien sensible et d’actualité, j’ai trouvé qu’il visait juste. Et son propos, quoique présent, aurait pu être davantage étayé par certains biais en accentuant quelques passages. Mais on comprend bien l’idée qu’il veut faire passer… Au-delà de cette thématique, l’auteur utilise la rencontre entre autochtones et alien pour évoquer la différence, l’acceptation, le respect, autant de valeurs fortes mises en avant tout au long de l’histoire.

    Le véritable point fort de ce récit, c’est la fin. Très honnêtement, je ne l’ai pas vu venir. Et si vous me suivez un peu, vous savez que chez moi, la fin d’un texte c’est essentiel. Une fin peut gâcher ou au contraire embellir un récit. Ici, clairement, elle est géniale. Parfaitement amenée, j’ai été tout simplement bluffée très clairement. Et une fin comme ça, bah moi, ça me fait jubiler mon petit cœur de lectrice !

    Après, le fond, qui reste quand même essentiel dans un roman, j’accorde ici une certaine place à la forme notamment parce que c’est de l’auto-édition. Le découpage du récit en chapitres très courts, permet de garder un bon rythme de lecture ; mais pousser parfois à l’excès, cela a tendance à hacher la lecture ce qui affecte quelque peu le plaisir. Il y a quelques loupés de mise en page (là, je pinaille soyons honnêtes !) et deux loupés dans les concordances de temps qui m’ont fait un peu grincer des dents. Très franchement, si on peut dire que c’est dommage, ça n’est pas rédhibitoire. J’ignore combien l’auteur a pu avoir de bêta-lecteur.rice mais je pense que c’est important de bien faire relire pour essayer d’avoir une forme aussi belle que possible, car cela a aussi son importance. D’autant que la couverture sobre, la quatrième de couverture bien travaillée, le papier relativement épais, en font un livre de qualité. Je n’en dirai pas plus car je suis emplie d’indulgence face à ce livre. D’abord parce que je sais que c’est un énorme travail pour un auteur d’écrire un livre, d’accepter de le voir lire, critiquer, ensuite de trouver les fonds pour se faire auto-éditer, bref, c’est un vrai parcours. Julien Laoche peut être fier de l’avoir accompli car son histoire en vaut la peine.

   Je lui souhaite un belle continuation et ne manquerai pas de faire découvrir ce roman à d’autres amateurs de SF de ma connaissance.

Bonne lecture !

Maêlle

Lecture partagée dans le cadre du Défi lecture 2019 – catégorie 27 – Un livre auto-édité: Ama de Julien Laoche

 

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